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Environnement - La production d'éthanol à partir du maïs menace le golfe du Mexique

10 mars 2008  Amérique Latine
Vancouver — La production croissante d'éthanol à partir du maïs aux États-Unis menace l'écosystème du golfe du Mexique, en y créant une «zone morte» qui s'agrandit, avertit une étude canado-américaine rendue publique aujourd'hui.

L'intensification prévue de la production américaine d'éthanol constituerait «un désastre pour le golfe du Mexique», prédit Simon Donner, de l'université de Colombie-Britannique, coauteur avec Chris Kucharik de l'université du Wisconsin de cette étude publiée sur le site des Annales de l'Académie nationale américaine des sciences (PNAS).

En effet, note-t-il, les engrais azotés utilisés dans la culture de maïs se déversant dans les cours d'eau sous forme de nitrates, favorisent le développement d'algues dont la décomposition absorbe l'oxygène dissous dans l'eau. Les engrais utilisés dans des États comme l'Illinois (nord), l'Iowa (centre), le Nebraska (centre) ou le Wisconsin (nord), constituent la première cause de pollution du fleuve Mississippi et de ses affluents, qui se jettent dans le Golfe du Mexique.

Chaque été, le déversement de nitrates crée dans le Golfe du Mexique une «zone morte», étendue d'eau dépourvue d'oxygène, observée pour la première fois il y a une trentaine d'années, et atteignant aujourd'hui quelque 20 000 km2.

Déjà plus de 140 raffineries

Ce phénomène d'eutrophisation rend l'eau impropre à la vie aquatique: «Les organismes des fonds marins qui ne peuvent pas bouger vont probablement mourir, tandis que les poissons vont s'enfuir», explique M. Donner à l'AFP.

Cette situation touche aussi la pêche, mais cette activité «n'a pas la même valeur économique que la production de maïs» pour les États-Unis, regrette-t-il.

L'étude, se basant sur des modèles informatiques pour quantifier les effets de la culture de maïs sur la pollution des cours d'eau, conclut que si les États-Unis respectent leur plan en matière de production d'éthanol, la pollution azotée qui affecte le Mississippi et son affluent, la rivière Atchafalaya, augmentera de 34 %.

En 2007, le président George W. Bush avait fixé comme objectif de produire annuellement 1300 milliards de litres d'éthanol, carburant «vert» sur lequel son pays compte pour réduire sa dépendance pétrolière, d'ici 2017. Et le Sénat américain a annoncé un plan pour une production encore plus intensive d'ici 2022.

Les États-Unis comptent déjà plus de 140 raffineries produisant quelque 19 milliards de litres d'éthanol par an.






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