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L'enfer a un nom: Kandahar

Alec Castonguay   28 avril 2007  Asie
Les soldats canadiens ont surnommé «la route des embuscades» les 19 kilomètres qui séparent les deux camps de la région de Kandahar.
Photo : Agence France-Presse
Les soldats canadiens ont surnommé «la route des embuscades» les 19 kilomètres qui séparent les deux camps de la région de Kandahar.
Pour tous les soldats canadiens qui combattent en Afghanistan, l'enfer a un nom: Kandahar. L'OTAN a remporté la guerre conventionnelle contre les talibans l'automne dernier, mais depuis une guérilla acharnée fait rage. Talibans, criminels, trafiquants de drogue, terroristes d'al-Qaïda, torture de prisonniers, corruption... Le mélange est de plus en plus explosif. Portrait sur le terrain d'une guerre où on a la peur au ventre.

Kandahar — Il est 21h sur la gigantesque base de l'OTAN à Kandahar. Dans la noirceur, le convoi canadien se prépare à prendre la route en direction du camp Nathan Smith, où est basée en zone dangereuse l'équipe de reconstruction provinciale. Les moteurs des trois véhicules blindés légers (VBL) et du RG (un véhicule tout-terrain) blindé tournent pendant que le major Richard Collin donne les instructions à ses hommes.

Les risques ont beau être moins élevés de nuit, les soldats sont tendus. Les 19 km qui séparent les deux camps n'ont pas été surnommés «la route des embuscades» pour rien. Pour se rendre au camp canadien Nathan Smith, les convois doivent traverser les fameuses arches géantes qui marquent l'entrée est de la ville de Kandahar. C'est là que les talibans ont frappé le plus souvent. Il y a moins de deux semaines, cinq Népalais à bord d'une voiture de l'ONU y ont perdu la vie.

«C'est l'endroit le plus dangereux de la ville, explique un soldat québécois. Juste avant les arches, il y a un rond-point et il y a toujours beaucoup de trafic. Le kamikaze dans sa voiture bourrée d'explosifs tourne en rond et attend juste que les blindés ralentissent.»

Le convoi se met en branle. À l'intérieur d'un des VBL, deux soldats de Valcartier discutent avec le représentant du Devoir. Ils s'estiment chanceux: leur compagnie a été attaquée sept fois depuis décembre, mais à chaque occasion ils ne faisaient pas partie de l'expédition. La peur ne les a pas oubliés pour autant. «J'ai déjà patrouillé un petit village à pied, à la tombée de la nuit, raconte le plus jeune des deux soldats. Il y avait des recoins noirs partout et des petites ruelles. Les gens nous regardaient passer en silence. Tu ne sais jamais quand quelqu'un va approcher et se faire sauter. J'avais les genoux qui claquaient. J'ai eu peur à en dégueuler.»

Les deux soldats, comme les autres, sont encore secoués par la mort de huit des leurs dans la première semaine d'avril. Le VBL qui a sauté sur cinq mines antichars empilées, emportant six soldats d'un coup, a brisé un mythe. «On se pensait invincibles dans les VBL. C'est blindé partout et, même s'il y avait des dommages matériels, les gars étaient saufs. Depuis qu'on en a perdu six, on est plus stressés quand on embarque. Ils ont trouvé le truc et vont sûrement refaire le même coup.»

Le convoi roule toujours et les arches approchent. De nuit, les blindés ne devraient pas avoir à ralentir puisque le trafic est inexistant, assurent les soldats. Dix secondes plus tard, le convoi ralentit. Les deux gars cessent de parler et tournent la tête vers l'écran infrarouge qui permet de voir ce qui se passe à l'extérieur du véhicule. Un gros camion rempli de poches de ciment barre la route.

Le convoi s'arrête directement sous les arches. Le soldat dans la tourelle du canon, sur le dessus du blindé, lâche un cri. «Tabarnak, qu'est-ce qui se passe? Faut qu'il décrisse!» Le soldat dans la tourelle du VBL qui nous précède s'époumone dans le système de communication. «Ostie, je le savais, ça va chier, câlisse! Faut sortir d'ici!» Les canons des quatre blindés s'affolent et pointent en direction de la moindre voiture qui bouge vers le convoi, prêts à faire feu. L'auteur de ces lignes serre la mâchoire et se cramponne à son siège. Et si...

