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Tragédie annoncée

François Brousseau   31 décembre 2007  Asie
Éprouvé la semaine dernière par une tragédie plusieurs fois annoncée — l'assassinat de Benazir Bhutto —, le Pakistan est l'un des meilleurs exemples de l'interdépendance des crises du monde contemporain.
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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    lundi 31 décembre 2007 09h19
    Tragédies mêlées
    « «Washington se retrouve aujourd'hui face à l'échec de sa politique...»

    En est-on si sûr?

    Que veut vraiment Washington?
    Le sait-on vraiment?

    Il y a ce que Washington dit, ce que Washington veut et ce que Washington fait.
    Negroponte n'a pas été au Pakistan pour rencontrer Mme Bhutto, ni M. Nawaz Sharif ou encore Imran Khan, non, M. Negroponte, lorsqu'il va au Pakistan, c'est pour s'entretenir avec le dictateur Musharraf.
    Que lui dit-il? Personne ne sait. On lui demanderait, qu'on ne saurait pas plus. Comment faire confiance à une parole?
    Il faut être journaliste pour faire confiance aux paroles et les rapporter comme si c'était des faits.

    Depuis la mort de Mme Bhutto, c'est le déferlement de titres disant que Washington est dans l'embarras. À part les titres, rien n'indique que tel est le cas.
    M. Brousseau dit en se référant au courant médiatique initier par les paroles de la Maison Blanche que: "Washington avait beaucoup misé sur Mme Bhutto pour réhabiliter le Pakistan face à l'Occident et lui donner un vernis démocratique"
    Ce sont des mots, on ne connaîtra jamais les réelles intentions de ces manipulateurs.
    Chose certaine, Washington a manipulé le jeu pour favoriser le retour de Benazir Bhutto.
    Même M. Brousseau en conviendrait.

    Autre coup médiatique: La casquette de général.
    Il est de mise de dire que Musharraf est dépouillé de sa casquette de général.
    Attendons de voir la réalité en action. Connaissez-vous son remplaçant?
    Non!

    Qui donc va donner l'ordre à l'armée de réprimer le pays?
    Musharraf a-t-il vraiment besoin de sa casquette pour diriger l'armée?
    Je crois que ce qu'il lui faut, ce sont de bonnes liasses de billets verts et de quelques fidèles associés pour diriger à sa guise.
    Croyez-vous que Musharraf va se faire arrêter et mettre sous les verrous?
    Jamais, à moins que Washington dirige ses billets verts vers un autre polichinelle plus sûr et mieux vu. Mais ces perles rares sont peut-être difficiles à débusquer.

    Musharraf est un dictateur, même M. Brousseau a fini par l'avouer.
    (c'est surprenant qu'il ne nous dise pas que Musharraf a renversé le gouvernement «sans effusion de sang» ce qui en faisait un dictateur "démocratique")
    Washington supporte cette dictature depuis qu'elle est en place, je ne vois vraiment pas pourquoi, soudainement, elle lui déplairait. Washington a toujours préféré les dictatures. Pour vous en convaincre, étudier l'Histoire de l'Amérique latine.

    Il faut cesser de dire que Washington est dans l'embarras.
    Ce qui met Washington dans l'embarras, c'est que le fils de Benazir, Bilawal Bhutto, 19 ans seulement, décide de prendre la relève. 19 ans, c'est jeune pour mourir. 19 ans seulement, c'est très jeune pour devenir président d'un pays, surtout d'un pays comme le Pakistan. Mais, Bilawal Bhutto, aurait d'excellentes chances de remporter un scrutin présidentiel.
    Bilawal Bhutto met Washington dans l'embarras. La jeunesse est plus difficile à corrompre, la jeunesse est souvent guidée fortement par des idéaux, la fouge et la témérité de la jeunesse font en sorte que les valeurs restent pures avec plus de vigueur. Bilawal Bhutto doit aussi avoir une fortune confortable, la corruption devient alors encore plus difficile, un jeune idéaliste, fortuné, fougueux et supporté par une population décidée! Tout pour déplaire à Washington.

    «Les États-Unis tirent de moins en moins les ficelles sur la scène internationale.»

    Il serait plus juste de dire que les États-Unis tirent de moins en moins ««facilement»» les ficelles sur la scène internationale.
    Le cas le plus évident est l'Amérique latine.
    La politique en Amérique latine a résolument pris le virage de se mettre au service de l'Être Humain au détriment du capital.
    Une politique qui met l'Être Humain avant le capital, a tout pour mettre Washington dans l'embarras.


