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Chávez fait fuir la classe moyenne

Guy Taillefer   8 novembre 2007  Amérique Latine
Au cours des dernières semaines, plusieurs manifestants ont dénoncé la nouvelle version de la Constitution qui sera soumise à référendum le 2 décembre prochain.
Photo : Agence France-Presse
Au cours des dernières semaines, plusieurs manifestants ont dénoncé la nouvelle version de la Constitution qui sera soumise à référendum le 2 décembre prochain.
Le controversé Hugo Chávez vient de faire voter par son Assemblée nationale une réforme constitutionnelle qui l'autorisera, clament ses détracteurs, à rester au pouvoir à vie. La nouvelle version de la Constitution sera soumise à référendum le 2 décembre prochain. L'affaire met de nouveau le feu aux poudres dans les rues de Caracas.
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  • Serge Charbonneau
    Abonné
    jeudi 8 novembre 2007 06h25
    Courage, fuyons, ou la solidarité de la classe aisée
    « « Un Vénézuélien sur trois envisagerait de quitter le pays s'il en avait les moyens »

    Ce type de déclaration, frappant l'imaginaire, nous laisse croire à un important mouvement de désapprobation des politiques du gouvernement vénézuélien.

    Nous serons fixé le 3 décembre prochain, c'est-à-dire, au lendemain du référendum sur la réforme constitutionnelle.
    Plusieurs observateurs étrangers devraient être sur place pour nous informer de la validité de cette consultation populaire.

    La lutte des classes se poursuit au Venezuela. Les mêmes arguments sont employés depuis l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement qui agit pour les intérêts de tous sans oublier les plus démunis. C'est une révolution dans la gouverne du pays, auparavant, jamais aucun gouvernement ne s'était occupé de la classe des démunis, des laissés-pour-compte, des nombreux indigènes vivants dans des coins les plus reculés du Venezuela, qui n'étaient même pas considérés comme étant des citoyens vénézuéliens à part entière, c'est-à-dire, n'ayant aucun droit.

    La classe aisée, s'active une fois de plus, à mettre le feu aux poudres. Prenez le temps d'écouter sur internet les postes privés comme Globovision ( http://www.globovision.com/channel.php?cha=1 ), ou sur RCTV ( http://www.rctv.net/Programacion/Programacion.aspx) , l'émission "El Observador" ( http://streaming.impsat.net.ve/RCTV ), vous verrez toutes les calamités que le "régime" Chavez fait endurer à sa population. Ces télé-privés sont des centres de désinformation très actifs et ils demeurent le moteur des actions de l'oligarchie qui cherche constamment à inciter la population à la violence.
    Écouter, une seule émission de "El Observador sur RCTV, sans même comprendre l'espagnol et vous verrez ce que je tente d'expliquer. Si vous ne jugez pas que ce poste poursuit sans relâche l'incitation à la violence, je serais surpris.

    En contre poids, il faut aussi visionner les reportages qui se rendent interroger les Vénézuéliens des barrios. Même Barbara Walter de ABC, qui a osé s'y rendre, en est ressortie avec des commentaires positifs concernant les "misiones" de Hugo Chavez. ( http://abcnews.go.com/International/story?id=2953838&page=1 ).

    Chávez et sa «révolution bolivarienne» font peur.
    C'est bien vrai pour certains. Il faut voir à qui cette revolución fait peur.
    Aux compagnies multinationales qui ne peuvent plus exploiter sans vergogne les richesses de ce riche pays et laisser 70% (taux de pauvreté avant l'arrivée de Chavez, 55,1% en 2003 et à 30,4% en 2006) de la population vivre dans des conditions d'extrême pauvreté.
    À l'oligarchie, ces quelques centaines de familles qui possédaient l'ensemble du pays.
    Aux États-unis qui considèrent l'Amérique latine comme étant leur réservoir de ressources et qui ont toujours favorisé les dictatures sud-américaines pour pouvoir exploiter sans entraves tout ce continent.

    On parle du taux d'inflation de 16%, on oublie de dire que l'inflation était de 36% en 1998 et même de 100% en 1996 et qu'un taux de 16% pour un pays en développement est tout à fait normal, on ne peut comparer un 16% au Venezuela à un 16% ici, ou en Europe.
    Vous payez votre essence plus d'un dollar du litre (essence importée du Venezuela, même si, en Alberta, on produit autant de barils/jour que les Vénézuéliens) et eux le paient 5 sous le litre. Depuis la nationalisation, ils sont fiers de dire que le pétrole leur appartient. Une manne dont ils profitent. Ici, une manne qui profite à...