Tranquillement, le camion sort de la route et laisse passer les quatre blindés qui repartent à toute allure. Fausse alerte. Le plus expérimenté des deux soldats se remet à parler. «Je fais une ou deux sorties par jour en convoi. Dans six mois, si je ne suis pas mort, c'est que mon tour n'était pas arrivé.»

Le caporal Roméo Trolio, 29 ans, partage ce fatalisme. Assis dans la cafétéria du camp Nathan Smith, il se confie au Devoir. Il vient d'écrire à sa soeur pour lui dire comment il vit son déploiement. «Je lui ai dit à quel point c'était étrange de courir tous les jours après la mort, sans savoir si elle va nous trouver. Ça nous brasse en dedans. Chaque fois que je sors de la "gate", je ne sais pas si je vais revenir. On souhaite juste que ça ne fasse pas boum», dit-il.

Bienvenue à Kandahar, où chaque soldat a son histoire qui l'empêche de dormir. Depuis que les Forces canadiennes ont pris le commandement de cette province du Sud, qui a toujours été le fief des talibans, la situation n'a jamais été aussi tendue. Neuf soldats canadiens sont morts en avril, portant le total à 54 (plus un diplomate). Et ce n'est qu'un début. Les talibans ont promis un été cauchemardesque aux forces de l'OTAN, affirmant que 6000 hommes et 200 kamikazes sont prêts à la bataille. «Nous allons utiliser ces bombes humaines pour faire le maximum de victimes parmi nos ennemis», a soutenu à l'AFP Abdul Rahim, le chef des talibans de la province d'Helmand, voisine de Kandahar.

La guerre se transforme, se confond dans le paysage. Les soldats canadiens sont inquiets et ne se cachent plus pour le dire, même s'ils affirment du même souffle être heureux de faire le travail pour lequel ils ont été entraînés. «C'est un stress immense de ne plus voir nos ennemis», dit Roméo Trolio, un soldat originaire de Montréal. «C'est une guérilla maintenant, une guerre sale, traître. Ça fait mal aux tripes», lâche-t-il en regardant le sol.

Au quartier général de l'OTAN, à Kaboul, on corrobore ce que les soldats vivent tous les jours. La coalition estime avoir gagné la guerre conventionnelle contre les talibans avec l'opération Méduse, l'automne dernier. Depuis, l'ennemi est invisible. Il frappe à distance avec des bombes et des mines. Il engage des kamikazes. Il tire à la roquette, parfois à plusieurs kilomètres de la cible. «Ils ont compris qu'ils ne pouvaient pas se battre à arme égale contre nous. Maintenant, c'est une guérilla, une guerre des nerfs», soutient un haut gradé de l'OTAN.

Les talibans se fondent dans la masse. «Parfois, ils nous envoient la main et font semblant d'être des paysans. Comment on fait pour les reconnaître? C'est peut-être le commandant d'une section de talibans, mais on n'a aucun moyen de le savoir. Et la population locale n'est pas encore prête à nous aider», dit Richard Collin, qui dirige la force de sécurité au camp Nathan Smith, composée de soldats de Valcartier. En août, ils seront 1900 militaires de la base de Québec, sur une mission totale de 2500 hommes.

Une telle guérilla sans visage complique aussi la tâche des policiers et des services de renseignement afghans. Le manque d'information et la frustration, couplés à des techniques musclées héritées de la guerre contre les Russes, peuvent mener à de sérieux dérapages, comme en témoignent les révélations de torture du Globe and Mail cette semaine. Ajoutez à cela une police corrompue, sans foi ni loi, qui a tendance à régler des comptes personnels sur les heures de travail, et vous avez un mélange explosif.

«La police afghane est un gros problème. Elle ne contrôle rien. Des bandits se sont même mis à copier leur uniforme, alors on ne sait pas qui est qui», affirme Richard Collin. Le gouvernement afghan, extrêmement faible, surtout dans le sud du pays, n'est pas en mesure d'exercer son autorité.

