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Affaire Valerie Plame - Lewis Libby est condamné à 30 mois de prison

N/A ZZZN/A   6 juin 2007  États-Unis
Lewis Libby passant devant les journalistes à sa sortie du palais de justice, à Washington, hier.
Photo : Agence Reuters
Lewis Libby passant devant les journalistes à sa sortie du palais de justice, à Washington, hier.
Washington — Lewis Libby, ancien directeur de cabinet du vice-président américain Dick Cheney, a été condamné hier à 30 mois de prison pour parjure, faux témoignage et entrave à la justice dans le cadre de l'affaire Valerie Plame, dont le statut d'agente de la CIA avait été illégalement divulgué à la presse.

Valerie Plame est l'épouse de l'ancien ambassadeur Joseph Wilson, qui avait contesté les arguments avancés par le président George Bush pour justifier le recours à la force en Irak.

Le juge Reggie Walton a assorti la peine de Libby d'une amende de 250 000 $US et d'une période probatoire de deux ans. Il a été laissé en liberté en attendant un pourvoi en appel.

L'accusation avait requis 30 à 37 mois de prison, une fourchette correspondant aux directives fédérales pour ce type de délit. «Quelle que soit la sanction que vous choisirez de prononcer, elle devra affirmer clairement que c'est la vérité qui compte, pas le statut d'une personne dans la vie», avait expliqué le procureur Patrick Fitzgerald.

L'avocat de la défense, Ted Wells, avait réclamé un simple sursis, invoquant sur un ton dramatique, des dizaines de lettres de soutien à l'appui, «les services exceptionnels» rendus par M. Libby à la nation et «l'humiliation publique» que son procès hypermédiatisé aux États-Unis lui a déjà fait subir.

«J'ai l'espoir que le tribunal et le jury tiendront compte de ma vie tout entière», avait déclaré le prévenu avant le verdict. Ses états de services irréprochables accroissent la gravité de son crime, a toutefois estimé le juge.

«Il est important que l'on attende et que l'on demande beaucoup de ceux qui prennent de telles responsabilités. M. Libby n'a pas répondu à cette exigence. Quelle qu'en soit la raison, il a dévié de son cap», a-t-il commenté.

Selon Dana Perino, porte-parole de la Maison-Blanche qui accompagne le président à Rostock, en Allemagne, pour le sommet du G8, Bush s'est dit désolé du verdict, en particulier pour l'épouse et les enfants de Libby, mais il n'a pas l'intention d'intervenir.

«Conformément à ce que nous avons dit par le passé, le président n'est jamais intervenu jusqu'ici dans une affaire criminelle et s'y refusera à nouveau maintenant», a-t-elle ajouté.

Valerie Plame, qui a assuré que sa carrière avait été brisée, n'a pas réagi à l'annonce du verdict.

Personne n'a été inculpé pour la divulgation de son statut d'agente secrète. Comme plusieurs autres membres du gouvernement Bush, Libby a évoqué ce statut avec des journalistes avant la fuite. Selon Joseph Wilson, cette fuite a été orchestrée en représailles à ses révélations sur les motifs de l'entrée en guerre.

L'affaire remonte à juillet 2003, quand un diplomate, Joseph Wilson, a accusé le gouvernement Bush d'avoir menti en affirmant que Saddam Hussein avait tenté d'acheter de l'uranium au Niger, l'un des principaux arguments avancés pour justifier l'invasion en mars 2003. La presse avait alors révélé que l'épouse de M. Wilson, Valerie Plame, était un agent de la CIA, et le procureur Fitzgerald a été chargé de débusquer l'auteur de la fuite.

Son enquête a montré que l'identité de Mme Plame avait circulé quasi librement entre des responsables de la Maison-Blanche et des journalistes avant de devenir publique, mais personne ne sera poursuivi pour la fuite. Seul M. Libby l'était pour avoir fourni aux enquêteurs un récit inexact de ses conversations avec trois journalistes.

Au cours de l'enquête, M. Libby avait expliqué sous serment avoir été surpris d'apprendre l'identité de Valerie Plame le 10 juillet 2003, alors que selon l'accusation il en avait discuté avec au moins neuf personnes tout au long du mois précédent.

Pendant le procès, la plupart de ces personnes, journalistes, membres du renseignement, responsables de l'administration Bush, ont témoigné, révélant à l'occasion les liens étroits entre la presse et la Maison-Blanche et les efforts quasi obsessifs de l'administration pour discréditer toute critique de la guerre en Irak.

Le vice-président Dick Cheney a déclaré hier que la condamnation de son ancien chef de cabinet était une tragédie.

«Scooter est aussi un ami, et sur un plan personnel [mon épouse] Lynne et moi-même sommes profondément attristés par cette tragédie», a-t-il déclaré.

«La défense a fait savoir qu'elle prévoyait de faire appel de la condamnation dans cette affaire. En tant qu'amis, nous espérons que notre système [judiciaire] parviendra à un résultat final en conformité avec ce que nous savons de cet homme de bien», a ajouté le vice-président.






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