Raul Castro se détourne de ses réformes
28 juillet 2008
Amérique Latine
La Havane — Raul Castro a semblé renoncer pour l'heure aux «changements structurels» promis l'an dernier pour Cuba, préférant, dans son adresse à la nation prononcée le 26 juillet, avertir ses compatriotes de l'arrivée prochaine de mauvaises nouvelles et se concentrer sur la rénovation des infrastructures du pays.
Sur le plan international, il n'a pas donné suite non plus à ses offres de dialogue avec Washington, avertissant au contraire que l'armée cubaine ne baisserait pas sa garde, même en cas de l'élection en novembre du démocrate Barack Obama, favorable à une détente avec l'île communiste.
Dans son discours prononcé samedi soir à Santiago, le successeur de Fidel Castro a déclaré aux Cubains qu'ils devaient «s'habituer à ne pas recevoir que des bonnes nouvelles», en raison de la flambée des cours mondiaux du pétrole et des denrées alimentaires.
Et ce, même si son gouvernement «continuera de faire tout ce qui est à sa portée pour continuer d'avancer et de réduire au minimum les conséquences inévitables sur la population de la crise internationale actuelle».
Un an après son discours de Camagüey, Raul Castro, 77 ans, n'est revenu sur aucun des «changements structurels et conceptuels» qui ont été promis pendant qu'il était encore président intérimaire et qui ont suscité de grands espoirs dans la population.
Tout juste a-t-il évoqué, citant son frère aîné, «les erreurs liées à l'idéalisme que nous avons commises dans la gestion de l'économie» dans le passé et qu'il faut «savoir rectifier avec courage».
Mais, «si grande soit notre envie de résoudre chaque problème, nous ne pouvons dépenser plus que ce que nous avons», a-t-il averti, soulignant la nécessité «incontournable de faire des économies sur tout, et d'abord sur le combustible».
Les premières réactions de la population, recueillies hier, semblaient critiques: «J'espérais autre chose, des mesures, des changements, mais non, rien. Tout continue comme avant. Pour moi, il n'y a rien de neuf, rien de bon, vu que les choses vont empirer», a commenté Yolanda Fernández, 43 ans.
«Il a dit que ça allait mal, mais que ça allait être pire. Mais c'est que les gens ne veulent pas travailler», a réagi José Soler, un gardien de stationnement.
L'économiste dissident Oscar Espinosa, libéré de prison en 2005, s'est déclaré «surpris de la fadeur» du discours présidentiel, et, selon lui, «le secteur pur et dur a fait pression, il y a une tendance qui va s'imposer pour mettre un terme aux réformes [...]. Ils sont parvenus à paralyser les changements.»
«Rien n'a été dit des offres en direction de Barack Obama; au contraire, on a parlé de guerre, d'efforts belliqueux», a-t-il relevé.
Pour autant, l'ancien ministre de la Défense a longuement détaillé les chantiers en cours, annonçant qu'il en contrôlerait «mois par mois le calendrier» d'exécution et sanctionnerait les responsables en cas d'échec, à propos notamment du «gigantesque investissement» dans la rénovation du système d'aqueduc dans le sud de l'île.
À côté d'importants projets pour l'exploitation du nickel, la production de ciment et les mines, la pétrochimie «occupe un place particulière», a-t-il dit, notamment dans les secteurs du raffinage, des engrais et des PVC.
Dans les transports, secteur parmi les plus mal en point, «la preuve a été faite que, avec 30 % des ressources actuelles, on peut faire le même travail», a-t-il affirmé.
Depuis l'officialisation de la succession en février, les principales mesures prises par Raul Castro ont consisté à distribuer les terres en friche aux petits exploitants privés, à repousser l'âge de la retraite, à déplafonner des salaires et à libérer l'accès aux téléphones portables et aux ordinateurs.
Sur le plan international, il n'a pas donné suite non plus à ses offres de dialogue avec Washington, avertissant au contraire que l'armée cubaine ne baisserait pas sa garde, même en cas de l'élection en novembre du démocrate Barack Obama, favorable à une détente avec l'île communiste.
Dans son discours prononcé samedi soir à Santiago, le successeur de Fidel Castro a déclaré aux Cubains qu'ils devaient «s'habituer à ne pas recevoir que des bonnes nouvelles», en raison de la flambée des cours mondiaux du pétrole et des denrées alimentaires.
Et ce, même si son gouvernement «continuera de faire tout ce qui est à sa portée pour continuer d'avancer et de réduire au minimum les conséquences inévitables sur la population de la crise internationale actuelle».
Un an après son discours de Camagüey, Raul Castro, 77 ans, n'est revenu sur aucun des «changements structurels et conceptuels» qui ont été promis pendant qu'il était encore président intérimaire et qui ont suscité de grands espoirs dans la population.
Tout juste a-t-il évoqué, citant son frère aîné, «les erreurs liées à l'idéalisme que nous avons commises dans la gestion de l'économie» dans le passé et qu'il faut «savoir rectifier avec courage».
Mais, «si grande soit notre envie de résoudre chaque problème, nous ne pouvons dépenser plus que ce que nous avons», a-t-il averti, soulignant la nécessité «incontournable de faire des économies sur tout, et d'abord sur le combustible».
Les premières réactions de la population, recueillies hier, semblaient critiques: «J'espérais autre chose, des mesures, des changements, mais non, rien. Tout continue comme avant. Pour moi, il n'y a rien de neuf, rien de bon, vu que les choses vont empirer», a commenté Yolanda Fernández, 43 ans.
«Il a dit que ça allait mal, mais que ça allait être pire. Mais c'est que les gens ne veulent pas travailler», a réagi José Soler, un gardien de stationnement.
L'économiste dissident Oscar Espinosa, libéré de prison en 2005, s'est déclaré «surpris de la fadeur» du discours présidentiel, et, selon lui, «le secteur pur et dur a fait pression, il y a une tendance qui va s'imposer pour mettre un terme aux réformes [...]. Ils sont parvenus à paralyser les changements.»
«Rien n'a été dit des offres en direction de Barack Obama; au contraire, on a parlé de guerre, d'efforts belliqueux», a-t-il relevé.
Pour autant, l'ancien ministre de la Défense a longuement détaillé les chantiers en cours, annonçant qu'il en contrôlerait «mois par mois le calendrier» d'exécution et sanctionnerait les responsables en cas d'échec, à propos notamment du «gigantesque investissement» dans la rénovation du système d'aqueduc dans le sud de l'île.
À côté d'importants projets pour l'exploitation du nickel, la production de ciment et les mines, la pétrochimie «occupe un place particulière», a-t-il dit, notamment dans les secteurs du raffinage, des engrais et des PVC.
Dans les transports, secteur parmi les plus mal en point, «la preuve a été faite que, avec 30 % des ressources actuelles, on peut faire le même travail», a-t-il affirmé.
Depuis l'officialisation de la succession en février, les principales mesures prises par Raul Castro ont consisté à distribuer les terres en friche aux petits exploitants privés, à repousser l'âge de la retraite, à déplafonner des salaires et à libérer l'accès aux téléphones portables et aux ordinateurs.
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