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Afghanistan - Karzaï est élu président

Agence France-Presse   3 novembre 2009  Asie
Kaboul — Les autorités électorales afghanes ont déclaré hier le chef de l'État sortant, Hamid Karzaï, vainqueur de l'élection présidentielle, après le retrait dimanche, à quelques jours du second tour, de son rival Abdullah Abdullah qui invoquait des risques de fraude massive.

Cette annonce intervient plus de deux mois après le calamiteux premier tour du 20 août, entaché de violences des talibans, d'une faible participation (38,7 %) et de fraudes massives, en grande majorité au profit de M. Karzaï, au point qu'un quart des bulletins de vote au total — et un tiers de ceux du sortant — avait dû être annulé.

Nommé par M. Karzaï dont il est un ancien conseiller, Azizullah Ludin, le président de la Commission indépendante électorale (IEC), a indiqué que la décision avait été prise en accord avec la loi électorale et la constitution afghanes, «dans le plus haut intérêt du peuple afghan», et au vu des risques de fraude et de violences que présentait la tenue d'un second tour.

L'ancien ministre des Affaires étrangères, Abdullah Abdullah, avait annoncé dimanche qu'il ne participerait pas au second tour, initialement prévu samedi prochain, après le refus de M. Karzaï de prendre en compte ses demandes visant à limiter les fraudes. M. Abdullah demandait notamment le renvoi de M. Ludin et la fermeture des bureaux de vote fantôme.

Au premier tour, M. Karzaï avait rassemblé 49,67 % des voix, contre 30,59 % à M. Abdullah. Ce dernier aurait probablement été battu au second tour, estiment les observateurs.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, venu à Kaboul, a félicité le vainqueur, l'appelant à «rapidement former un gouvernement soutenu à la fois par le peuple afghan et la communauté internationale». «Le processus électoral a été difficile pour l'Afghanistan et des leçons doivent en être tirées», a-t-il ajouté.

Le Pakistan, voisin et frère ennemi de l'Afghanistan, a félicité «du fond du coeur» le président Karzaï, tout comme les États-Unis, qui ont salué une «élection historique» et également congratulé M. Abdullah.

Sa réélection risque de ne donner qu'une faible légitimité à M. Karzaï, installé aux commandes du pays fin 2001 par les puissances occidentales, lorsqu'une coalition internationale menée par les États-Unis avait chassé les talibans du pouvoir.

Pour renforcer son pouvoir affaibli, il pourrait tenter de former un gouvernement d'union nationale avec M. Abdullah, hypothèse évoquée régulièrement ces dernières semaines. Ce dernier a laissé la porte ouverte dimanche à cette option, même si sa propre participation à une administration Karzaï semble improbable maintenant qu'il s'est construit une stature de principal opposant, jugent les observateurs.






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