    Non, Musharraf n'attend pas les ordres de Washington bien assis dans son palais. On ne négocie pas bien assis dans un palais. La négociation se fait à chaque instant, surtout lorsque sa vie fait partie des discussions.
    Corruption, protection, alliances, double jeu, ...
    Washington voudrait bien être un manipulateur de marionnettes isolées, dociles n'ayant aucune ressource. La réalité est bien plus complexe, il ne faut pas tomber dans le simplisme.

    Il faut aussi être bien conscient des armes, des armées, et des mouvements politiques.

    Il faut être conscient qu'une armée qui a à sa disposition plus de un million à chaque minute, risque d'être nettement supérieure.
    Il faut être conscient que l'arme économique est d'une puissance remarquable et que le chantage économique est utilisé allègrement par Washington.
    Il faut être conscient que les magouilles souterraines des services secrets nous sont inconnues, mais bien réelles.
    Certains affirment qu'il y a 100,000 agents de la CIA à travers le monde. Je crois que ce chiffre est bien possible, mais il faudrait de bons journalistes d'enquête pour le savoir exactement. 100,000 espions des services secrets avec des budgets quasi illimités, ça peut influencer la politique et même le terrorisme. L'infiltration, une des meilleures méthodes des services secrets, ce n'est pas de la fiction.

    Les relations entre l'ISI et la CIA sont bien réelles. La formation des taliban par l'ISI et la CIA est bien connue, c'est intéressant que M. Brousseau l'avoue enfin!
    «l'alliance antisoviétique et pro-islamiste avec le tyran Mohammad Zia ul-Hak, jusqu'aux arrangements incertains avec un autre dictateur du nom de Pervez Moucharraf, en passant par l'appui de Washington aux talibans (oui!) en 1996.»

    Intéressant enfin que M. Brousseau avoue certains torts du meneur de l'axe du bien:
    «Ils commettent des fautes... (l'invasion de l'Irak en 2003, l'arrogance hautaine face à la Russie, l'appui au putsch anti-Chavez en 2002, la tragique négligence face à l'Afghanistan après 2001). »

    M. Brousseau semble voir clairement ce qui freine la "démocratisation" du Pakistan.
    Son simplisme et surtout son assurance, font sourire.
    Comment peut-on dire avec assurance ce qui freine la "démocratisation"?
    D'ailleurs, de quoi parle-t-on exactement lorsque l'on parle de "démocratisation".
    Veut-on dire que lorsque la politique d'un pays n'entrave pas les vues géopolitiques de Washington, ce pays a réussi sa "démocratisation"?
    Depuis un certain temps, on constate que les pays "démocratiques" sont ces pays qui n'entravent aucunement les politiques et les intérêts US.

    Les élections en Palestine, en Iran, en Russie, au Venezuela, ne sont pas "démocratiques"!

    Chávez est un dictateur et Musharraf marche vers la "démocratisation".

    Dans sa remarquable analyse du Pakistan, M. Brousseau oublie ce jeunot de Bilawal Bhutto. Il n'a que 19 ans, mais il est à la tête d'un puissant parti politique.

    Si Washington est dans l'embarras, c'est surtout à cause de l'éventualité probable que ce jeunot se fasse élire. C'est pourquoi, les élections qu'on dit souhaiter, seront reportées à la semaine des trois jeudi.

    Il ne faut surtout pas que Musharraf cesse de guider son pays vers la "démocratisation".

    Souvent la force de la réalité peut détruire les plus brillantes analyses.
    Pour vous en convaincre, relisez tout ce que vous pouvez sur le Venezuela pendant les années 2002, 2003 et 2004. Confrontez ces brillantes analyses à la réalité. Vous lirez, par la suite, les brillantes analyses, avec un gros grain de sel!



    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 1 janvier 2008 10h01
    Tout est possible
    « Tout est possible, même un soutien secret de la CIA aux assassins de Bhutto si cette dernière avait commencé à être vue comme embarrassante par Washington. Oui, tout est possible. Personne ne peut dire ce qui se passe vraiment et pourquoi alors que nous sommes inondés de nouvelles fabirquées appuyées sur des preuves fabriquées dont les gouvernements anti-démocratiques (Pakistan, USA, etc.) ont le secret.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

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