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«La culture d'impunité se poursuit»

Clairandrée Cauchy   24 octobre 2008  Asie
Sima Samar, ancienne ministre afghane et aujourd’hui présidente de la Commission afghane indépendante des droits de la personne.
Photo : Jacques Grenier
Sima Samar, ancienne ministre afghane et aujourd’hui présidente de la Commission afghane indépendante des droits de la personne.
Les progrès depuis la chute du régime taliban en Afghanistan au chapitre des droits humains et plus particulièrement en ce qui a trait à la condition féminine demeurent très timides, aux yeux de l'ancienne vice-première ministre et ministre de la Condition féminine de ce pays, Sima Samar, qui préside aujourd'hui la Commission afghane indépendante des droits de la personne.

Certes, des structures ont été mises en place, l'État de droit règne sur une bonne partie du territoire, mais «comparé aux attentes des citoyens afghans, sept ans après la chute du régime taliban, on aurait dû en avoir fait beaucoup plus», estime la médecin, qui a pratiqué son métier en exil au Pakistan pendant plus de dix ans, auprès des réfugiées afghanes.

Aujourd'hui à la tête de la Commission afghane des droits de la personne, qui veille non seulement à l'application des droits économiques et sociaux, mais aussi au bon fonctionnement des mécanismes de sécurité et des élections, Mme Samar considère que justice n'a pas encore été faite. «La culture d'impunité se poursuit. Ceux qui étaient au pouvoir dans le passé, qui ont commis des violations des droits humains, ont encore du pouvoir dans le pays, à différentes positions», fait valoir Mme Samar en entrevue au Devoir.

Cette ardente défenderesse des droits des femmes, qui a siégé au conseil des ministres du gouvernement intérimaire d'Hamid Karzaï à son retour d'exil en 2001, craint que les erreurs du passé ne se répètent. «Pendant l'occupation soviétique, la communauté internationale a choisi les groupes les plus fondamentalistes, les a soutenus financièrement pour combattre les Russes. Ce sont eux qui sont devenus les talibans et al-Qaeda. On doit en tirer des leçons et ne pas faire encore une fois confiance à ces gens», fait valoir l'ex-ministre, qui a démissionné après avoir été victime de menace à sa sécurité.

Pour Mme Samar, il aurait été plus stratégique de s'efforcer de répondre aux besoins de base de la population afghane, qui aspire tout simplement à une réduction de la pauvreté et au développement du pays. «Il y a eu beaucoup de promesses pour l'Afghanistan: la liberté, les droits humains, le développement, l'État de droit... Elles doivent être remplies! Dans n'importe quel État ou régime politique, un gouvernement qui n'est pas appuyé par le peuple ne peut durer. C'est vrai en Afghanistan comme au Canada», clame l'ancienne politicienne, qui se sent aujourd'hui plus à l'aise de s'exprimer en tant que responsable de la Commission des droits de la personne.

Elle rappelle que les soviétiques, en dépit d'une présence militaire de quelque 140 000 soldats, n'ont pas réussi à contrôler le pays dans les années 1980 faute d'appui populaire au gouvernement en place. «Avec 50 000 soldats actuellement, c'est très difficile, à moins d'avoir une coopération de la communauté. Si le gouvernement a la confiance du public, les éléments anti-gouvernementaux deviendront isolés et la population ne les laissera pas venir dans leur village, ne les aidera pas», poursuit Mme Samar.

Favorable à la présence militaire, elle refuse de la voir comme une force «d'occupation» parce qu'elle émane d'une résolution des Nations unies et répond à un besoin impérieux de protection. Cela dit, l'opération n'est, pour ainsi dire, pas un franc succès. «Il y a malheureusement des erreurs. Il n'y a pas assez de coordination entre la communauté internationale et le gouvernement afghan ou les forces de sécurité afghanes. Une meilleure coordination aurait contribué à réduire les erreurs et les pertes de vies civiles», estime Mme Samar.

La formation des forces de l'ordre afghanes par les acteurs de la communauté internationale est essentielle pour la suite des choses. «Ils doivent sentir que ce pays leur appartient, qu'ils doivent en assurer la sécurité».

