Obama a séduit l'Amérique latine
Son constat d'échec de la politique américaine envers Cuba n'a pas suffi à créer un consensus
Photo : Agence Reuters
Le président américain Barack Obama en conférence de presse, hier, à Port of Spain, à l’issue du 5e Sommet des Amériques. Il a reconnu que la politique américaine menée à l’égard de Cuba depuis les cinquante dernières années avait été u
Le 5e sommet des Amériques s'est achevé hier à Trinité-et-Tobago sans consensus des 34 pays sur une déclaration finale, mais avec la promesse d'une «nouvelle ère de partenariats» entre les États-Unis et ses voisins du Sud.
Malgré des expressions de bonne volonté, les chefs d'État et de gouvernement réunis à Port of Spain n'ont pas signé de déclaration commune. Un groupe de pays réunis autour du président du Venezuela Hugo Chávez ont jugé la portée du document insuffisante sur la question cubaine.
La Bolivie, le Nicaragua et le Honduras ont notamment déploré que la question du maintien à l'écart de Cuba — exclu de l'Organisation des États américains (OEA) depuis 1962 — du sommet des Amériques n'ait pas été réglée. Ils disent aussi regretter qu'aucune solution n'ait été mise de l'avant pour lutter efficacement contre la crise économique mondiale.
Le premier ministre de Trinité-et-Tobago, Patrick Manning, a précisé que la déclaration «n'avait pas l'accord» des 34 pays, et que, faute d'unanimité, «le document qui émerge est un document de compromis qui a obtenu l'accord de certains et pas celui d'autres». «Plusieurs pays ont émis des réserves sur certains points, et c'est compréhensible, car il est très difficile [d'en arriver à un accord] dans une réunion et une négociation entre 34 pays», a ajouté M. Manning.
À l'issue du sommet, le président américain Barack Obama a admis que la politique menée pendant 50 ans par les États-Unis à l'égard de Cuba «n'avait pas fonctionné».
Barack Obama s'était déclaré «prêt au dialogue» avec Cuba au début du sommet, afin d'orienter dans une «nouvelle direction» les relations entre Washington et La Havane, conflictuelles depuis 50 ans, mais son principal conseiller économique, Lawrence Summers, a indiqué que la levée de l'embargo, instauré depuis 1962, n'était «pas pour demain».
M. Obama avait par ailleurs annoncé la semaine dernière la levée de toutes les restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Cubano-Américains vers leur île d'origine.
Le président cubain Raul Castro avait répondu être ouvert à «un dialogue sur tout» avec Washington, «y compris les droits de la personne, la liberté de la presse, les prisonniers politiques».
Ces faits et gestes avaient laissé espérer un rapide rapprochement américano-cubain.
«Mais comme je l'ai déjà dit, les actes doivent se substituer aux paroles», a dit le président des États-Unis, rappelant que le dirigeant cubain Raul Castro s'est déclaré prêt à discuter des questions des prisonniers politiques et des droits de la personne. «Le peuple cubain n'est pas libre, et cela doit être notre préoccupation. Cuba a les moyens de prouver qu'ils sont déterminés à imposer de véritables changements.»
La plupart des dirigeants des Amériques se sont dits malgré tout séduits par le discours de Barack Obama, qui a proposé «une nouvelle ère» dans les relations avec l'Amérique latine.
«Le succès a été de parvenir à relancer le dialogue sur le continent américain dans une atmosphère franche et cordiale», a affirmé le président mexicain, Felipe Calderon.
Même son de cloche de la part du président du Honduras, Manuel Zelaya. «Le président Obama s'est acquis les bonnes grâces de l'Amérique latine», a-t-il dit.
Le président du Brésil, Luiz Inacio Lula Da Silva, a estimé désormais «possible de créer une nouvelle dynamique, de fraternité, de coopération». «Nous nous attendions tous à un affrontement entre Chávez et Obama, mais le contraire est arrivé», a-t-il fait valoir.
Hugo Chávez, la bête noire des États-Unis sous la présidence de George W. Bush, a exprimé à Barack Obama d'étonnantes marques d'amitié. Après avoir déclaré vouloir «être son ami», il a annoncé la désignation d'un ambassadeur à Washington, où il n'avait plus de représentant depuis septembre.
