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L'affaire Valerie Plame - La Maison-Blanche garde le silence

8 avril 2006  États-Unis
Washington — La Maison-Blanche, confrontée à des révélations embarrassantes pour le président, a refusé de dire hier si George W. Bush avait ou non autorisé un ancien haut responsable à divulguer à la presse des informations classifiées pour légitimer la guerre en Irak.

«Il y a une procédure juridique en cours et notre politique consiste à ne pas la commenter aussi longtemps qu'elle durera», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan. M. McClellan a cependant tracé les lignes de défense de l'administration face aux déclarations d'un ex-collaborateur du vice-président Dick Cheney suggérant que M. Bush pouvait avoir pris en 2003 une part active à des fuites arrangées pour justifier la guerre en Irak et discréditer ceux qui mettaient en doute son bien-fondé.

Le président a autorisé à l'époque la déclassification de documents secrets, en toute légalité car il a «l'autorité nécessaire» pour le faire, et il «n'autoriserait jamais la divulgation d'informations qui pourraient compromettre la sécurité nationale», a dit M. McClellan, appelant à distinguer entre fuite et déclassification.

Mais le porte-parole n'a pas répondu directement à la question suivante: M. Bush avait-il autorisé Lewis Libby, l'ancien chef de cabinet de son vice-président, à faire passer discrètement aux journalistes des informations contenues dans une analyse secrète de la CIA selon laquelle Saddam Hussein avait cherché à se procurer en Afrique du combustible pour des armes nucléaires?

C'est ce qu'a déclaré M. Libby au cours de l'enquête ouverte depuis 2003 sur les fuites d'informations stratégiques auxquelles a donné lieu la controverse sur la guerre en Irak. M. Libby a dit à un grand jury fédéral avoir appris en 2003 de la bouche du vice-président que M. Bush lui permettait de communiquer aux journalistes une partie du contenu du document de la CIA.

Il s'agissait alors de contrer le retentissant article publié le 6 juillet 2003 par Joseph Wilson. L'ancien ambassadeur avait été chargé par la CIA d'enquêter sur les velléités prétendues de Saddam Hussein de se procurer de l'uranium et avait conclu qu'on avait «tordu» les réalités pour exagérer la menace.

C'est aussi pour discréditer M. Wilson qu'aurait été dévoilée à la même époque l'identité de sa femme, Valerie Plame, une agente de la CIA. L'idée aurait consisté à faire passer le voyage de M. Wilson au Niger pour une complaisance.

Divulguer le nom d'un agent secret de la CIA constitue un crime fédéral. C'est sur ces faits que s'est d'abord concentrée l'enquête.

L'affaire Plame a considérablement ébranlé la confiance dans le bien-fondé de la guerre et dans l'administration. La révélation jeudi du témoignage de M. Libby risque de porter un coup supplémentaire au président, déjà au plus bas dans les sondages.
 
 
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