Si elle prend fait et cause pour tous les droits de la personne, au sens figuré comme au sens propre, à travers la commission indépendante qu'elle dirige et qui emploie 600 personnes dans le pays, Mme Samar est bien consciente que le droit à la sécurité est fondamental dans ce pays meurtri par des décennies de guerre. «Les parents veulent être certains que si leurs enfants vont à l'école, ils ne seront pas kidnappés en chemin ou qu'une bombe n'explosera pas à l'école», illustre la femme, qui est néanmoins convaincue que la solution passe nécessairement par une lutte contre la pauvreté et par le développement économique et social.

L'État afghan et la communauté internationale devront aussi s'atteler à traduire en justice ceux qui ont violé les droits fondamentaux par le passé. «Je ne vois pas de paix sans justice», tranche la présidente de la Commission afghane indépendante des droits de la personne. Elle reconnaît toutefois que le système judiciaire afghan n'est pas outillé actuellement pour traiter de crimes de guerre.

Mme Samar prononçait mercredi une conférence à l'invitation de la Fondation 60 millions de filles, qui fait la promotion de l'éducation des filles et des femmes partout dans le monde.

Elle participait hier au conseil d'administration de Droits et Démocratie. L'organisme international, dont le siège social est basé à Montréal, soutient notamment le processus de réforme du code de la famille en Afghanistan. Droits et démocratie contribue également à des initiatives de promotion des droits des femmes et à la mise en place de cliniques juridiques pour favoriser le recours au contrat de mariage.






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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    vendredi 24 octobre 2008 07h13
    Plusieurs promesses
    « « Plusieurs promesses restent à remplir en Afghanistan ! »

    C'est le moins que l'on puisse dire.
    Vraiment le moins.

    L'Afghanistan est aussi "arriéré" qu'il y a sept ans.
    Sept longues années d'occupation sans taliban au pouvoir.
    Sept longues années de misère incessante pour ce peuple qui voudrait bien vivre en paix.

    Des milliers de morts pour en arriver là:

    " 20 ans de prison pour blasphème "
    http://www.rfi.fr/actufr/articles/106/article_73821.asp

    On peut dire que ça s'améliore parce qu'il y a quelques mois, dans ce pays démocratique et libéré, on pouvait lire:

    Afghanistan - Journaliste condamné à mort pour blasphème
    http://nawaaye-afghanistan.net/spip.php?article5477
    http://www.lesmotsontunsens.com/afghanistan-un-journaliste-comdamne-a-mort-pour-blaspheme

    Les femmes, mieux vaut ne pas en parler.
    D'ailleurs existent-elles en Afghanistan?
    S'il n'y avait pas d'enfants, on pourrait en douter. Après sept longues années sanglantes de démocratie libérée, tout ce que l'on voit en dehors de quelques ghettos protégés, ce ne sont que des fantômes se promenant de temps en temps sous une épaisse burqa.

    Oui, « Plusieurs promesses restent à remplir en Afghanistan ! »

    Combien de morts ?
    Combien de milliards pour la destruction ?

    Pourquoi ?
    Certainement pas pour la dignité humaine, ni pour les femmes.

    Mme Samar, qui sort de son ghetto doré, est bien utile pour aider les partisans de la tuerie. Elle peut justifier les budgets militaires qui servent à la corruption et à l'occupation stratégique du Proche-Orient.
    Combien y a-t-il de Mme Samar en Afghanistan... après sept ans de "démocratie" ???

    Une seule suffit pour la propagande.


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 24 octobre 2008 07h47
    Arrêtez le massacre inutile ! s.v.p. On n'a pas voté pour ça.
    « Avec ce genre de résultat là "plus de négatif que de positif", est-ce que ça valait la peine de tuer tant de civils en Afghanistan sans espoir de gagner cette guerre inutile contre les "méchants" Talibans, leurs pères, mères, femmes et leurs enfants ? »

  • andré michaud
    Inscrit
    vendredi 24 octobre 2008 08h31
    Espoirs et réalités
    « Je suis d'abord heureux de constater que la présence de la mission militaire et humanitaire de l'ONU est appréciée..nos militaires ne risquent pas leur vie et leur santé mentale pour rien.. Heureux aussi de me voir confirmé que certains progrès réels ont déjà été faits..

    Je souhaite aussi un progrès plus rapide des droits humains et de la modernité, cependant passer du moyen-âge à la modernité en PEU de temps est TRÈS UTOPIQUE. Ce pays vit profondément dans le passé et la religion intégriste et la corruption règne en roi, de plus l'esprit tribal prime encore sur un gouvernement unifiant le pays. Les occidentaux ne peuvent décider à la place des afghans et leur imposer un gouvernement résolument moderne; ça déclencherait une révolution...