Les talibans engagent

Les talibans parviennent à grossir leurs rangs sans trop de difficulté. Au milieu d'une population désabusée, pauvre à l'extrême et facilement influençable en raison du manque d'instruction, la propagande des «étudiants en théologie» (talibans) fonctionne. Et dans le cas d'un échec à convaincre un paysan, les talibans n'hésitent pas à utiliser les menaces. Si tu ne rejoins pas la guérilla, ta famille mourra et tes champs seront détruits, disent-ils. Une situation qui explique pourquoi un paysan peut recevoir chez lui des soldats canadiens un jour et leur tirer dessus la semaine suivante.

L'argent, le nerf de la guerre, n'est pas davantage un problème pour les talibans. Les insurgés payent entre 5 et 10 $US par jour leurs combattants, ce qui est deux ou trois fois le salaire moyen au pays. Dans le Sud, il suffit de lever la tête pour voir un champ de pavot, matière première de l'opium et de l'héroïne. L'Afghanistan fournit 90 % de la production mondiale et

50 % de cette production se retrouve à Kandahar et à Helmand, où la guérilla fait rage. Une culture illicite qui rapporte trois milliards de dollars américains par année. Entre 2005 et 2006, la culture du pavot a fait un bond de 59 % en Afghanistan. L'ONU prévoit une autre hausse cette année. Dans la province de Kandahar,

93 % des villages abritent au moins un champ de pavot.

La fin du mois d'avril est d'ailleurs le début de la première récolte de pavot. Malgré les neuf morts tombés au combat depuis trois semaines, c'est la période calme, les talibans étant occupés dans les champs. «Dans trois semaines, ils vont recommencer à nous taper dessus. Ça va être sérieux», affirme le caporal Sébastien Beaulieu, 23 ans, en regardant par la fenêtre de son RG blindé. Dans le champ de pavot qui défile à notre droite, sous un soleil de plomb typique de Kandahar, les hommes relèvent la tête et surveillent attentivement le convoi militaire qui passe, avant de se remettre au travail.

À l'ambassade de Kaboul, on confirme que l'opium est un gros problème pour la coalition internationale. «Le lien entre le conflit et l'opium est direct, c'est leur source de financement», explique un haut fonctionnaire. Mais l'éradication pure et simple des champs n'est pas possible puisque les paysans, furieux de perdre leur gagne-pain, prendraient alors les armes. «Dans une guérilla, le plus important et le seul moyen de gagner, c'est l'appui de la population locale. Détruire l'opium est contre-productif», ajoute ce haut fonctionnaire. Le Canada, avec du microcrédit (50 millions de dollars en cinq ans), tente d'aider les Afghans à dénicher une solution de rechange à la culture du pavot.

La gangrène de l'opium qui ronge l'OTAN contribue aussi à une plus grande instabilité du pays. Les criminels, les seigneurs de guerre et les trafiquants de drogue, qui n'ont rien des talibans purs et durs, tirent un avantage certain du chaos ambiant. «Plus il y aura d'instabilité, plus ce sera bon pour les affaires; alors, ils aident les talibans», affirme un militaire de l'OTAN. La coalition estime à seulement 1500 les vrais talibans et à plus de 5000 les criminels, seigneurs de guerre et autres trafiquants qui participent à la déstabilisation du pays.

Les services secrets occidentaux viennent tout juste de découvrir de nouvelles bases d'al-Qaïda au Pakistan qui alimentent l'insurrection talibane. Une information confirmée au Sénat américain par le grand patron du renseignement à Washington, Mike McDonnell. Cette zone du Sud pakistanais, surnommée Waziristan, échappe à tout contrôle d'Islamabad. Les tribus pachtounes qui aident al-Qaïda et les talibans y règnent en maîtres.

Le groupe terroriste de Ben Laden sert de pont entre les techniques de guérilla irakiennes et celles utilisées en Afghanistan. L'aide d'al-Qaïda explique en partie pourquoi l'insurrection est plus efficace depuis un an, même si les moyens restent encore moins sophistiqués que dans l'ancien pays de Saddam Hussein. «Les kamikazes ne sont pas aussi efficaces qu'en Irak, ils se font souvent sauter au mauvais moment», explique un soldat québécois.

En 2005, à peine 20 attentats suicide avaient été recensés en Afghanistan. Le nombre est passé à 130 l'an dernier et devrait continuer de grimper. Les techniques se raffinent. Les embuscades sont plus efficaces. Auparavant des explosifs rudimentaires, il n'est maintenant plus rare de trouver des dispositifs télécommandés par cellulaire que les insurgés font sauter à distance.

