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Le président fait fi du Protocole de Kyoto - Bush dévoile son propre plan de lutte contre les GES

N/A ZZZN/A   1 juin 2007  États-Unis
Washington — George W. Bush a dévoilé hier sa propre stratégie à long terme de lutte contre le réchauffement climatique avec notamment la définition d'un objectif mondial d'émissions de gaz à effet de serre.

Dans un effort flagrant pour paraître à la tête des efforts contre les changements climatiques et pour parer les critiques de toute part contre sa politique, M. Bush a indiqué qu'il soumettrait cette «nouvelle initiative» la semaine prochaine lors du sommet des pays industrialisés en Allemagne.

La chancelière Angela Merkel a fait du réchauffement climatique un des dossiers primordiaux du sommet.

Toutefois, dans un discours à Washington, M. Bush n'a montré aucune disposition à souscrire à des obligations de réduction des émissions. Or il s'agit là d'un contentieux diplomatique de taille entre Américains et Européens. Un des responsables de l'administration pour l'environnement, Jim Connaughton, a préféré évoquer «l'aspiration» à une réduction des émissions.

La chancelière allemande Angela Merkel, dont le pays accueillera le prochain sommet du G8 du 6 au 8 juin, s'est bornée à remarquer que le discours de Bush prouvait l'importance de la question des changements climatiques.

Le secrétaire exécutif de la Convention-cadre de l'ONU sur le changement climatique, Yvo de Boer, a jugé que ce discours marquait un changement dans la politique des États-Unis, ainsi que le lui ont confié des responsables de la Maison-Blanche. «Je pense que cela a une très grande valeur, à la condition que cela s'intègre dans le cadre de la convention [de l'ONU]», a-t-il dit.

Les États-Unis, principaux émetteurs de gaz à effet de serre au monde, ont refusé de ratifier le protocole de Kyoto. M. Bush s'oppose à des objectifs contraignants de réduction des émissions. Il invoque les intérêts de l'économie nationale. Il fait valoir que de telles contraintes n'ont pas de sens si l'Inde et la Chine, exemptées des dispositions de Kyoto, n'y sont pas soumises.

M. Bush a insisté hier sur la nécessité que ces deux pays, à la demande énergétique en croissance exponentielle, soient entièrement parties prenantes à l'initiative qu'il a proposée.

Selon la Maison-Blanche, le nouvel effort associerait les pays du G8, la Chine et l'Inde, l'Afrique du Sud, l'Australie, le Brésil, la Corée du Sud, le Mexique et la Russie.

La stratégie du président américain passe également par une suppression, dans un délai de six mois, des barrières douanières sur les technologies «vertes», favorables à l'environnement.

Durant les discussions préparatoires du sommet du G8, Washington a refusé toute définition d'objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, pourtant réclamée par les autres participants.

Les États-Unis souhaitent parvenir à un consensus mondial sur la question, mais pas avant fin 2008, a prévenu Dana Perino, porte-parole de la Maison-Blanche.

Mme Perino a ajouté que l'administration américaine était déterminée dans son rejet de l'approche européenne, consistant à lutter contre le réchauffement climatique par des limitations des émissions de dioxyde de carbone, sur le modèle de Kyoto.

«Nous ne sommes pas favorables à un commerce mondial du carbone», a-t-elle dit.

Du côté des experts et des ONG, le ton n'est pas enthousiaste. «La bonne nouvelle, c'est que, pour la première fois, l'administration Bush a manifesté un intérêt à participer à une discussion mondiale sur un deuxième engagement au-delà de 2012 [à expiration du protocole de Kyoto]», a réagi le professeur Rob Stavins, directeur du programme d'économie environnementale à Harvard.

«La mauvaise nouvelle, c'est que la Maison-Blanche rejette un processus international de limitations et de commerce. Il me semble que cela devrait au moins figurer sur la table des négociations», a-t-il ajouté.

Pour Charlie Kronick, expert des questions climatiques au sein de Greenpeace, la stratégie de George W. Bush n'a «absolument aucun sens»: «La seule manière d'avoir prise sur les émissions de dioxyde de carbone, c'est de les limiter et d'autoriser leur commerce au niveau mondial. Bush rejette cela, donc il y a des contradictions fondamentales dans ses déclarations.»

Kit Vaughan, conseiller climatique auprès de la WWF, a ajouté que «la rhétorique employée montre clairement qu'en se prononçant ainsi juste avant le sommet du G8, on tente vraiment de le saborder».






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