L'âme serbe est en berne au Kosovo
18 février 2008
Asie
Kosovska Mitrovica — Bravant un vent glacial, une centaine de manifestants serbes, le regard perdu et triste, se sont réunis hier devant le pont de Kosovska Mitrovica, frontière qui sépare les parties serbe et albanaise de cette ville du nord du Kosovo. Leur petit nombre cache une même volonté farouche: celle de rejeter de l'indépendance proclamée par les leaders kosovars, coûte que coûte.
Les manifestants portant des drapeaux serbes sont unanimes à condamner la proclamation d'indépendance de la province du sud de la Serbie. «Les choses sérieuses commencent. Nous espérons que la Serbie et ses alliés pourront faire annuler cette décision honteuse», déclare Dejan, un employé de banque âgé de 39 ans.
Faisant face à Mitrovica sud, la partie albanaise de la ville, les manifestants serbes s'étonnent de l'absence d'Albanais de l'autre côté du pont qui passe sur l'Ibar, la rivière qui traverse la ville. «Ils ont mieux à faire, ils font la fête», suppose Dragana, une retraitée de 66 ans. «Ils attendront la nuit pour commencer leurs provocations», assure Milos, un étudiant de 22 ans. «Ils attendront que les caméras [des télévisions] et la MINUK [mission de l'ONU] soient parties pour se débarrasser de ce qui reste de Serbes au Kosovo», estiment son ami Bojan, 19 ans, étudiant.
Des feux d'artifice sont entendus provenant du sud. «Jamais», «Ça ne passera pas», répliquent les Serbes en poussant des cris de réprobation.
Quelques instants plus tard, un Albanais brandissant le drapeau albanais rouge frappé de l'aigle bicéphale noir, fait son apparition du côté sud du pont. Copieusement sifflé par les Serbes, il disparaît rapidement.
L'atmosphère est lourde, l'inquiétude évidente. «Si l'État [serbe] ne nous aide pas, nous n'avons aucun avenir ici», estime Branislav, 33 ans, propriétaire d'une épicerie. «C'est un jour très triste pour nous, l'Occident nous a offensés, nous sommes victimes de la pire des injustices», ajoute-t-il.
Un des vice-présidents du parlement serbe à Belgrade, Miloljub Albijanic, qui a auparavant visité l'enclave serbe de Priluzje, à une trentaine de kilomètres au sud de Mitrovica, arrive devant le pont. «Les Serbes de Priluzje sont calmes, résolus à rester chez eux et à ne pas reconnaître l'État du Kosovo», déclare-t-il à la presse, précisant qu'il est «venu au Kosovo soutenir les Serbes, tout comme nombre de ses collègues du gouvernement et autres institutions serbes».
Quelques heures auparavant, le ministre serbe pour le Kosovo, Slobodan Samardzic, a déclaré que l'État serbe resterait présent au Kosovo «là où c'est possible». Le ministre a réitéré que Belgrade refuserait de coopérer avec la mission de l'UE et avec les Kosovars albanais.
Quelque 120 000 Serbes, pour environ 1,8 million d'Albanais, sont restés au Kosovo après la guerre de 1998-99. Près de la moitié résident dans la partie Nord du territoire, qui pourrait faire sécession à la suite de la proclamation d'indépendance.
De nouvelles manifestations de Serbes contre l'indépendance du Kosovo ont été convoquées pour aujourd'hui dans plusieurs localités du Kosovo, dont bien sûr Mitrovica nord. «Nous ne cesserons jamais de nous opposer à l'indépendance du Kosovo, nous manifesterons tous les jours si cela est nécessaire», assure Bojan.
Les manifestants portant des drapeaux serbes sont unanimes à condamner la proclamation d'indépendance de la province du sud de la Serbie. «Les choses sérieuses commencent. Nous espérons que la Serbie et ses alliés pourront faire annuler cette décision honteuse», déclare Dejan, un employé de banque âgé de 39 ans.
Faisant face à Mitrovica sud, la partie albanaise de la ville, les manifestants serbes s'étonnent de l'absence d'Albanais de l'autre côté du pont qui passe sur l'Ibar, la rivière qui traverse la ville. «Ils ont mieux à faire, ils font la fête», suppose Dragana, une retraitée de 66 ans. «Ils attendront la nuit pour commencer leurs provocations», assure Milos, un étudiant de 22 ans. «Ils attendront que les caméras [des télévisions] et la MINUK [mission de l'ONU] soient parties pour se débarrasser de ce qui reste de Serbes au Kosovo», estiment son ami Bojan, 19 ans, étudiant.
Des feux d'artifice sont entendus provenant du sud. «Jamais», «Ça ne passera pas», répliquent les Serbes en poussant des cris de réprobation.
Quelques instants plus tard, un Albanais brandissant le drapeau albanais rouge frappé de l'aigle bicéphale noir, fait son apparition du côté sud du pont. Copieusement sifflé par les Serbes, il disparaît rapidement.
L'atmosphère est lourde, l'inquiétude évidente. «Si l'État [serbe] ne nous aide pas, nous n'avons aucun avenir ici», estime Branislav, 33 ans, propriétaire d'une épicerie. «C'est un jour très triste pour nous, l'Occident nous a offensés, nous sommes victimes de la pire des injustices», ajoute-t-il.
Un des vice-présidents du parlement serbe à Belgrade, Miloljub Albijanic, qui a auparavant visité l'enclave serbe de Priluzje, à une trentaine de kilomètres au sud de Mitrovica, arrive devant le pont. «Les Serbes de Priluzje sont calmes, résolus à rester chez eux et à ne pas reconnaître l'État du Kosovo», déclare-t-il à la presse, précisant qu'il est «venu au Kosovo soutenir les Serbes, tout comme nombre de ses collègues du gouvernement et autres institutions serbes».
Quelques heures auparavant, le ministre serbe pour le Kosovo, Slobodan Samardzic, a déclaré que l'État serbe resterait présent au Kosovo «là où c'est possible». Le ministre a réitéré que Belgrade refuserait de coopérer avec la mission de l'UE et avec les Kosovars albanais.
Quelque 120 000 Serbes, pour environ 1,8 million d'Albanais, sont restés au Kosovo après la guerre de 1998-99. Près de la moitié résident dans la partie Nord du territoire, qui pourrait faire sécession à la suite de la proclamation d'indépendance.
De nouvelles manifestations de Serbes contre l'indépendance du Kosovo ont été convoquées pour aujourd'hui dans plusieurs localités du Kosovo, dont bien sûr Mitrovica nord. «Nous ne cesserons jamais de nous opposer à l'indépendance du Kosovo, nous manifesterons tous les jours si cela est nécessaire», assure Bojan.
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