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Rice ouverte à des discussions avec l'Iran

Reuters   6 avril 2007  États-Unis
La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, est ouverte à des discussions directes avec l'Iran sur son implication en Irak en marge d'une prochaine conférence internationale prévue le mois prochain, a annoncé hier le département d'État.

«Nous n'exclurons aucun contact diplomatique particulier», a dit le porte-parole du département d'État. Sean McCormack a précisé qu'un contact avait déjà eu lieu entre délégations américaine et iranienne lors de la conférence de Bagdad, le mois dernier, qui réunissait notamment des ambassadeurs. La prochaine conférence, dont la date n'a pas été arrêtée, devrait se tenir au niveau des ministres des Affaires étrangères.

«Il y a eu [des contacts] au niveau des émissaires [...], la même chose prévaudrait pour la secrétaire d'État», a-t-il dit.

Les États-Unis accusent l'Iran de déstabiliser l'Irak, ce que Téhéran dément avec force.

Pour sa part, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, a déclaré hier que les États-Unis n'ont pas l'intention actuellement de libérer les cinq Iraniens détenus en Irak.

«Nous ne sommes pas enclins, en ce moment, à les laisser partir», a dit M. Gates lors d'une conférence de presse.

Les cinq Iraniens avaient été arrêtés le 11 janvier par les forces américaines à Erbil (350 kilomètres au nord de Bagdad), dans le Kurdistan irakien.

Le secrétaire à la Défense a également affirmé que les États-Unis n'envisageaient pas d'accorder un accès consulaire aux détenus iraniens. «Je ne pense pas que l'accès consulaire soit envisagé. La question est de savoir s'il y a moyen d'accorder une autre forme d'accès», a-t-il dit.

Le chef d'état-major interarmées américain, le général Peter Pace, a quant à lui souligné que la Croix-Rouge avait accès aux cinq détenus iraniens.

L'administration américaine a pris soin d'écarter tout lien entre les 15 marins britanniques qui viennent d'être libérés par les Iraniens et les cinq Iraniens. «Il n'y a aucun lien. Ni nous, ni les Britanniques, ni qui que ce soit d'autre, à ma connaissance, n'a établi ce lien», avait assuré mercredi un porte-parole du département d'État, Tom Casey.

L'agence de presse officielle iranienne IRNA avait affirmé mercredi que l'Iran avait obtenu un accès consulaire. Un porte-parole militaire américain à Bagdad, le général William Caldwell, avait dit que cela était à l'étude.

Le gouvernement américain est resté très évasif depuis près de trois mois à propos de la situation de ces cinq Iraniens, présentés comme des diplomates par Téhéran et comme de simples citoyens par Washington.

Washington accuse Téhéran de fournir aux insurgés irakiens de nouveaux types d'explosifs capables de transpercer les blindages qui font des ravages dans les rangs américains.

Dans un entretien au New York Times publié hier, le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, a déclaré que si les cinq Iraniens n'étaient pas officiellement diplomates, ils agissaient néanmoins comme des intermédiaires entre l'Irak et l'Iran.

«Ce n'était pas une opération clandestine. Ils étaient connus de nous. Ils étaient surveillés par la sécurité régionale, ils agissaient avec l'approbation du gouvernement régional et cela était su par le gouvernement irakien. Nous étions en voie de formaliser le bureau de liaison en consulat. Ils auraient alors eu l'immunité diplomatique», a dit M. Zebari.

La violence se poursuit

Pour leur part, les forces irakiennes et de la coalition ont annoncé hier la mort de 17 soldats en Irak, dont quatre Britanniques tués dans l'attaque la plus grave depuis quatre mois contre le contingent du Royaume-Uni, au moment où Londres remet progressivement le contrôle du sud du pays aux autorités locales.

Au moins sept soldats irakiens ont été tués près de Mossul par des hommes armés qui ont pris la fuite dans cette région proche du Kurdistan irakien.

Les quatre soldats britanniques et leur interprète civil ont péri dans l'explosion d'un engin artisanal au passage de leur véhicule près de Bassora, dans le sud de l'Irak, a précisé un porte-parole de l'armée britannique, le lieutenant-colonel Kevin Stratford-Wright.

Il s'agit de la plus lourde perte des forces britanniques en une seule journée en Irak depuis novembre 2006. Quatre militaires avaient alors été tués et trois blessés dans l'explosion qui avait atteint leur bateau à Bassora. Ces décès portent à 140 le nombre de militaires britanniques tués en Irak depuis l'invasion de mars 2003.

Cette attaque mortelle vient endeuiller l'armée britannique le jour même où elle fêtait le retour de ses 15 marins capturés en Iran. Régissant au décès des soldats, le premier ministre britannique Tony Blair a parlé de la «grave et horrible réalité» irakienne.

«Il est beaucoup trop tôt pour dire que cet acte terroriste qui a tué nos soldats était soutenu par des éléments du régime iranien, alors je ne porte aucune accusation sur cet incident en particulier», a-t-il déclaré à Londres.

M. Blair avait affirmé en février que le nombre de troupes britanniques en Irak serait probablement réduit à 5000 d'ici la fin de l'année, contre 7200 soldats déployés actuellement dans le pays.

L'attaque survient aussi le jour où le premier ministre irakien Nouri al-Maliki et les autorités militaires britanniques ont annoncé le transfert aux Irakiens de la sécurité d'une quatrième des 18 provinces du pays, celle de Missane (au sud, à la frontière iranienne).

Pour sa part, l'armée américaine a annoncé la mort de six de ses soldats. Cinq ont péri mercredi dans l'explosion de deux engins artisanaux et par des tirs d'armes légères à Bagdad. Un sixième avait été tué la veille par des tirs dans l'est de la capitale.

Ces décès portent à 3261 le nombre de soldats et de membres du personnel assimilé américains tués depuis l'invasion de l'Irak, en mars 2003, selon un décompte basé sur des chiffres du Pentagone.

À Bagdad, la violence n'a pas connu de répit. Le directeur adjoint de Bagdad TV a été tué et 12 personnes ont été blessées dans un attentat suicide au camion piégé qui a pris pour cible le siège de cette télévision sunnite à Bagdad. Une personne a été tuée et deux ont été blessées dans l'explosion d'un engin artisanal à l'entrée de Sadr City, le grand quartier chiite de Bagdad.

Un policier a été tué et six civils ont été blessés dans les mêmes circonstances à al-Adel, un quartier sunnite à l'ouest de la capitale.
 
 
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