Bolivie - Un dialogue national devra s'engager
12 août 2008
Amérique Latine
La Paz — Malgré sa large victoire au référendum de dimanche, par lequel il remettait son mandat en jeu, le président socialiste bolivien Evo Morales sera contraint de négocier avec l'opposition autonomiste, qui sort elle aussi renforcée du scrutin, estimaient hier les analystes à La Paz.
Les résultats du référendum révocatoire de dimanche en Bolivie ont confirmé le premier président d'origine indigène de Bolivie, avec plus de 63 % des votes mais aussi le noyau dur des gouverneurs autonomistes.
Evo Morales a, dès dimanche soir, annoncé une petite ouverture en direction de l'opposition, se disant prêt à dialoguer sur le projet de la constitution avec les gouverneurs, auxquels il a en outre présenté «ses respects». «Pour une fois, il a changé de ton et invite au dialogue», indique Hervé Do Alto, chercheur en science politique.
Le dialogue entre le gouvernement socialiste et l'opposition, libérale et conservatrice, est totalement bloqué depuis plus de six mois au sujet des dossiers brûlants que sont le projet de nouvelle constitution, les autonomies régionales et la répartition de l'impôt sur les hydrocarbures (IDH), principale ressource de la Bolivie, le pays le plus pauvre d'Amérique du sud.
Selon Franck Poupeau, sociologue de l'Institut français d'études andines (IFEA), basé à La Paz, le dialogue entre le président et les gouverneurs va se révéler délicat, notamment avec Ruben Costas, puissant gouverneur de Santa Cruz qui a prononcé dimanche soir un violent discours contre le chef de l'État.
Ruben Costas a même annoncé l'application immédiate de deux mesures prévues dans le statut d'autonomie: la création d'un bureau des impôts et d'une force de police régionale.
Mais si, selon le sociologue, le MAS, le parti d'Evo Morales, est «peut-être prêt à lâcher du lest», le président «ne lâchera pas pour l'IDH et la nationalisation des hydrocarbures».
La question de l'IDH est importante pour les régions qui comptent sur cet impôt (600 millions par an) que l'État a déjà récupéré. Par conséquent, c'est tout le financement des régions et leur autonomie même qui sont en jeu.
«L'affrontement portera sur l'IDH, car s'ils [les gouverneurs] n'ont pas de ressources, l'autonomie ne servira à rien», souligne M. Poupeau. «Le vrai enjeu c'est l'impôt sur les hydrocarbures», insiste-t-il.
Cependant, fort de sa victoire au référendum, qui a «relégitimé Evo», le gouvernement de gauche prévoit faire passer son projet de constitution par référendum.
Les résultats du référendum révocatoire de dimanche en Bolivie ont confirmé le premier président d'origine indigène de Bolivie, avec plus de 63 % des votes mais aussi le noyau dur des gouverneurs autonomistes.
Evo Morales a, dès dimanche soir, annoncé une petite ouverture en direction de l'opposition, se disant prêt à dialoguer sur le projet de la constitution avec les gouverneurs, auxquels il a en outre présenté «ses respects». «Pour une fois, il a changé de ton et invite au dialogue», indique Hervé Do Alto, chercheur en science politique.
Le dialogue entre le gouvernement socialiste et l'opposition, libérale et conservatrice, est totalement bloqué depuis plus de six mois au sujet des dossiers brûlants que sont le projet de nouvelle constitution, les autonomies régionales et la répartition de l'impôt sur les hydrocarbures (IDH), principale ressource de la Bolivie, le pays le plus pauvre d'Amérique du sud.
Selon Franck Poupeau, sociologue de l'Institut français d'études andines (IFEA), basé à La Paz, le dialogue entre le président et les gouverneurs va se révéler délicat, notamment avec Ruben Costas, puissant gouverneur de Santa Cruz qui a prononcé dimanche soir un violent discours contre le chef de l'État.
Ruben Costas a même annoncé l'application immédiate de deux mesures prévues dans le statut d'autonomie: la création d'un bureau des impôts et d'une force de police régionale.
Mais si, selon le sociologue, le MAS, le parti d'Evo Morales, est «peut-être prêt à lâcher du lest», le président «ne lâchera pas pour l'IDH et la nationalisation des hydrocarbures».
La question de l'IDH est importante pour les régions qui comptent sur cet impôt (600 millions par an) que l'État a déjà récupéré. Par conséquent, c'est tout le financement des régions et leur autonomie même qui sont en jeu.
«L'affrontement portera sur l'IDH, car s'ils [les gouverneurs] n'ont pas de ressources, l'autonomie ne servira à rien», souligne M. Poupeau. «Le vrai enjeu c'est l'impôt sur les hydrocarbures», insiste-t-il.
Cependant, fort de sa victoire au référendum, qui a «relégitimé Evo», le gouvernement de gauche prévoit faire passer son projet de constitution par référendum.
Haut de la page

