Rice avoue des erreurs sur la reconstruction en Irak
17 février 2006
États-Unis
Washington — La secrétaire d'État américaine a été contrainte hier de reconnaître des erreurs de l'administration américaine sur la reconstruction en Irak, au cours d'une audition difficile devant le Congrès.
Passée au gril par le sénateur démocrate du Nord-Dakota, Kent Conrad, sur les résultats obtenus par les programmes de reconstruction pour lesquels les États-Unis ont déjà dépensé plus de 20 milliards, Mme Rice a dû reconnaître deux erreurs de l'administration américaine, l'une sur la formation des forces irakiennes, l'autre sur la remise en état des infrastructures.
Les effectifs des services de sécurité irakiens s'élèvent maintenant à 227 000 hommes, a indiqué le chef de la diplomatie américaine, qui témoignait devant la commission du Budget du Sénat. «Pour être honnête, nous avons fait une erreur au début. Nous avons compté sur les chiffres et pas sur la qualité. Ceux-ci sont des hommes qualifiés», a-t-elle déclaré.
Les États-Unis considèrent la mise sur pied de services de sécurité irakiens efficaces comme une condition sine qua non à un retrait des quelque 150 000 soldats américains déployés en Irak.
Mme Rice a ensuite affirmé que les États-Unis avaient «pu moderniser en grande partie l'infrastructure irakienne», notamment dans les domaines de l'eau potable et de l'assainissement des eaux. Mais pressée de questions par le sénateur, elle a dû reconnaître que les Irakiens disposant d'eau potable et de tout-à-l'égout sont moins nombreux aujourd'hui qu'avant la guerre.
«Nous avons augmenté la capacité en eau potable pour sept millions d'Irakiens et quatre millions d'Irakiens ont de meilleurs égouts qu'auparavant», a-t-elle assuré.
Le sénateur Conrad a alors cité les chiffres officiels de l'administration selon lesquels, alors que 50 % des Irakiens disposaient d'eau potable avant la guerre, ils ne sont plus aujourd'hui que 32 %. Ceux disposant de tout-à-l'égout sont passés de 24 % avant la guerre à 20 % aujourd'hui.
«Qui devons-nous croire?», s'est-il exclamé.
«Le problème doit être que nous parlons de capacités et non de fourniture de services», a alors suggéré Mme Rice, visiblement mal à l'aise.
«Nous pouvons améliorer les capacités, c'est très bien, mais ce qui compte finalement pour les gens, c'est de recevoir ces services», s'est alors exclamé le sénateur. «Vous avez raison, nous nous sommes concentrés sur le renforcement des capacités à fournir ces services» et non sur les réseaux locaux d'adduction d'eau et d'assainissement, a finalement reconnu la secrétaire d'État.
L'administration américaine a modifié sa politique et concentre désormais ses efforts sur des projets à plus petite échelle «pour s'assurer que les Irakiens reçoivent de meilleurs services», a-t-elle ajouté.
Le sénateur Conrad est resté de marbre.
«Veuillez me considérer comme un sceptique, lui a-t-il répondu. Selon quasiment tous les chiffres, les choses vont dans la mauvaise direction [en Irak] et non dans la bonne direction.»
Passée au gril par le sénateur démocrate du Nord-Dakota, Kent Conrad, sur les résultats obtenus par les programmes de reconstruction pour lesquels les États-Unis ont déjà dépensé plus de 20 milliards, Mme Rice a dû reconnaître deux erreurs de l'administration américaine, l'une sur la formation des forces irakiennes, l'autre sur la remise en état des infrastructures.
Les effectifs des services de sécurité irakiens s'élèvent maintenant à 227 000 hommes, a indiqué le chef de la diplomatie américaine, qui témoignait devant la commission du Budget du Sénat. «Pour être honnête, nous avons fait une erreur au début. Nous avons compté sur les chiffres et pas sur la qualité. Ceux-ci sont des hommes qualifiés», a-t-elle déclaré.
Les États-Unis considèrent la mise sur pied de services de sécurité irakiens efficaces comme une condition sine qua non à un retrait des quelque 150 000 soldats américains déployés en Irak.
Mme Rice a ensuite affirmé que les États-Unis avaient «pu moderniser en grande partie l'infrastructure irakienne», notamment dans les domaines de l'eau potable et de l'assainissement des eaux. Mais pressée de questions par le sénateur, elle a dû reconnaître que les Irakiens disposant d'eau potable et de tout-à-l'égout sont moins nombreux aujourd'hui qu'avant la guerre.
«Nous avons augmenté la capacité en eau potable pour sept millions d'Irakiens et quatre millions d'Irakiens ont de meilleurs égouts qu'auparavant», a-t-elle assuré.
Le sénateur Conrad a alors cité les chiffres officiels de l'administration selon lesquels, alors que 50 % des Irakiens disposaient d'eau potable avant la guerre, ils ne sont plus aujourd'hui que 32 %. Ceux disposant de tout-à-l'égout sont passés de 24 % avant la guerre à 20 % aujourd'hui.
«Qui devons-nous croire?», s'est-il exclamé.
«Le problème doit être que nous parlons de capacités et non de fourniture de services», a alors suggéré Mme Rice, visiblement mal à l'aise.
«Nous pouvons améliorer les capacités, c'est très bien, mais ce qui compte finalement pour les gens, c'est de recevoir ces services», s'est alors exclamé le sénateur. «Vous avez raison, nous nous sommes concentrés sur le renforcement des capacités à fournir ces services» et non sur les réseaux locaux d'adduction d'eau et d'assainissement, a finalement reconnu la secrétaire d'État.
L'administration américaine a modifié sa politique et concentre désormais ses efforts sur des projets à plus petite échelle «pour s'assurer que les Irakiens reçoivent de meilleurs services», a-t-elle ajouté.
Le sénateur Conrad est resté de marbre.
«Veuillez me considérer comme un sceptique, lui a-t-il répondu. Selon quasiment tous les chiffres, les choses vont dans la mauvaise direction [en Irak] et non dans la bonne direction.»
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