Le capitaine Alain Dionne estime que l'année 2007 sera déterminante. «Ça passe ou ça casse. Il faut mettre la population de notre bord maintenant, sinon c'est foutu», estime Alain Dionne. Un constat partagé par le chef d'état-major Jean Trudel, l'un des plus hauts gradés de l'armée canadienne à Kandahar. «Le travail est loin d'être fini. Ce serait le pire moment pour partir. Mais il ne faut pas se leurrer, nous allons subir d'autres pertes. La stabilité est trop fragile.»

Le Devoir

Notre journaliste séjourne en Afghanistan à l'invitation de la Défense nationale du Canada.






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  • Claude Stordeur
    Abonné
    samedi 28 avril 2007 00h12
    Il y a l'or noir et l'or blanc
    « Que ne ferait Bush pour avoir ses champs pétrolifères et pourtant c'est un nouvel eldorado comparé à l'opium qui existe depuis des millénaires... Et ce n'est pas en envoyant des soldats de Russie ou des Usa ou du Canada qu'on vas faire arrêter la production.. La drogue est plus puissante que les armes. Ne pas comprendre cela c'est nier la vérité du monde... Il y aura toujours des religions, des guerres et des drogues. Une solution est de rendre les drogues douces légales et de couper l'herbe sous les pieds des mafias... »

  • Simon Latendresse
    Abonné
    samedi 28 avril 2007 05h04
    "soft embedded journalism"
    « Je me demande bien comment Le Devoir peut se complaire à faire dans un tel type de journalisme - ce type de journalisme soft intégré aux troupes (soft embedded journalism) que Donald Rumsfeld encourageait en Afghanistan et en Irak. Si d'un côté il est nécessaire de couvrir le travail des troupes, il est évident, de par la simple mention selon laquelle le journaliste y séjourne à l'invitation de la Défense canadienne, qu'on a moins là un véritable travail de journaliste que celui d'un publicitaire faisant par défaut la promotion de la présence canadienne en Afghanistan. Pendant ce temps, d'autre vrais journalistes risquent leur vie à faire leur vrai travail sans être "encastrés" au sein des troupes, et présentent d'ailleurs une image fort différente de la guerre.
    C'est une déception pour un lecteur du Devoir que de constater telle complaisance, surtout dans un conflit comportant aussi contentieux, et dont la légitimité même reste objet de débat. »

  • Michel Legeais
    Abonné
    samedi 28 avril 2007 07h30
    "Comment faire pour les reconnaître ?"
    « "Comment faire pour les reconnaître ?" il aurait peut-être fallu y penser avant !
    Fascinante naïveté typiquement occidentale devant une cruauté millénaire de ces guerriers. »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 28 avril 2007 08h15
    "Ca passe ou ca casse"
    « Selon le général en chef des troupes de l'Otan (un Britannique qui a quitté son poste il y a quelques semaines) 95% de la population afghane est derrière les Talibans.
    Qu'est-ce qu'on fout là? »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 28 avril 2007 08h37
    SUGGESTION GRATUITE À L'ARMÉE CANADIENNE
    « Je lis : Le capitaine Alain Dionne estime que l'année 2007 sera déterminante. «Ça passe ou ça casse. Il faut mettre la population de notre bord maintenant, sinon c'est foutu».

    Le capitaine ne dit pas comment il va mettre la population de son bord. Est-ce en livrant leurs prisonniers à la torture en étant pas trop certain que ce sont des Talibans ? Nos soldats ne peuvant pas facilement, comme mentionné, faire la différence entre un paysan et un Taliban, dans les champs.

