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1500 arrestations depuis samedi - La répression se poursuit au Pakistan

N/A ZZZN/A   6 novembre 2007  Asie
Les avocats pakistanais ont manifesté hier contre la proclamation de l’état d’urgence.
Photo : Agence Reuters
Les avocats pakistanais ont manifesté hier contre la proclamation de l’état d’urgence.
Islamabad — Les arrestations d'opposants se sont poursuivies sans relâche hier au Pakistan, où la police a chargé à coups de matraque et de gaz lacrymogène des avocats manifestant contre l'état d'urgence imposé par le président Pervez Moucharraf.

Mais, dans le même temps, pressé par Washington, son principal bailleur de fonds, le pouvoir a promis de maintenir les législatives pour mi-janvier comme prévu ou à une date proche.

En dépit des critiques de plus en plus vives des États-Unis, les autorités ont interpellé des centaines d'opposants depuis samedi, jour de la proclamation de l'état d'urgence et de la suspension de la Constitution.

Environ 1500 personnes ont été arrêtées ou placées en résidence surveillée depuis l'instauration de l'état d'urgence, a-t-on appris hier de sources policières. Le parti islamiste d'opposition Jamaat-e-Islami a déclaré que 600 à 700 de ses partisans avaient été interpellés pendant la nuit dans les provinces du Punjab et du Sindh. Quatre à cinq cents opposants avaient déjà été arrêtés au cours du week-end, une mesure «préventive» selon les autorités.

Les avocats, en première ligne d'une campagne hostile à Moucharraf depuis qu'il a tenté de révoquer le président de la Cour suprême en mars dernier, ont appelé à une grève nationale hier contre l'application de l'état d'urgence.

À Karachi, la grande cité portuaire située dans le sud du pays, la police les a repoussés aux abords du siège de la Haute Cour et a procédé à de nombreuses interpellations. L'Association du barreau de Karachi a indiqué que son président, Iftikhar Javez Qazi, figurait parmi les personnes arrêtées.

La police a parallèlement bloqué à leur domicile des juges de la Cour suprême et de plusieurs hautes cours ayant refusé de prêter serment après l'imposition de l'état d'urgence, ont indiqué des sources proches des magistrats. Les médias sont également visés par des mesures de restriction.

Moucharraf a justifié sa décision en invoquant des menaces à la stabilité du pays constituées par l'extrémisme et les interférences du pouvoir judiciaire. Mais comme l'a souligné dimanche l'ancienne première ministre Benazir Bhutto, chef de file de l'opposition, la majeure partie de la population voit dans son geste la volonté d'empêcher la Cour suprême d'invalider sa réélection comme président le 6 octobre parce qu'il cumulait ses fonctions de chef de l'État et de chef des armées.

La Cour suprême, dont le président Iftikhar Chaudhry a été limogé et remplacé samedi par un fidèle du président, devait initialement se réunir hier pour rendre son arrêt.

Les élections

M. Moucharraf, pourtant l'allié-clé de Washington dans sa «guerre contre le terrorisme», s'est attiré hier une nouvelle volée de critiques de la part de la communauté internationale, notamment de Washington et Londres qui l'ont pressé de rétablir au plus tôt le processus qui devait conduire à des élections législatives mi-janvier.

«Les prochaines élections législatives et provinciales auront lieu selon le programme prévu», a déclaré hier le premier ministre Shaukat Aziz. Un peu plus tôt, M. Moucharraf avait promis aux ambassadeurs en poste à Islamabad que «les efforts en cours consistent à faire en sorte de rester le plus proche possible du programme prévu pour les élections».

Les États-Unis sont «profondément perturbés» par la crise au Pakistan et appellent à «un retour rapide» à la démocratie. Washington confirme réexaminer son aide, a déclaré la porte-parole de la Maison-Blanche Dana Perino, appelant à des législatives en janvier. Washington a versé à Islamabad environ 10 milliards ces cinq dernières années.

Les élections au suffrage universel direct pour désigner le Parlement et les assemblées provinciales devaient consacrer mi-janvier le retour de la démocratie dans cette puissance nucléaire de 160 millions d'habitants, quasiment tous musulmans.

Le Pentagone a aussi annoncé le report de discussions de coopération militaire avec le Pakistan. Les entretiens étaient programmés les 6 et 7 novembre à Islamabad.

À Genève, Louise Arbour, Haut Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, a fait part de son inquiétude à propos des mesures d'exception et a demandé aux autorités pakistanaises de clarifier le statut des avocats et défenseurs des libertés fondamentales interpellés ou en résidence surveillée.

«Il ne faudrait recourir à l'état d'urgence qu'en cas de menace très grave à la sécurité de la nation, et non pour saper l'intégrité et l'indépendance du système judiciaire», a-t-elle dit.






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