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Le passager tuberculeux présente ses excuses

2 juin 2007  États-Unis
Denver — L'avocat américain atteint d'une souche ultrarésistante de la turberculose, placé en quarantaine à Denver pour y recevoir un traitement, a présenté hier ses excuses aux passagers des divers avions qu'il a empruntés entre l'Europe et les États-Unis. Selon lui, personne ne lui avait dit qu'il était contagieux ou présentait un danger quelconque.

«Je ne m'attends pas à ce que les gens puissent me pardonner. J'espère juste qu'ils comprendront que je n'ai — c'est la vérité — jamais voulu leur faire le moindre tort», a-t-il expliqué dans un entretien à la chaîne américaine ABC, de sa chambre d'hôpital. L'avocat âgé de 31 ans, Andrew Speaker, avait le visage recouvert d'un masque. C'est la première fois depuis plus de 40 ans que le gouvernement américain émet un arrêté de quarantaine. Le dernier remonte à 1963 et il concernait un malade de la variole.

Originaire d'Atlanta, Speaker s'était rendu à l'hôpital dans cette ville par ses propres moyens. Il a depuis été transféré à Denver.

Cet homme s'est rendu en France le 12 mai à bord du vol Atlanta-Paris et a ensuite gagné la République tchèque pour sa lune de miel. Et il a quitté l'Europe à bord du vol Prague-Montréal. Il s'est ensuite rendu du Canada aux États-Unis par la route.

Andrew Speaker a expliqué qu'il se trouvait en Europe avec son épouse et leur fille de huit ans lorsqu'il a été averti par le Centre de contrôle des maladies (CDC) d'Atlanta qu'il était atteint d'une forme grave de la tuberculose. Le CDC, reconnaît-il, lui a conseillé de se faire soigner sur place et de ne plus prendre l'avion. Mais, affirme-t-il, personne ne lui a interdit de le faire.

«On lui a dit en termes sans équivoque de ne pas prendre un vol de retour», souligne le Dr Martin Cetron, du département migrations et quarantaine du CDC. Mais, dit-il, «il n'y avait pas de dispositions légales pour empêcher son voyage, et aucune loi n'a été enfreinte».

Andrew Speaker a expliqué qu'il craignait de mourir en Europe et tenait à se faire soigner aux États-Unis. Il a donc pris, malgré tout, un avion à destination de Montréal. Il s'est rendu par la route à Champlain (État de New York), à la frontière entre le Canada et les États-Unis.

L'état de santé du patient était dûment signalé et l'inspecteur du poste-frontière aurait dû immédiatement le retenir, mettre un masque protecteur et avertir les autorités sanitaires, explique-t-on de source proche du dossier. L'inspecteur — qui a été muté depuis — l'a cependant laissé entrer en territoire américain, arguant du fait que Speaker paraissait en bonne santé.

«Tuberculose ultrarésistante» signifie qu'il n'y a «pratiquement aucune possibilité de traiter les patients avec les antituberculeux actuels», selon l'Organisation mondiale de la santé, ce qui ne veut pas dire transmissibilité accrue.

Andrew Speaker était suivi pour tuberculose depuis janvier dernier. La maladie avait été diagnostiquée par hasard, alors que Speaker passait une radiographie pour une côte cassée.






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