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Réformes constitutionnelles - Référendum serré au Venezuela

Lisa-Marie Gervais   3 décembre 2007  Amérique Latine
Hugo Chávez
Photo : Agence Reuters
Hugo Chávez
Suspense total au Venezuela où les résultats du référendum organisé par le président Hugo Chávez demeuraient toujours incertains au moment de mettre sous presse peu avant minuit hier. Des ministres qui disaient se baser sur les plus récents sondages accordaient la victoire au chef d’État, tandis que l’opposition prétendait que le «non» était en avance de huit points. Seule la faible participation aux urnes semblait faire l’unanimité.

Si les résultats définitifs confirment une victoire du «oui» au plébiscite pour réformer la Constitution, les 69 amendements souhaités par Hugo Chávez conféreront plus de pouvoir à l’exécutif et permettront au président élu de briguer un nombre illimité de mandats présidentiels et de jeter les bases de la construction d’un État socialiste. Le «paquet électoral» permettra par exemple au président de contrôler la banque centrale et les réserves de change, de réduire à six heures la journée de travail, de baisser l’âge légal pour voter à 16 ans au lieu de 18 ans et d’offrir une protection sociale aux travailleurs informels, comme les vendeurs ambulants.

Dans un appel calme, le vice-président vénézuélien, Jorge Rodríguez, a reconnu que la victoire était très serrée et a dit qu’il allait attendre les résultats du Conseil national électoral (CNE) avant de réagir.

«Nous respecterons la décision de l’arbitre (CNE) quelle qu’elle soit, qu’on gagne ou qu’on perde, ne serait-ce que par un vote», a-t-il indiqué. Sous le couvert de l’anonymat, trois ministres avaient plus tôt confié que les premiers résultats préliminaires, alors qu’il restaient 20% des bureaux de scrutin à dépouiller, donnaient la victoire à Hugo Chávez par 6 points de pourcentage.

Si ces tendances se confirment, il s’agira de la plus courte victoire — et la plus difficile — pour Hugo Chávez, lui qui a été régulièrement et si facilement vainqueur des élections depuis son accession au pouvoir. Les résultats préliminaires de ce «quitte ou double» contrastent vivement avec ceux de l’élection présidentielle de décembre 2006, où le chef d’État avait triomphé aux urnes avec 60% des vois et un faible taux d’abstention.

Un pari risqué
Même s’il n’avait jamais perdu un seul scrutin depuis son élection en 1999, le référendum s’avérait un pari risqué pour le président vénézuélien. Tout le long de la campagne, les sondages prédisaient un résultat très serré entre le «oui» et le «non». Face à ses détracteurs, Hugo Chávez était même allé jusqu’à dire que le référendum était un plébiscite sur sa personne, ce qui renforçait la pression sur lui.

Tout juste avant le scrutin, il avait même parié qu’il remporterait ce référendum avec une marge de 10 points de pourcentage. «Nous accepterons les résultats quels qu’ils soient», avait néanmoins déclaré Hugo Chávez à des journalistes, tenant dans ses bras son petit-fils, après avoir voté. «Les Vénézuéliens n’ont jamais autant voté que pendant ces neuf années de révolution pacifique et démocratique», a-t-il laissé entendre.

Samedi, la veille du référendum, l’ancien officier parachutiste , proche allié de Cuba et de l’Iran, avait menacé les États-Unis, dans le cas d’une contestation du scrutin ou d’accusations de fraude, de lui couper l’approvisionnement en pétrole.

Le président âgé de 53 ans a d’ailleurs multiplié les attaques contre les États-Unis. «Celui qui votera “oui” votera pour Chávez et celui qui votera “non” votera pour George Bush, président des États-Unis», avait-il lancé à ses partisans vendredi lors d’un rassemblement géant à Caracas.
Lors d’un récent sommet, il avait également gelé les relations du pays avec l’Espagne depuis que le roi Juan Carlos lui a demandé de «la fermer» en pleine discussion et il a également menacé samedi d’expulser du pays la compagnie pétrolière espagnole Repsol si la droite revenait au pouvoir en Espagne.

Enfin, Chávez a encore fait parler de lui tout récemment lorsqu’il a rompu les liens diplomatiques avec la Colombie pour contester la décision du président colombien Alvaro Uribe de mettre fin à sa médiation dans l’affaire des otages des FARC.

Président à vie?
Pour l’opposition, les nouveaux pouvoirs de Hugo Chávez lui laisseront les mains libres pour imposer un régime dictatorial. Les partisans du chef d’État contrôlent le Congrès et, selon ses détracteurs, la Cour suprême et la commission électorale lui sont également acquises.
L’opposition, longtemps désunie, a finalement été revigorée par un mouvement étudiant anti-Chávez qui est apparu en mai dernier lors de la fermeture par les autorités de la chaîne de télévision privée RCTV, hostile au chef de l’État.

