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Le cauchemar

Serge Truffaut   23 juin 2007  États-Unis
Les états-majors des candidats à la présidence américaine, tant démocrates que républicains, sont en proie à un cauchemar depuis quatre jours. Le sujet de ce rêve vicié est un homme de 64 ans immensément riche. Il s'appelle Michael Bloomberg, du nom de l'agence d'informations financières qu'il a fondée à la fin des années 80. Quoi d'autre? Il est également maire, par ailleurs très apprécié, de New York.

Toujours est-il qu'il vient de quitter le Parti républicain, qu'il avait rejoint pour succéder sans trop d'encombres à son prédécesseur à New York, Rudolph Giuliani. Auparavant, il avait été membre du Parti démocrate pendant des années. Autrement dit, il a une connaissance fine des rouages fondamentaux des deux formations.

Signe d'une ambition qu'il peine à cacher, au cours de la conférence de presse convoquée pour annoncer son divorce avec les républicains, il s'est permis de critiquer la Maison-Blanche sur deux dossiers, notamment en matière de politiques environnementales, thème sur lequel tous les prétendants entendent capitaliser. De quelle ambition s'agit-il? La présidence des États-Unis.

Il a beau tergiverser, tous les indices portant sa trace depuis quelques semaines laissent croire qu'il va se lancer dans la course en tant qu'indépendant. Selon une analyse du New York Times, il se préparerait à la lutte présidentielle depuis deux ans. Certains de ses proches ont même confié qu'il avait méticuleusement étudié le parcours réalisé par Ross Perot lors de son combat contre Bush père et, ensuite, contre Clinton. Premier avantage noté: à la différence de Perot, Bloomberg n'affronterait pas un président sortant.

Deuxième avantage, et non des moindres: il dispose d'un énorme trésor de guerre. D'après certaines estimations, il pourrait fort bien dépenser deux milliards de dollars dans l'aventure sans que cela entame sérieusement son bas de laine. Sur ce front, il fait particulièrement peur à tous ses éventuels concurrents, et notamment à Hillary Clinton, car il n'a échappé à personne que les principaux donateurs new-yorkais de la sénatrice de l'État de New York sont des amis de Bloomberg qui avaient rempli ses coffres lors des dernières élections municipales.

Pour ce qui est de son profil politique, il est grosso modo le suivant: républicain en matière économique et très libéral sur les sujets de société. Ainsi, il est pour le libre choix en matière d'avortement, pour un contrôle serré des armes à feu et pour les droits des homosexuels. Il a même confié avoir fumé de la marijuana et avoir apprécié cela. Mais surtout, ses positions écologistes et les politiques qu'il a arrêtées dans son pré carré new-yorkais lui ont valu des éloges de la part d'Al Gore.

C'est dire combien la candidature éventuelle du maire inquiète particulièrement les démocrates. Jusqu'alors, ils faisaient le pari qu'après deux mandats républicains, les Américains éliraient le champion des démocrates. Si Bloomberg se lance, ces derniers seront abonnés aux cauchemars pendant des mois et des mois.
 
 
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  • Pierre-Paul Roy - Abonné
    23 juin 2007 05 h 59
    Aux USA, tout s'achète
    Oui, ce Bloomberg s'achètera la présidence. L'argent, c'est ce qui et train de détruire la démocratie aux États-Unis, comme ailleurs. Je vois la tempête à l'horizon.
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  • Gérard Lépine - Abonné
    23 juin 2007 10 h 26
    systèmes électoraux
    The Mathematics Journal, vers 1958, avait publié le résumé d'une thèse de doctorat qui prouvait qu'avec 22% des votants répartis dans les "bons" états, on pouvait élire un président, même si les 78% restants votaient pour un autre candidat. S'il y avait trois candidats crédibles, et avec l'abstention qui caractérise les USA de plus en plus, cela donne du grain à moudre aux adversaires du maire Bloomberg, car le pourcentage nécessaire devrait être encore moindre...
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  • Zach Gebello - Inscrit
    23 juin 2007 10 h 46
    Pauvre Harper!
    Un juif socialiste, milliardaire, issue de l'ancienne Pologne soviétique!

    J'arrive pas à croire qu'on aura possiblement droit au plaisir d'un tel spectacle!
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  • Serge Charbonneau - Abonné
    23 juin 2007 15 h 39
    Tout s'achète, depuis longtemps!
    "L'argent, c'est ce qui et train de détruire la démocratie aux États-Unis,"

    Comme le dit M. P.-P. Roy.

    Pour moi, c'est depuis un bon moment que la démocratie US est empreinte de cette déficience. L'argent, bien plus que le débat politique, gagne les élections, depuis belle lurette!

    Tout ce que l'on peut désormais espérer, c'est que le riche élu ait quelques bonnes convictions. Généralement, les convictions, de ces meneurs du monde, ne sont pas trop libérales. Heureusement, dans le cas de Blomberg, peut-être (je dis bien: peut-être) a-t-il quelques fermes convictions environnementales et quelques bonnes valeurs libérales.
    C'est toujours mieux que des valeurs créationnistes !
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  • Pierre-Yves Pau - Inscrit
    24 juin 2007 08 h 58
    Le coeur à gauche et le portefeuille à droite
    Ça ne pourrait pas faire de mal aux États, et par conséquent au Canada dont l'économie est fortement dépendante de celle des premiers. Puis, notre gogôche de sans desseins à nous pourrait peut-être en prendre de la graine.
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  •  
  • claude dumoulin - Inscrit
    25 juin 2007 20 h 54
    bloomberg
    Bloomberg ne réussira pas à percer sur la scène électorale fédérale U.S. le système est trop rigide.
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  • Patrick Ouellet - Inscrit
    3 juillet 2007 20 h 14
    Déjà vu!
    Dans le contexte états-unien, on peut croire que Bloomberg réussira au moins à brouiller les cartes.

    Déjà vu 1: Bush fils a gagné par une mince marge en 2000, alors que bien des sympatisants démocrates ont voté pour Ralph Nader. Les votes pour Nader auraient pu changer complètement la donne s'ils avaient été à Al Gore. Bloomberg pourrait jouer le même tour aux candidats en 2008.

    Déjà vu 2: Mario Dumont n'est ni pour ni contre la souveraineté du Québec. Il est autonomiste (pour ce que ça veut dire). Bloomberg pige ce qui lui plaît (ou ce qui plaît à l'électorat) à gauche et à droite.
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