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Les fous d'Allah - Martyrs ou pécheurs ?

Guillaume Bourgault-Côté   9 septembre 2006  États-Unis
Photo : Agence Reuters
Quatre avions détournés, deux immenses tours réduites en poussière, le Pentagone touché à l'aile et près de 3000 morts immédiates: les attentats du 11 septembre 2001 ont littéralement éventré une Amérique, qui en reste ébranlée cinq ans plus tard. Au nom d'al-Qaïda, 19 kamikazes d'origine arabe ont conduit ces attaques. Des pirates de l'air que certains considèrent aujourd'hui comme de véritables martyrs d'Allah. Mais pour beaucoup d'autres musulmans, au contraire, ils demeureront à jamais les pires pécheurs de l'islam.

Des millions de personnes ont vu l'impact en direct. Un Boeing 767 qui déchire le ciel bleu de New York pour s'écraser dans les hauteurs de la tour sud du World Trade Center. La jumelle du nord brûle déjà depuis 17 minutes. Il est 9h3 en ce matin de septembre 2001 et la planète comprend instantanément que le monde vient de changer.

Moins d'une heure plus tard, un autre avion percute une aile du Pentagone, à Washington. Puis, à 10h40, un quatrième Boeing détourné s'écrase en Pennsylvanie. Les auteurs exécutants des quatre attentats sont arabes. Prêts à mourir après des mois d'entraînement pour cette mission inédite menée contre l'Occident — on l'a vu dans la vidéo diffusée cette semaine par al-Jazira. Prêts aussi à entraîner des milliers de personnes de toutes nationalités dans la mort.

Dans le discours des islamistes radicaux, ces kamikazes de sang-froid sont devenus des martyrs. Des héros. Ceux de New York, mais aussi de Londres, Madrid, Bagdad et bien d'autres endroits encore. L'attentat suicide est à la mode en cette époque de lutte diffuse contre le terrorisme, et leur nombre augmente sans cesse, constatait l'an dernier l'organisme Rand Corporation.

Pour leurs concepteurs, c'est l'assurance d'un maximum de destruction jumelé à un maximum de publicité. Un chercheur de l'Université de Chicago a calculé en 2005 que, de 1980 à 2001, chaque attaque suicide menée à travers le monde a fait en moyenne 13 morts. En comparaison, un attentat «régulier» coûte la vie à une personne.

Pour les radicaux qui mènent la djihad (guerre sainte), les 19 auteurs des attentats en sol américain jouissent aujourd'hui du plus grand respect qui soit. Selon leur interprétation, les shahids (martyrs) sont allés directement au paradis, sans connaître le purgatoire. Ils sont assis à côté du trône de Mahomet et pourront voir le visage d'Allah. Leur maison est la plus jolie de ce jardin d'Eden. Leurs péchés ont été lavés par leur dévouement à la cause. Une vie éternelle les attend, bercée de l'amour des 72 vierges aux yeux noirs que leur promet leur statut. On parle aussi de rivière de miel et de vin pour récompenser leur geste héroïque.

«Dans la perspective des kamikazes et de celle des gens qui partagent leur vision, ce sont effectivement des martyrs, dit Farhad Khosrokhavar, anthropologue et sociologue franco-iranien. Parce qu'on retrouve dans leur geste l'intention de sauver l'islam, de lutter contre un agresseur qui occupe cette terre sainte [les liens américains avec l'Arabie Saoudite ou Israël, par exemple]. La recherche du paradis les attire certes un peu, mais il y a surtout le besoin impérieux de lutter contre un Occident qu'ils considèrent pervers et ennemi de l'islam par ce qu'il permet: alcool, sexualité... Ils luttent ainsi contre les ennemis de l'islam dans le contexte d'une guerre sainte.»

En ce sens, on peut les considérer comme des martyrs, reconnaît Jean-René Milot, islamologue québécois toujours actif dans le milieu de l'enseignement universitaire à 69 ans. «Mais attention: si eux peuvent se dire martyrs, ça va à l'encontre des canons traditionnels. Pour la grande majorité des musulmans, ils sont au contraire doublement pécheurs. Quelqu'un qui se suicide et qui tue des innocents va en enfer.» La damnation au lieu des vierges du paradis.

«L'idée de kamikaze est contraire à ce que dit la théologie traditionnelle, à ce que les juristes musulmans avaient élaboré [comme définition] pour baliser l'idée d'une guerre sainte et d'un martyr. La donne n'est pas la même du tout», poursuit M. Milot.

