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Washington étudie un projet de retrait d'Irak

Le Los Angeles Times affirme qu'un échec de la stratégie de George W. Bush est envisagé

13 mars 2007  États-Unis
Un soldat américain sur quatre déployé en Irak et en Afghanistan présente des troubles mentaux à son retour.
Photo : Agence Reuters
Un soldat américain sur quatre déployé en Irak et en Afghanistan présente des troubles mentaux à son retour.
Des experts du Pentagone ont commencé à travailler sur une stratégie de retrait graduel des troupes américaines d'Irak au cas où la politique de renforcement de la présence militaire échoue, rapportait hier le Los Angeles Times.

La Maison-Blanche a confirmé dans la journée que le Pentagone réfléchissait à l'éventualité d'un échec de cette stratégie. Annoncée mi-janvier par George W. Bush, elle prévoit notamment l'envoi de 21 500 soldats supplémentaires afin de mettre fin aux violences en Irak.

Le Los Angeles Times, citant des responsables militaires et des consultants du Pentagone ayant demandé l'anonymat, souligne que cette stratégie de retrait est basée en partie sur l'expérience américaine au Salvador dans les années 80.

Pendant la guerre civile au Salvador entre 1981 et 1992, les États-Unis ont déployé des militaires des forces spéciales pour aider l'armée salvadorienne à combattre les rebelles. Selon le journal, les historiens estiment que ces forces spéciales ont permis de professionnaliser progressivement l'armée salvadorienne et d'éviter une implication américaine à grande échelle.

Ce plan de retrait d'Irak, ajoute le Times, serait proche des recommandations du Groupe d'études sur l'Irak, ainsi que des commentaires du secrétaire à la Défense Robert Gates, le mois dernier, qui avait déclaré devant le Congrès envisager une solution de rechange si la stratégie actuelle échouait.

Cette préparation intervient dans un climat d'extrême tension au sein du Pentagone, indique le journal. Certains soutiennent le nouveau commandant de la force multinationale en Irak, le général David Petraeus, en faveur d'un renfort des troupes, tandis que d'autres sont proches du général John Abizaid, ancien chef du commandement militaire au Proche-Orient qui souhaitait donner la responsabilité de la sécurité aux Irakiens.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Gordon Johndroe, depuis le Guatemala a déclaré que «cette histoire semble se concentrer sur une seule étude, un seul domaine que les gens examinent». Mais il s'est employé à prévenir les conclusions hâtives qui seraient tirées de ces réflexions, alors que la Maison-Blanche est sous la pression du Congrès pour engager un désengagement.

«Nous nous concentrons sur le plan actuel, qui vient de commencer. Il faudra plusieurs mois avant que nous puissions évaluer les résultats», a-t-il dit.

Des séquelles

D'autre part, une étude rendue publique hier indique qu'un soldat américain sur quatre déployé en Irak et en Afghanistan et pris en charge par le système de soins gouvernemental américain à son retour présente des troubles mentaux.

Si l'on inclut les troubles psychologiques entraînant par exemple des violences domestiques, la part des anciens combattants souffrant de troubles mentaux s'élève à 31 %.

Cette étude, publiée dans Archives of Internal Medicine, une publication du Journal of the American Medical Association, établit que plus de la moitié (56 %) des soldats ainsi diagnostiqués présentent plus d'une maladie mentale.

Les maladies psychiatriques parmi les soldats récemment rentrés aux États-Unis ou parmi les membres de la Garde nationale sont plus nombreuses que lors d'une étude publiée l'an dernier et menée sur des militaires en exercice, a indiqué Karen Seal, du Centre médical des anciens combattants de San Francisco, principal auteur de la recherche.

Seulement 12 % d'entre eux avaient alors été diagnostiqués avec une maladie psychiatrique ou un trouble psycho-social.
 
 
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