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Irak - Bush passe à l'attaque contre les démocrates

4 avril 2007  États-Unis
Washington — Le président George W. Bush a réclamé hier de ses adversaires démocrates qu'ils en finissent avec la politique politicienne sur l'Irak, dont les soldats risquent de «payer le prix» selon lui faute de financement de la guerre.

Les démocrates, désormais majoritaires au Congrès, «manquent à [leur] responsabilité. Et s'ils ne changent pas de comportement dans les semaines qui viennent, le prix de cet échec sera payé par nos militaires et ceux qu'ils aiment», a déclaré M. Bush, en conflit ouvert avec ses adversaires qui tentent de lui imposer un retrait d'Irak en 2008.

Les démocrates se sont servis du collectif budgétaire finançant la guerre en 2007 pour parvenir à leurs fins. Ils lui ont associé une date de fin de mission en 2008.

Lors d'une conférence de presse, M. Bush a répété vigoureusement son rejet de tout calendrier, a accusé les démocrates de retarder l'adoption du collectif de manière «irresponsable» et a dénoncé la «danse politique» en cours.

Dans une nouvelle illustration des tensions depuis le début de la cohabitation en janvier, il les a pressés de lui soumettre le plus vite possible leur projet pour qu'il y oppose son veto.

Aucun des deux camps ne semble vouloir bouger. M. Bush et les démocrates ont continué à se rejeter la faute des conséquences que devraient supporter les soldats si le statu quo se poursuivait.

L'armée va commencer à les ressentir sans financement d'ici à la mi-avril, mais les «problèmes deviendront encore plus aigus» d'ici à la mi-mai et la capacité de réaction militaire en sera affectée, a dit M. Bush.

Certaines forces risquent de voir prolonger leur déploiement en Irak et en Afghanistan «parce que d'autres unités ne seront pas prêtes à les remplacer», a-t-il prévenu. «Alors je dis: assez de politique. [Les parlementaires] doivent adopter un projet de loi à leur retour [de vacances d'avril]. S'ils veulent faire de la politique politicienne, très bien! Qu'ils continuent. J'opposerai mon veto [...] Et alors nous pourrons nous atteler à la tâche de financer les opérations militaires, sans restrictions et sans date de retrait», a-t-il déclaré.

«Si le président se sert de son veto, ce sera lui qui refusera les fonds aux soldats», a répliqué le sénateur démocrate John Kerry. «Le président Bush s'obstine à refuser de changer une politique désastreuse en Irak, ce Congrès n'a donc d'autre choix que de le forcer à changer de cap», a-t-il dit, refusant que les soldats américains paient pour l'incapacité des Irakiens à se réconcilier.

La sénatrice et candidate à la présidentielle Hillary Clinton a lancé hier une pétition pour pousser Bush à renoncer à user de son veto.

Les Américains sont favorables à un début de retrait. C'est le mandat qu'ils ont donné aux démocrates en les élisant majoritairement au Congrès en novembre. M. Bush a pourtant décidé d'envoyer environ 30 000 soldats supplémentaires.

Bush critique aussi Pelosi

Dans une autre manifestation des crispations, M. Bush a réprouvé la visite de la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, en Syrie, parlant d'une initiative «contre-productive» qui peut laisser croire au régime de Damas qu'il a retrouvé sa place au sein de la communauté internationale.

Mme Pelosi est arrivée hier à Damas à la tête d'une délégation de parlementaires américains de haut rang, dans le cadre d'une tournée au Proche-Orient. Elle devait être reçue aujourd'hui par le président syrien Bachar el-Assad. Mme Pelosi est le plus haut responsable américain à se rendre en Syrie depuis que les relations ont commencé à se détériorer entre les deux pays il y a quatre ans.

«L'envoi de délégations, ça ne marche pas. C'est tout simplement contre-productif», a déclaré M. Bush lors d'une conférence de presse dans la Roseraie de la Maison-Blanche. «Les occasions de photos ou de rencontres avec Assad conduisent le gouvernement Assad à croire qu'il fait partie intégrante de la communauté internationale.» Le président Bush a rappelé que la Syrie «contribuait à alimenter, ou au moins à ne pas faire cesser, les mouvements de combattants étrangers de Syrie vers l'Irak».

Mme Pelosi a rejeté les critiques de la Maison-Blanche, en assurant que sa visite et celle d'autres parlementaires américains en Syrie était une «excellente idée». Mme Pelosi voyage avec une délégation de parlementaires américains comprenant le premier musulman élu au Congrès, le représentant du Minnesota Keith Ellison.
 
 
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