Au final, la question de savoir si ces auteurs d'attentats suicides sont des martyrs ou non relève «vraiment de l'interprétation que chacun fait du Coran et de la djihad», indique Farhad Khosrokhavar, spécialiste réputé de l'islam, directeur de l'École des hautes études en sciences sociales de Paris et auteur de Nouveaux Martyrs d'Allah (Flammarion).

Très présente dans la chrétienté, la notion de martyr, fait remarquer M. Khosrokhavar, accompagne aussi l'islam depuis ses débuts — avec la mort violente du fils d'Ali et Fatima, l'imam Hussein, en 680, un événement commémoré depuis par les chiites. Sa définition traditionnelle vaut pour celui «qui va donner sa vie sur le chemin d'Allah, pour sa cause».

D'origine grecque, le mot «martyr» renvoie fondamentalement à quelqu'un qui «témoigne jusqu'à la mort de la justesse de sa cause — religieuse — en lui opposant une attitude de défi non violent. Mais il n'y a pas chez les chrétiens cette notion du "je meurs et je tue", mentionne l'auteur. Le témoignage de la mort ne vaut que pour le martyr. C'est très différent de ce qu'on observe maintenant.» Une lutte active, violente s'il le faut, contre ceux qui sont considérés comme des oppresseurs et des hérétiques. «Il y a eu un déplacement de sens subtil, entre la mort possible mais non souhaitée au service d'un idéal religieux et la mort désirée en vue d'atteindre un séjour glorieux au paradis.»

Aux yeux des experts, c'est la révolution iranienne de 1979 qui a fait naître véritablement ce concept de nouveaux martyrs-kamikazes qui se tuent pour tuer. Au Sri Lanka, les Tigres tamouls ont marqué l'imaginaire dans les années 80 en utilisant à répétition cette forme d'attaque. Même schéma au Liban, dans le conflit israélo-palestinien, au Pakistan...

«Depuis, on a vu une transformation et une mutation profondes du rôle du martyr, dit Farhad Khosrokhavar. Avant la révolution iranienne, le martyr est un personnage exceptionnel. Très rare. Il y a vraiment un tournant en 1979, une forme de démocratisation du rôle du martyr. Des masses de gens y accèdent. Ça se répand dans le monde musulman. C'est comme si tout le monde peut prétendre à devenir martyr, à embrasser la mort sacrée.»

D'abord religieux, le phénomène touche maintenant davantage au politique. «Al-Qaïda a été très habile dans l'instrumentalisation du sentiment religieux au service d'une prise de position politique», note Jean-René Milot. Le martyr est au service d'Allah, mais aussi d'intérêts nationaux ou — c'est l'apport d'al-Qaïda — transnationaux.

Ainsi, observe Farhad Khosrokhavar, «il y a un monde de différence entre le Palestinien qui réclame une nation, le Tchétchène qui souhaite l'indépendance de son pays, le Bosniaque qui exigeait le retrait de l'armée serbe et le partisan d'al-Qaïda qui veut détruire l'impérialisme occidental. Ce n'est pas la même échelle.» Pour les fous d'Allah aussi, martyrs ou pécheurs de l'islam, le 11-Septembre a signifié le début d'un temps nouveau.






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  • Jesse Dooling
    Inscrit
    samedi 9 septembre 2006 15h01
    Oups! Il n'y a pas de 19 kamikazes arabes!!!
    « OOps! Guillaume répète des faussetés perpétuées par les gouvernement Américain.

    Il a été démontré clairement que les 19 terroristes arabes en avion est une fabulation quand il a été prouvé que quelque chose comme 15 d'eux ont été retrouvés encore en vie.

    Il a été démontré clairement qu'il y a eu complicité du gouvernement Américain à protéger Atta et un autre des supposés terroristes quand quelqu'un de très bien placé à exigé aux chefs d'embassades Américaines de les laisser entrer au pays malgré qu'ils étaient refusés pour cause d'être sur la liste de terroristes connus. "Ce sont nos agents" se font dire les chefs d'embassades.

    Il est clairement démontré que la source des attaques est des éléments criminels dans le gouvernement Américain et Israelien.

    L'information est documentée et ample.

    Avant de proclamer des arabes kamikazes comme étant les responsables, il faut examiner les faits documentés qui démontrent que les arabes ne sont pas les exécuteurs des attaques.

    Guillaume, SÉRIEUSE mise à jour à faire sur tes informations sur ce qui s'est vraiment passé.

    Rend service aux lecteurs SVP. »

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