La Maison-Blanche nie toujours - De grands médias américains parlent de guerre civile en Irak
Photo : Agence Reuters
Une mère irakienne et son fils sont passés près d’une voiture qui a explosée hier à Bagdad.
Faisant fi des objections de la Maison-Blanche, le New York Times et d'autres grands médias américains ont décidé de qualifier de «guerre civile» la situation en Irak, signe du consensus croissant au sein des élites américaines sur la nature des actes de violence dans ce pays.
La télévision NBC News a annoncé lundi sa décision de qualifier le conflit en Irak de guerre civile, ce qui a incité d'autres médias influents, dont le Los Angeles Times, à préciser qu'ils faisaient d'ores et déjà de même.
«Il est difficile de maintenir que cette guerre ne correspond pas à la définition que l'on donne généralement d'une guerre civile», argue le rédacteur en chef du New York Times, Bill Keller, dans un communiqué.
Le gouvernement Bush refuse de présenter la situation en Irak comme une guerre civile, position intenable, selon certains commentateurs, pour qui la Maison-Blanche craint sans doute la réaction que ce glissement sémantique engendrerait au sein de l'opinion publique. Selon des analystes, l'opinion n'accepterait pas que l'idée que les militaires américains arbitrent en Irak un conflit entre factions rivales.
Entrant dans le débat, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a estimé que l'Irak était «presque» dans une situation de guerre civile et a préconisé l'organisation d'une conférence internationale de paix réunissant toutes les factions.
«Je pense que ce serait utile d'avoir une conférence qui réunisse tout le monde», mais «je ne crois pas, étant donné l'amertume et le niveau de violence, qu'ils [les Irakiens] puissent le faire tout seuls», a-t-il dit.
Pour sa part, le vice-président irakien, Tarek al-Hachémi, a averti hier à Amman que «les turbulences et l'insécurité en Irak pourraient aboutir à une guerre civile, ce qui pourrait avoir des répercussions sur ses voisins».
Prié de dire quelle était la différence entre un bain de sang quotidien et une situation de guerre civile, George W. Bush a répondu que les actes de violence en Irak s'inscrivaient depuis neuf mois dans une phase d'attaques imputées à al-Qaïda pour alimenter les divisions entre chiites et sunnites.
Quant au conseiller de la Maison-Blanche en matière de sécurité nationale, Stephen Hadley, il a souligné que les Irakiens «ne présentent pas cela comme une guerre civile», parce que l'armée et la police ne sont pas divisées entre factions opposées et que le gouvernement mixte est toujours en place.
Les actes de violence interconfessionnelle en Irak se sont fortement aggravés cette année. Jeudi dernier, une série d'attentats suicides perpétrés à Sadr City, la grande banlieue déshéritée chiite de Bagdad, ont fait plus de 200 morts et entraîné des représailles contre des quartiers sunnites.
Selon l'armée américaine, au moins 7000 combattants d'al-Qaïda ont été tués ou capturés en Irak au cours des deux dernières années. Cette annonce survient alors que, selon un rapport confidentiel publié par le quotidien américain Washington Post, les forces américaines ne pourront vaincre l'insurrection dirigée par al-Qaïda dans la province d'al-Anbar, à moins de déployer de 15 000 à 20 000 militaires supplémentaires et de débloquer des milliards de dollars supplémentaires d'aide.
La télévision NBC News a annoncé lundi sa décision de qualifier le conflit en Irak de guerre civile, ce qui a incité d'autres médias influents, dont le Los Angeles Times, à préciser qu'ils faisaient d'ores et déjà de même.
«Il est difficile de maintenir que cette guerre ne correspond pas à la définition que l'on donne généralement d'une guerre civile», argue le rédacteur en chef du New York Times, Bill Keller, dans un communiqué.
Le gouvernement Bush refuse de présenter la situation en Irak comme une guerre civile, position intenable, selon certains commentateurs, pour qui la Maison-Blanche craint sans doute la réaction que ce glissement sémantique engendrerait au sein de l'opinion publique. Selon des analystes, l'opinion n'accepterait pas que l'idée que les militaires américains arbitrent en Irak un conflit entre factions rivales.
Entrant dans le débat, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a estimé que l'Irak était «presque» dans une situation de guerre civile et a préconisé l'organisation d'une conférence internationale de paix réunissant toutes les factions.
«Je pense que ce serait utile d'avoir une conférence qui réunisse tout le monde», mais «je ne crois pas, étant donné l'amertume et le niveau de violence, qu'ils [les Irakiens] puissent le faire tout seuls», a-t-il dit.
Pour sa part, le vice-président irakien, Tarek al-Hachémi, a averti hier à Amman que «les turbulences et l'insécurité en Irak pourraient aboutir à une guerre civile, ce qui pourrait avoir des répercussions sur ses voisins».
Prié de dire quelle était la différence entre un bain de sang quotidien et une situation de guerre civile, George W. Bush a répondu que les actes de violence en Irak s'inscrivaient depuis neuf mois dans une phase d'attaques imputées à al-Qaïda pour alimenter les divisions entre chiites et sunnites.
Quant au conseiller de la Maison-Blanche en matière de sécurité nationale, Stephen Hadley, il a souligné que les Irakiens «ne présentent pas cela comme une guerre civile», parce que l'armée et la police ne sont pas divisées entre factions opposées et que le gouvernement mixte est toujours en place.
Les actes de violence interconfessionnelle en Irak se sont fortement aggravés cette année. Jeudi dernier, une série d'attentats suicides perpétrés à Sadr City, la grande banlieue déshéritée chiite de Bagdad, ont fait plus de 200 morts et entraîné des représailles contre des quartiers sunnites.
Selon l'armée américaine, au moins 7000 combattants d'al-Qaïda ont été tués ou capturés en Irak au cours des deux dernières années. Cette annonce survient alors que, selon un rapport confidentiel publié par le quotidien américain Washington Post, les forces américaines ne pourront vaincre l'insurrection dirigée par al-Qaïda dans la province d'al-Anbar, à moins de déployer de 15 000 à 20 000 militaires supplémentaires et de débloquer des milliards de dollars supplémentaires d'aide.
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