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Trafic d'êtres humains - Washington met à l'index quatre alliés du Golfe

13 juin 2007  États-Unis
Washington — Les États-Unis ont placé hier quatre de leurs principaux alliés dans le Golfe — le Bahreïn, le Koweït, Oman et le Qatar — sur une liste noire de 16 pays où rien n'est fait, selon Washington, pour lutter contre le trafic d'êtres humains.

«Nous espérons que ce rapport encouragera les pays responsables du monde entier à s'unir pour dire d'une seule voix que la liberté et la sécurité sont des exigences non négociables de la dignité humaine», a déclaré la secrétaire d'État, Condoleezza Rice, en présentant ce rapport. «Personne n'est digne d'être un maître, personne ne mérite d'être un esclave», a ajouté la chef de la diplomatie américaine, soulignant que les efforts pour lutter contre le trafic de personnes représentait un élément central de la politique étrangère américaine.

Outre ces quatre pays, le département d'État en a ajouté trois à sa liste noire de 2007, dans son rapport annuel sur le trafic d'êtres humains: l'Algérie, la Guinée équatoriale et la Malaisie.

Ils rejoignent ainsi le Myanmar (ex-Birmanie), Cuba, l'Iran, la Corée du Nord, l'Arabie saoudite, le Soudan, la Syrie, l'Ouzbékistan et le Venezuela. Tous ces pays risquent des sanctions, sous forme notamment de suppression de l'aide américaine.

Trois pays ont été retirés de la liste noire de 2006: le Belize, le Laos et le Zimbabwe, selon ce rapport sur les ravages du trafic humain qui a été réalisé d'avril 2006 à mars 2007 dans 164 pays, conformément à une loi américaine de 2000.

Selon des études américaines, quelque 800 000 personnes par an sont victimes du trafic international de personnes, dont 80 % sont des femmes et 50 % des mineurs. La majorité des victimes du trafic international sont des femmes et des fillettes victimes d'exploitation sexuelle.

Cinq des six monarchies du Golfe se retrouvent ainsi sur cette liste noire pour leurs pratiques de servitude et d'exploitation sexuelle, précise le document de 236 pages.

La région du Golfe présente un problème endémique de mauvais traitement des travailleurs étrangers, a souligné le conseiller de Mme Rice sur le trafic d'êtres humains, Mark Lagon, dénonçant les «méthodes de recrutement des travailleuses étrangères crédules, à qui on propose des emplois de secrétaire ou d'employée de maison et qui se retrouvent esclaves sexuelles ou domestiques en état de servitude».

«Les pouvoirs accordés à ceux qui parrainent des travailleurs étrangers devraient être limités et équilibrés par le droit des travailleurs à recevoir une aide juridique», a ajouté M. Lagon. «Les gouvernements devraient protéger plus activement les travailleurs.»

Le rapport fait également figurer 32 pays sur une liste de pays sous surveillance, menacés de figurer sur la prochaine liste noire s'ils ne prennent pas des mesures pour lutter contre le trafic de personnes.






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