    Suggestion : Leur dire qu'on fait ça pour votre bien, même si on vous a démoli un peu vos maisons, qu'on vous éveille la nuit à la pointe des mitraillettes pour faire un contrôle et que vous n'avez presque plus d'électricité ni de sécurité pour faire votre marché ou aller à la mosquée. Le bonheur est presque prêt à vous sauter dessus pour vous envelopper de ses bienfaits...In cha' Allah ! Et une petite barre de chocolat avec ça ? »

  • Normand Parisien
    Inscrit
    samedi 28 avril 2007 09h38
    Un point de vue réaliste.
    « Je trouve très intéressant cet article sur la routine d'un militaire à Kandahar. Contrairement à plusieurs autres articles qui ne présentent qu'un côté de la médaille, celui du fanatisme religieux, celui-ci aborde aussi le problème des vendeurs d'opium et de l'instabilité sociale qui leur est profitable. Je n'ai pas de difficultés à comprendre la peur de ces militaires car, même dans nos villes canadiennes, avoir un voisin qui fait le commerce de la drogue a un effet désastreux sur la qualité de vie du voisinage. Il y aura d'autres pertes de vie dans cet univers instable en Afghanistan mais je crois qu'une vie perdue là-bas sauve probablement plusieurs vies ici car c'est le terrorisme international qui est visé par cette intervention militaire, dans laquelle plusieurs pays sont impliqués. »

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    samedi 28 avril 2007 09h41
    Aidez votre collègue
    « M. Castonguay, allez donc voir madame Bombardier et expliquez lui ce que cela signifie d'aller mettre sa vie en danger pour un conflit dont on ne sait rien et surtout dont on n'est pas responsable.

    Expliquez-lui combien sa petite gérance d'estrade est grotesque de simplisme.

    Invitez là à aller se faire sauter pour des TWITS politiciens comme Dobia Bush.

    On ne risque pas sa vie pour des caves »

  • Pierre Castonguay
    Inscrit
    samedi 28 avril 2007 09h45
    On détruit la santé psychologique de nos soldats de façon irrémédiable...quand on ajoute pas à cette injustice une mort violente longtemps anticipée
    « La tension inutile que fait vire à nos soldats le gouvernement Harper s'apparente à de la torture mentale.
    L'art de plaire à George W. Bush que semble cultiver Harper et ses Torries se fait au détriment d'un terrorisme psychologique de nos concitoyens outre-mer. Vivre avec la crainte événementielle, quotidienne, horaire de la mort, vivre avec la peur du mouvement d'autrui, vivre avec le mensonge politique d'un conflit injustifié, vivre avec la tension psychotique de ne pas pouvoir faire la différence entre un tueur potentiel et un citoyen anodin, un paysan saluant le passage des troupes et un chef de milice, un policier afghan et un terroriste infiltré, va laisser pour le restant de la vie de ces canadiens des marques et des séquelles. Savoir que l'on risque fort de mourir, voir mourir les siens et finalement exploser à son tour : voilà le traitement le plus barbare infligé par le gouvernement du Canada à ses citoyens militaires que toute l'histoire de notre pays ait connu. Jamais un gouvernement n'est descendu aussi bas pour plaire au lobby des marchands d'armement, jamais un premier ministre n'a perdu autant le sens de la dignité humaine, du respect de l'intégrité physique de ses concitoyens, du respect du rôle d'un véritable chef de nation que M. Harper.

    On ne peut malheureusement pas accuser un politicien de crime de haute trahison face à l'âme de son pays. Mais on peut en tant que citoyen, en tant que bon père de famille, en tant qu'homme et femme civilisés dénoncer de toutes ses forces l'injustice faite à nos pairs et réclamer le retour de ceux qui déjà sont des blessés moraux profonds de la guerre, des éclopés d'un système conservateur-républicain qui fait tourner l'économie nord américaine autour de conflits fantoches qui ne servent qu'à justifier des investissements militaires pour enrichir les bailleurs de fonds qui les maintiennent au pouvoir. La situation actuelle est déshonorante pour tous les canadiens et canadiennes, c'est le pire traitement que le puisse infliger à des gens que l'on envoie outre frontière pour défendre nos valeurs alors qu'ils ne sont dans les faits, que de la chair à engins explosifs dont les composantes de base sont vendues à des belligérants par un système de sous contractuels dépendant des même firmes de fabrication que celles qui équipent et protègent nos soldats.

