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Chávez reprend l'offensive

6 décembre 2007  Amérique Latine
Caracas — Le président vénézuélien Hugo Chávez a annoncé hier qu'il n'avait pas renoncé à atteindre les objectifs de sa réforme constitutionnelle, malgré son rejet par référendum dimanche, en évoquant implicitement la possibilité d'une initiative populaire.

«Le peuple a la capacité de s'emparer de mon initiative et de la modifier afin de faciliter sa compréhension», a déclaré M. Chavez, lors d'un entretien à la télévision, diffusé dans la nuit de mardi à hier.

«Le débat sur la transformation de l'État n'est pas achevé. Alors que l'opposition continue de célébrer sa victoire à la Pyrrhus, c'est le moment de commencer la réflexion et l'autocritique véritable», a-t-il ajouté.

Le président, qui a reçu du parlement il y a un an les pleins pouvoirs pour une période de 18 mois, a le droit de décréter des lois, prévues à l'origine dans sa réforme, à la condition qu'elles ne touchent pas le socle constitutionnel. Il peut aussi en user pour organiser des élections en vue d'une assemblée constituante, chargée de rédiger une nouvelle Constitution.

«À ceux qui viennent en disant que la révolution a subi une défaite, qu'on me permette de leur dire que la révolution est renforcée» et qu'elle «est là pour durer», a conclu le président vénézuélien.

Après son entretien à la chaîne officielle VTV (Venezolana de Television), M. Chávez a fait une apparition sur ses ondes pour nier avoir été contraint par l'armée d'admettre son échec, au soir de la défaite électorale de dimanche, comme l'en accusent une partie de l'opposition et la presse vénézuélienne.

«Un tel pouvoir créatif, ce serait dommage que le journaliste ne l'utilise pas pour écrire des contes ou des romans. Au mieux, il va nous donner un prix Nobel de littérature», a ironisé le chef de l'État lors d'une conférence de presse en présence de l'ensemble de l'état-major de l'armée.

Il s'en est à nouveau pris à la chaîne d'information américaine CNN, responsable selon lui d'une «manipulation [...] au niveau mondial». «CNN, how are you?», a-t-il lancé en anglais.

Il a aussi profité de son discours pour donner des signes d'apaisement à l'intention du gouvernement espagnol, avec lequel il avait «gelé» les relations, à la suite de son altercation avec le roi Juan Carlos qui lui avait demandé de «se taire» lors du dernier sommet ibéroaméricain au Chili.






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