L'affrontement a été remplacé par «un très bon dialogue», s'est aussi félicité le premier ministre du Canada, Stephen Harper, durant la conférence de presse de clôture du sommet.
Dans un effort pour amadouer les États avec lesquels le Canada négocie, M. Harper, brandissant l'étendard du libre-échange chaque fois qu'il en avait l'occasion, a annoncé ce week-end qu'il leur allouait 18 millions de dollars supplémentaires en cinq ans, pour les aider, a-t-il dit, à «maximiser les avantages d'une augmentation du libre-échange et des investissements».
Son appel à l'ouverture des marchés a recueilli un certain soutien. Tout en soulignant que la crise financière et économique mondiale demeurait son principal souci, le président de la République dominicaine, Leonel Fernandez, s'est dit prêt à faire avancer des pourparlers avec le Canada en vue d'en arriver à un accord de libre-échange.
M. Harper tenait un langage tout à fait différent de celui de M. Obama. Là où le président américain, dans son discours de vendredi, conseillait aux pays de se méfier des étiquettes idéologiques telles que «capitaliste» ou «socialiste», M. Harper parlait d'«antagonistes», de «socialisme de la guerre froide» et de «nations voyous» en parlant du Venezuela et de Cuba. Il s'est présenté comme un «conservateur anticommuniste» au cours d'une entrevue accordée au réseau américain Fox News.
Son porte-parole a d'ailleurs, à plusieurs reprises, qualifié l'Amérique latine de «cour arrière» du Canada lors d'une séance d'information, en début de sommet.
Selon certains observateurs canadiens, M. Harper a semblé mal interpréter le ton du sommet, où plusieurs pays — et non seulement les États supposés «voyous», comme le Venezuela et la Bolivie — sont confrontés à un fort ressac de leurs populations contre la libéralisation du commerce. L'opposition à une Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) a été la principale cause de l'échec du précédent sommet.
Même si la crise financière constituait la première préoccupation des pays représentés au sommet, selon le directeur de la Fondation canadienne pour les Amériques, Carlo Dade, mettre l'accent sur le libre-échange est une mauvaise stratégie, au moment où plusieurs en ont contre la libéralisation du commerce.
M. Harper s'est envolé vers la Jamaïque à l'issue du Sommet pour une visite officielle. Il doit entre autres prononcer un discours devant les parlementaires du pays.
Malgré des expressions de bonne volonté, les chefs d'État et de gouvernement réunis à Port of Spain n'ont pas signé de déclaration commune. Un groupe de pays réunis autour du président du Venezuela Hugo Chávez ont jugé la portée du document insuffisante sur la question cubaine.
La Bolivie, le Nicaragua et le Honduras ont notamment déploré que la question du maintien à l'écart de Cuba — exclu de l'Organisation des États américains (OEA) depuis 1962 — du sommet des Amériques n'ait pas été réglée. Ils disent aussi regretter qu'aucune solution n'ait été mise de l'avant pour lutter efficacement contre la crise économique mondiale.
Le premier ministre de Trinité-et-Tobago, Patrick Manning, a précisé que la déclaration «n'avait pas l'accord» des 34 pays, et que, faute d'unanimité, «le document qui émerge est un document de compromis qui a obtenu l'accord de certains et pas celui d'autres». «Plusieurs pays ont émis des réserves sur certains points, et c'est compréhensible, car il est très difficile [d'en arriver à un accord] dans une réunion et une négociation entre 34 pays», a ajouté M. Manning.
À l'issue du sommet, le président américain Barack Obama a admis que la politique menée pendant 50 ans par les États-Unis à l'égard de Cuba «n'avait pas fonctionné».
Barack Obama s'était déclaré «prêt au dialogue» avec Cuba au début du sommet, afin d'orienter dans une «nouvelle direction» les relations entre Washington et La Havane, conflictuelles depuis 50 ans, mais son principal conseiller économique, Lawrence Summers, a indiqué que la levée de l'embargo, instauré depuis 1962, n'était «pas pour demain».
M. Obama avait par ailleurs annoncé la semaine dernière la levée de toutes les restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Cubano-Américains vers leur île d'origine.