Jeudi dernier, l’opposition à la réforme constitutionnelle avait d’ailleurs organisé sa plus importante démonstration de force. Les défenseurs des droits de l’homme étaient aussi montés aux barricades, car l’une des nouvelles mesures voulues par le chef d’État pourrait, selon eux, permettre de censurer les médias.

D’autres détracteurs dénoncent vertement le projet de «socialisme du XXIe siècle» du chef de file de la gauche anticapitaliste en Amérique latine, le jugeant liberticide.
Lors de son vote, Doris Gordonne, une citoyenne vénézuélienne, a expliqué qu’elle rejetait la réforme, car elle voulait «la démocratie et pas un président à vie». «Le socialisme n’est pas un avenir pour mes enfants», avait-elle ajouté. Ce n’était pas l’avis de Ruben Gonzalez, gardien dans un collège. «J’admire Chávez pour tout ce qu’il a fait pour les pauvres», a confié cet homme de 43 ans.

Le gouvernement mise sur le charisme personnel de l’actuel président, qui a bâti sa popularité dans les quartiers pauvres grâce aux programmes sociaux financés par la manne pétrolière, pour surmonter un mouvement de contestation sans précédent.

Référendum sans incidents
«Une fois de plus, le Venezuela a montré au monde entier qu’il était un pays démocratique», a déclaré Mme Tibisay Lucena, présidente du Conseil national électoral, en se félicitant de la forte participation et du bon déroulement du scrutin qui s’est terminé en fin d’après-midi hier.
Aucun incident notable n’aurait été signalé durant le vote, qui s’est tenu sous la surveillance de plus de 100 000 soldats et de milliers d’observateurs internationaux, sauf peut-être une légère polémique dans certains bureaux de vote, où l’indébilité de l’encre apposée sur le doigt des électeurs pour les empêcher de voter plusieurs fois a été mise en doute. Ce soupçon a finalement été rejeté par les autorités électorales.

Aucune mission de l’Union européenne ou de l’Organisation des États américains n’a été envoyée pour superviser les opérations de vote effectuées par machines automatiques, le gouvernement ayant préféré d’autres observateurs internationaux, choisis par la majorité et l’opposition.

Le port d’armes, ainsi que les manifestations à caractère politique, ont été interdits à l’occasion du référendum dans ce pays, où le taux d’homicides par arme à feu est l’un des plus élevés au monde.

Le Devoir avec Agence France-Presse, Reuters et El Pais






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  • Serge Charbonneau
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    lundi 3 décembre 2007 07h25
    Victoire de Chavez, défaite pour les fabricants d'images
    « Le grand méchant loup de l'Amérique du Sud a perdu.
    Le dictateur stalinien, hitlérien, l'autoritaire ne pourra mettre en place sa réforme.
    Le plus grand ami de Fidel, le pire ennemi de George...

    Va-t-il sortir son armée, sa police pour écraser ceux du peuple qui n'ont pas voulu de sa réforme?
    Va-t-il utiliser la méthode Musharaff: emprisonner l'opposition, censurer la presse, couper les communications, réprimer les manifestations, pour réinstaller la démocratie comme au Pakistan?
    Lorsque l'opposition sera bâillonnée, peut-être enlèvera-t-il sa chemise rouge pour bien montrer son côté démocratique, comme Musharaff a enlevé son uniforme pour revêtir un costume démocratique impeccable et Washington va-t-il sourire?


    Le peuple a décidé que la bête noire de Washington s'était trompée.
    Ce peuple dominé, acheté, vendu, a-t-il eu le dernier mot, dimanche dernier?
    Mais qu'est-ce donc que la démocratie?

    Lorsque l'option de Washington est gagnante, le processus est démocratique. Le terrible méchant Chavez a perdu: 50.7% pour le NO et 49.3% pour le Si dans le bloc A (articles modifiés de la constitution de 1999, présentés par Chavez en octobre 2007
    et 51.05% pour le NO contre 48.95% pour le Si dans le bloc B (les articles proposés ajoutés par la suite de lors d'une tournée de réunions de citoyens, du genre Bouchard-Taylor).

    Une fois de plus, la dictature vénézuélienne a donné une leçon de démocratie au monde entier. Le peuple vénézuélien continue de mener sa destinée comme il l'entend.


    Bien sûr que ce n'est pas un échec référendaire (on connaît ça, ici, au Québec) qui va faire en sorte que les partisans d'une réforme constitutionnelle vont baisser les bras et tout abandonner. Tout comme ceux qui veulent renverser Chavez n'ont jamais baissé les bras, même en perdant trois élections et deux référendums.