    La perversion du gouvernement Bush - Harper est ici sans bornes, le jeu de fausse naïveté lors de la réponse aux questions en chambre ne tient plus, faudra t-il qu'un député mette fin à sa carrière politique en crachant sur le discours du premier ministre pour que la nation canadienne prenne conscience de toute l'ampleur de la lâcheté qui anime ce gouvernement minoritaire qui par tractations, manipulations, tient la chambre de nos représentants en otage. »

  • Gilles Hudicourt
    Inscrit
    samedi 28 avril 2007 17h47
    Pour gagner le coeur des civils, il ne faut point les tuer
    « Le Talibans ont tellement bien fait leur travail de terreur que nos soldats ont maintes fois inutilement tué des civils Afghans, se croyant sur le point d'être attaqués:
    Le 14 mars 2006, des Canadiens ont tué le passager d'un taxi venu trop proche d'un de leur véhicule. En août 2006, des Canadiens ont tué un policier afghan par erreur. Le 22 août 2006, un enfant de 10 ans qui était passager sur une moto est abattu par des Canadiens. Le 12 décembre 2006, un octogénaire à moto est abattu par des Canadiens. Le 17 février 2007, un piéton dérangé est abattu en marchant entre des véhicules canadiens à l'arrêt. Le 18 février 2007, des soldats canadiens victimes d'une embuscade tuent par erreur un policier afghan et un mendiant. Le 27 février 2007, des soldats canadiens ouvrent le feu sur une Toyota qui s'approchait d'un véhicule canadien en panne. Un des occupants est tué, l'autre blessé.
    Je ne parle ici que victimes accidentelles des tirs directs à l'arme légère et pas des autres victimes innocentes des tirs de l'artillerie canadienne, ou des bombardements d'artillerie ou aériens commandés par les troupes canadiennes, car ce genre de victimes aussi, il y en a eu.
    Une majorité de ces incidents ont eu lieu dans la région de Kandahar. Et on parle de gagner le coeur des Afghans? Les Taliban tuent leurs propres compatriotes et obtiennent que nous en fassion autant pour eux. Mais le Talibans sont chez eux. Nous sommes des étrangers. »

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 28 avril 2007 18h11
    2010
    « Je n'ose pas imaginer le sort qui serait fait aux soldats qui ne seront pas morts en Afghanistan. Le gouvernement Harper ne fera sûrement pas mieux que le gouvernement Bush. Ces soldats se retrouveront délaissés, mal soignés, psychologiquement détruits. Chanter la gloire de ceux et celles qui servent de chair à canon est une chose; respecter ceux et celles que les canons ont ratés en est une autre.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Habibullah Hayedar Ali
    Inscrit
    samedi 28 avril 2007 19h23
    Qu'est-ce qu'on fout là?
    « Les soldats canadiens sont la parce que l'OTAN est en afghanistan et en faisant partie de l'OTAN le Canada fais justement sa part. Mais, la question de M. Noel devrais etre poser autrement. pourquoi Kandahar? et non pas un region moins dangereux. »

  • Roland Berger
    Abonné
    dimanche 29 avril 2007 17h43
    «Twits» au pouvoir
    « Quels «twits» au pouvoir ont pu imaginer que la guerre conventionnelle contre les Talibans ne serait pas suivie d'une guérilla? J'aimerais des noms. Pas vous?
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Roland Berger
    Abonné
    dimanche 29 avril 2007 17h45
    Merci à Gilles Bousquet
    « Merci Gilles, tu m'as bien fait marrer. Dans le mille!!!!
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Roland Berger
    Abonné
    dimanche 29 avril 2007 17h48
    À Jacques Noël
    « Qu'est-ce que le Canada fout là? Ne joue pas la naïveté, tu le sais. Le Canada fait plaisir au pays le plus puissant de la planètre dirigé par le plus maniaque des présidents qu'il n'ait jamais eu. Voilà pourquoi meurent des soldats québécois enrôlés dans l'armée du Canada.
    Roland Berger
    London, Ontario »

  • Steeven Duperré
    Inscrit
    mardi 22 avril 2008 19h25
    nous envoyer la ne vos rien!!!La guerre, c'est une chose trop grave pour la confier a des militaires!!!
    « je sais qu'on fait sa pour notre pays sauf un jour quelqun a dit : Aucune cause même désespérée n'est vraiment perdue tant qu'un homme debout est prêt à mourir pour elle. sauf lui qui a écrit sa na pas penser a une choses :pourquoi faire pleurer nos famille d'angoisse pour quelque chose qui nous ramene rien en retour juste !!! que la mort!!!!Qui fait la guerre ne domira pas en paix »

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