    Il n'y pas de solution facile et magique en Afghanistan. L'occident doit continuer à aider à sécuriser le pays, et entrainer les soldats afghans pour pouvoir se retirer militairement par la suite et continuer de supporter leur chemin vers les droits individuels et la modernité...un long chemin au parcours difficile..mais il ne faut sutout pas ABANDONNER ces citoyens au main des talibans.. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 24 octobre 2008 11h59
    @ M. André Michaud, suppôt
    « M. André Michaud, suppôt de W. Bush, écrit : «Je suis d'abord heureux de constater que la présence de la mission militaire et humanitaire de l'ONU est appréciée..nos militaires ne risquent pas leur vie et leur santé mentale pour rien.»

    Ce sont les civils afghans qui ont risqué et risquent encore et perdent leurs vies "talibans ou pas", beaucoup plus que nos militaires bardés de protections.

    Bien content de vous savoir heureux parce que les Afghans, pas seulement les Talibans, considèrent, en très grande majorité, les troupes de l'OTAN incluant les nôtres, comme des envahisseurs et des occupants, pas des libérateurs. Les Afghans incluant les Talibans ont sorti les 140 000 soldats russes du pays, ce n'est pas nos 50 000 qui vont gagner. Ils ont déjà beaucoup détruit et tué et continuent de le faire mais le plus vite ils vont sortir de là, le mieux on va se porter financièrement et autrement. »

  • andré michaud
    Inscrit
    vendredi 24 octobre 2008 15h53
    @M.Bousquet
    « Je ne suis aucunement un suppôt de George Bush premièrement.Pure calomnie..coup bas facile...cliché éculé dirigé à quiconque n'est pas gogauche..ou pro taliban..de meilleurs arguments svp!

    La mission est appuyée par L'ONU et la communauté internationale, RIEN À VOIR AVEC L'INVASION DE L'IRAK!!!
    C'est un manque d'informations ou de la mauvaise foi de tout mêler..et de dire que c'est la guerre de Bush...un peu de sérieux!L'ONU n'est pas l'armée de Bush!!!

    Pour avoir rencontré de nos miltaires qui reviennent de ce pays,et parlé avec leur familles, c'est loin de la cinécure que vous prétendez..Cette misssion, comme celle au Rwanda sont TRÈS TRÈS difficiles et tous nos militaires nous reviennent ébranlés de cette mission difficile, quand ce n'est pas dans un cerceuil..un peu de respect SVP!

    Votre solution pour aider les afghans c'est de les abandoner aux mains des talibans, pas très humanitaire quand on sait qu'ils sont encore pire que les nazis...ils ont même coupé les bras d'enfants "impis" osant jouer au footbal, lapident les femmes..ect..ce ne sont pas de valeureux patriotes du tout, ils méprisent les droits de leurs concitoyens et snt mille fois pire que Bush..

    Ça ne semble pas du tout la solution proposée par cette afghane que de les abandonner dans les mains des talibans...dois-ce comprendre qu'elle devrait vous consulter pour connaitre son pays??? »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 24 octobre 2008 20h03
    @ M. André Michaud
    « Bien oui, l'ONU a autorisé cette guerre avec de fausses informations de W. Bush qui déclarait que c'était en Afghanistan que c'était tramé les attaques du World Trade Center. Rien de plus faux comme les armes de destruction massive de l'Irak qui n'existaient pas. L'ONU l'a cru comme beaucoup de crédules.

    M. Michaud, les attaques sur le sol américain ont été menées par des Saoudiens entraînés aux États-Unis à piloter des gros avions "Il y en avait pas de gros avions pour les entraîner en Afghanistan". Est-ce assez clair ?

    La vie en Irak est difficile pour nos soldats en Afghanistan mais avez-vous pensé que la vie est maintenant plus difficile qu'avant pour tous les Afghans et leurs familles en Afghanistan ?

    Ceux qui supportent les guerres perdues d'avance d'Afghanistan et d'Irak sont pour mois, des genres de Bush qui croient qu'on règle tout avec de bons fusils et qu'on ne négocie pas avec ceux qu'on aime pas...des suppôts, quoi ! Même choase pour ceux qui étaient en faveur de la guerre du Vietnam, perdue par les Américains mais gagnée au point e vue économique 5 ans plus tard par la diplomatie américaine et Vietnamienne, sans aucune perte de vie. »

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