    Chose sûre, si le résultat avait été inverse, si le OUI l'avait remporté avec cette si mince majorité, les cris de FRAUDE, auraient fusé de partout. Washington aurait rapidement déclaré ses grandes préoccupations face à ce processus antidémocratique frauduleux!
    Toutes les chaînes privées auraient lancé des cries stridents de FRAUDE. Le résultat n'aurait pas été accepté et l'incitation à la violence aurait été lancée pour jeter le pays dans le chaos afin de mettre en place les ingrédients à une autre tentative de coup d'État (démocratique (sic)).
    Je suis soulagé que le NON l'ait emporté. Je craignais énormément pour mes amis vénézuéliens. J'avais peur que la frustration de l'opposition les pousse vers une guerre civile.

    Même si, maintenant, ce référendum est chose du passé, la politique vénézuélienne et sud-américaine continueront de cheminer vers une amélioration des conditions de vie des Sud-américains. La défaite de ce référendum renforcera peut-être la crédibilité de Chavez.
    Son attitude, sereine et humble face à ce résultat devrait être profitable pour son image. Mais, bien sûr, l'image d'un dirigeant politique ne se façonne pas par ses actes et ses réalisations, mais plutôt par la manipulation médiatique.
    Pour preuve, nous n'avons qu'à sonder l'Amérique avec la question: " Qui représente le mieux la dictature, Chavez ou Musharaff? "

    Analysons les médias, comptons combien d'articles de mise en garde contre ce "régime dictatorial vénézuélien" et combien d'articles sur la marche dans le chemin de la démocratie du "gouvernement" de Musharaff?

    Les médias suivent des courants imposés par de mystérieuses marées. On a accordé beaucoup beaucoup d'article sur Kasparov emprisonné 5 jours, mais combien sur Imran Khan, emprisonné sept jours et mis en résidence surveillée?

    On s'intéresse plus aux échecs, qu'au cricket, me direz-vous! Pourtant, ces deux hommes ont un statut totalement équivalent!

    Les attaques médiatiques cibleront maintenant la réforme bolivienne qui veut accorder plus de sécurité au peuple indigène. Morales sera le méchant malade qui va étouffer économiquement son pays en tentant de nationaliser les principales compagnies multinationales qui exploitent les richesses du pays en laissant certaines retombées pour quelques riches familles boliviennes. Comme on ne perd pas une occasion de rappeler que Chavez est un ancien putschiste, on n'en perd pas une pour rappeler que Morales est ce drogué qui préconise la culture de la coca! Puis il y a ce Correa et ce Ortega ressuscité. Chavez, ce fils spirituel de Castro, le chef des méchants qui s'enrichissent au détriment des pauvres compagnies pétrolières, gazières, bananières, sucrières,... Ces méchants qui achètent leurs électeurs des milieux pauvres. Ces méchants qui étranglent les profits de ces entrepreneurs qui développent leurs pays depuis de longues décennies et qui luttent (sic) contre la pauvreté. Ces méchants qui exploitent (sic) la pauvreté.

    Tout comme Chavez et le mouvement socialiste bolivarien ne baisseront pas les bras, les médias, ces sculpteurs de l'image, ne cesseront pas de mettre en garde le monde entier contre ces monstres qui luttent avec les pauvres afin répandre la dignité à tous.

    Avec ce résultat, ce n'est pas Chavez qui perd le plus, ce sont ces fabricants d'images.
    Une défaite monumentale de ces fabricants de dictatures pour certains pays et camoufleurs de dictatures pour certains autres.

    Vive la démocratie, la vraie.


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Daniel Lapierre
    Inscrit
    lundi 3 décembre 2007 15h39
    Défaite de la désinformation! Chavez un vrai démocrate!
    « En reconnaissant sa défaite lors du référendum du 2 décembre, Hugo Chavez vient de prouver à ses détracteurs et au monde entier, qu'il est un vrai démocrate. Un démocrate de la même trempe que Simon Bolivar. L'opposition et l'oligarchie fêtent peut-être aujourd'hui son départ prochain, mais cette réjouissance sera à mon avis des plus éphémère. Mëme si Hugo Chavez disparaissait demain matin de la vie politique vénézuelienne, son courage, sa détermination et les espoirs toujours bien vivants que ses réalisations auront fait naitre dans les coeurs de tants de vénézueliens et de supporters à travers le monde, finiront par triompher de la poignée de riches qui tentent par tous les moyens de retrouver le contrôle honteux qu'ils avaient auparavant. Longue vie à la République Bolivarienne du Vénézulela !, à tous ceux qui la supporte à travers le monde et à son leader encore et toujours bien présent dans le coeur de tous. La lutte pour une vie plus juste pour tous, sera plus longue que celle prévue et souhaitée, mais l'issue ne fait maintenant plus aucun doute... Prenons exemple sur notre très estimé Hugo et unissons notre foi et notre courage pour des lendemains meilleurs! La flamme de l'espoir qu'il a fait naitre dans tous ces coeurs, jamais ne s'éteindra juaqu'à la victoire!

    Dann,
    Trois-Rivières, Canada »

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