Le président cubain Raul Castro avait répondu être ouvert à «un dialogue sur tout» avec Washington, «y compris les droits de la personne, la liberté de la presse, les prisonniers politiques».
Ces faits et gestes avaient laissé espérer un rapide rapprochement américano-cubain.
«Mais comme je l'ai déjà dit, les actes doivent se substituer aux paroles», a dit le président des États-Unis, rappelant que le dirigeant cubain Raul Castro s'est déclaré prêt à discuter des questions des prisonniers politiques et des droits de la personne. «Le peuple cubain n'est pas libre, et cela doit être notre préoccupation. Cuba a les moyens de prouver qu'ils sont déterminés à imposer de véritables changements.»
La plupart des dirigeants des Amériques se sont dits malgré tout séduits par le discours de Barack Obama, qui a proposé «une nouvelle ère» dans les relations avec l'Amérique latine.
«Le succès a été de parvenir à relancer le dialogue sur le continent américain dans une atmosphère franche et cordiale», a affirmé le président mexicain, Felipe Calderon.
Même son de cloche de la part du président du Honduras, Manuel Zelaya. «Le président Obama s'est acquis les bonnes grâces de l'Amérique latine», a-t-il dit.
Le président du Brésil, Luiz Inacio Lula Da Silva, a estimé désormais «possible de créer une nouvelle dynamique, de fraternité, de coopération». «Nous nous attendions tous à un affrontement entre Chávez et Obama, mais le contraire est arrivé», a-t-il fait valoir.
Hugo Chávez, la bête noire des États-Unis sous la présidence de George W. Bush, a exprimé à Barack Obama d'étonnantes marques d'amitié. Après avoir déclaré vouloir «être son ami», il a annoncé la désignation d'un ambassadeur à Washington, où il n'avait plus de représentant depuis septembre.
L'affrontement a été remplacé par «un très bon dialogue», s'est aussi félicité le premier ministre du Canada, Stephen Harper, durant la conférence de presse de clôture du sommet.
Dans un effort pour amadouer les États avec lesquels le Canada négocie, M. Harper, brandissant l'étendard du libre-échange chaque fois qu'il en avait l'occasion, a annoncé ce week-end qu'il leur allouait 18 millions de dollars supplémentaires en cinq ans, pour les aider, a-t-il dit, à «maximiser les avantages d'une augmentation du libre-échange et des investissements».
Son appel à l'ouverture des marchés a recueilli un certain soutien. Tout en soulignant que la crise financière et économique mondiale demeurait son principal souci, le président de la République dominicaine, Leonel Fernandez, s'est dit prêt à faire avancer des pourparlers avec le Canada en vue d'en arriver à un accord de libre-échange.
M. Harper tenait un langage tout à fait différent de celui de M. Obama. Là où le président américain, dans son discours de vendredi, conseillait aux pays de se méfier des étiquettes idéologiques telles que «capitaliste» ou «socialiste», M. Harper parlait d'«antagonistes», de «socialisme de la guerre froide» et de «nations voyous» en parlant du Venezuela et de Cuba. Il s'est présenté comme un «conservateur anticommuniste» au cours d'une entrevue accordée au réseau américain Fox News.
Son porte-parole a d'ailleurs, à plusieurs reprises, qualifié l'Amérique latine de «cour arrière» du Canada lors d'une séance d'information, en début de sommet.
Selon certains observateurs canadiens, M. Harper a semblé mal interpréter le ton du sommet, où plusieurs pays — et non seulement les États supposés «voyous», comme le Venezuela et la Bolivie — sont confrontés à un fort ressac de leurs populations contre la libéralisation du commerce. L'opposition à une Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) a été la principale cause de l'échec du précédent sommet.
Même si la crise financière constituait la première préoccupation des pays représentés au sommet, selon le directeur de la Fondation canadienne pour les Amériques, Carlo Dade, mettre l'accent sur le libre-échange est une mauvaise stratégie, au moment où plusieurs en ont contre la libéralisation du commerce.
M. Harper s'est envolé vers la Jamaïque à l'issue du Sommet pour une visite officielle. Il doit entre autres prononcer un discours devant les parlementaires du pays.
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