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Le Klondike latino-américain

Guy Taillefer   19 janvier 2008  Amérique Latine
La victoire de Tambogrande inspire aujourd’hui des efforts de mobilisation un peu partout en Amérique latine, à Intag, par exemple, en Équateur
Photo : Agence France-Presse
La victoire de Tambogrande inspire aujourd’hui des efforts de mobilisation un peu partout en Amérique latine, à Intag, par exemple, en Équateur
La résistance civile est-elle soluble dans la promesse de mirobolants contrats miniers? L'Amérique latine est devenue avec l'Afrique, depuis les années 1990, un Eldorado pour les compagnies minières canadiennes, et le Pérou est l'un des pays (avec le Mexique et le Chili) à faire l'objet des plus grandes convoitises — non sans provoquer d'importants remous sociaux. L'extraction minière heurte un mode de vie fondé sur l'agriculture, déplace des populations, pollue l'air et les rivières, défigure le paysage.

Ainsi le Pérou est-il le premier producteur mondial de paprika et d'asperges, mais aussi le deuxième producteur mondial d'argent, le quatrième producteur au monde de cuivre et le premier producteur d'or en Amérique latine. Pas étonnant que, selon la statistique relevée par le Comité pour les droits humains en Amérique latine, 70 % des investissements directs du Canada au Pérou ciblent le secteur minier.

L'industrie minière n'en fait la plupart du temps qu'à sa tête et les gouvernements locaux font, sauf exception, des yeux doux aux investisseurs étrangers en procédant, au besoin, par intimidation contre les opposants aux projets d'exploitation. Aussi les indigènes de la petite ville péruvienne de Tambogrande font-ils l'histoire en 2002 en parvenant à faire stopper, à l'issue d'un référendum local tenu sous observation internationale où le non l'a emporté à 98 %, le projet d'exploitation de cuivre que se proposait d'y réaliser la société canadienne Manhattan Minerals Corporation (MCC).

La victoire de Tambogrande inspire aujourd'hui des efforts de mobilisation un peu partout en Amérique latine. Ceux contre le projet aurifère Marlin de la canado-américaine Glamis Gold, au Guatemala. Ceux contre Ascendant Copper, à Intag, en Équateur. Ceux contre la mine d'argent de Metallica, à San Luis Potosi, au nord du Mexique. Ceux aussi au Chili, contre le projet Pascua-Lama de la multinationale canadienne Barrick Gold, premier producteur d'or au monde, et contre celui d'aluminerie de Noranda à Alumysa...

Le 16 septembre dernier, trois districts de la région de Piura, au nord du Pérou, organisaient à leur tour un référendum sur l'implantation d'une minière, britannique celle-ci, Monterico Metals, au confluent de plusieurs rivières irriguant leur vallée agricole: 94 % des votants se sont opposés au projet.

L'État péruvien a jusqu'ici refusé de prendre en considération les résultats. «Le président Alan García a traité les gens de communistes et de terroristes», raconte Marina Herrera Facundo, une activiste récemment de passage à Montréal.

Certains voient dans ces batailles l'émergence d'un «nouvel environnementalisme». Myriam Laforce, chercheuse pour le Groupe de recherche sur les activités minières en Afrique (GRAMA), à l'UQAM, fait la constatation suivante: «Si le mouvement syndical a longtemps représenté le principal contrepoids au pouvoir de l'industrie dans le secteur des ressources naturelles, on assiste depuis peu à un certain déplacement du front de mobilisation, des travailleurs vers les communautés locales voisines des projets, qui définissent désormais à leur manière les enjeux du conflit.»






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  • Luc Pouliot
    Abonné
    samedi 19 janvier 2008 20h50
    L`activité miniere déplace l'activité agricole
    « Les populations ruraux au Pérou ont comme activité principal l'agriculture. Activité que permet la sécurité alimentaire pour les péruviens et une source de revenus pour les familles du secteur rural. L'activité miniere apporte des travaux à moyen terme, contamine les sources d'eau, endommage les terres et les profits ne restent pas au Pérou. Les canadiens investisseurs probablement profitent du revenu des entreprises minieres canadiennes mais les conséquences sociaux de ces profits dans les pays comme le Pérou sont nefastes. Il ne faut pas oublier que pour contribuer à améliorer la sorte des autres humains dans le planète, il faut agir localement en pensant globalement.Les péruviens seulement exigent respect à leurs reivindications et surtout à leur droit à un environnement sain.
    Clara Rodriguez »

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