    Par contre, il est vrai que le Venezuela demeure le pays le plus violent d'Amérique du Sud. La délinquance est chronique. Pendant six mois de vie au Venezuela, j'ai appris à me retourner à tous les 5 pas, pour voir si j'étais suivi, j'ai appris à ne marcher que dans les rues très passantes, j'ai appris à ne pas acheter plus d'un sac d'épicerie à la fois. C'était en 2004. Il est à espérer qu'avec le recul de la pauvreté, la violence recule lentement.
    Violence et corruption. Les Vénézuéliens vivent avec ces fléaux depuis des décennies.

    L'autoritarisme de Chavez, son contrôle serré dans tous les secteurs, se comprend facilement, lorsque l'on sait l'immobilisme que peut engendrer la corruption. Sans autoritarisme, le pays aurait toujours 70% de pauvreté, la violence serait toujours au même niveau. Regardons l'Afghanistan. En six longues années d'occupation, quel est le résultat? CORRUPTION, voilà en bonne partie le pourquoi de ce résultat désastreux. L'occupant marchande avec les corrompus qui mettent les millions dans leur poche et la population meurt dans sa crasse, subit la guerre et les femmes, qu'on disait vouloir libérer, souffrent derrière leur burka.
    La corruption, on connaît le mot, mais on ne connaît pas, ici, ses effets terribles. C'est un autre aspect que j'ai pu très bien évaluer lors de mon séjour vénézuélien. Terrible la corruption, bien pire que l'autoritarisme. Et, d'après moi, seul un président, autoritaire avec les corrompus, peut faire avancer les choses.
    Je fais toujours confiance au peuple vénézuélien. Je persiste à regarder le résultat des scrutins. J'ai aussi très bien constaté les bienfaits des "misiones" et l'espoir dans ses yeux qui me regardaient et ses coeurs qui se confiaient. J'ai rencontré des centaines de personnes prêtes à donner leur sang pour leur président, car il croit en lui comme on peut croire en dieu. Oui, c'est fou, n'est-ce pas? Croire en lui comme en dieu!
    D'autres croient voir le diable en lui. C'est aussi fou. Dans notre monde où l'axe du mal affronte l'axe du bien, le diable des uns est le dieu des autres et vice versa.

    M. Taillefer aurait avantage à prendre quelques minutes de son précieux temps et écouter RCTV qui existe toujours sur le câble et sur internet. Ainsi que la neutralité de Globovision (sic). Ici notre opposition siège au parlement, au Venezuela, elle a choisi de ne pas se présenter aux élections législatives laissant le parlement entièrement aux bolivariens et pouvant ainsi les accuser de favoriser un parti unique. Cette même manoeuvre qui renversa les sandinistes du Nicaragua en 1989. Il y a aussi eu le coup d'État raté. M. Taillefer devrait se pencher sur le rôle qu'a joué RCTV lors du coup d'État d'avril 2002. Toute cette incitation à la violence est très bien documentée et des reportages ont été diffusés, même à Radio Canada, pour dénoncer cette manoeuvre. Les organisateurs, conseillés par Washington, croyaient répéter le 11 septembre 1973 du Chili.

    «Cuba bis?»
    Oui, Cuba bis! La PEUR! La peur du grand démon communiste. Avez-vous peur, mes amis? Ne voyez-vous pas que ce socialisme du XXI siècle est pour contrôler le monde!

    Vite, les armes avant qu'il ne soit trop tard, comme déclarait l'ancien président vénézuélien, Carlos Andrés Pérez, directement de Miami, le 25 juillet 2004 dans le journal vénézuélien "El Nacional"
    "Je travaille à chasser Chavez du pouvoir. La violence va nous le permettre. C'est le seul chemin que nous avons" ... Chavez "doit mourir comme un chien, car il le mérite".

    Ces déclarations sont celles des partisans de la démocratie et qui luttent pour la liberté.
    Carlos Andrés Pérez poursuivait, lors de la même entrevue : "Nous ne pouvons pas nous débarrasser de Chavez et vivre tout de suite en démocratie (... ) Nous avons besoin d'une période de transition de deux ou trois ans, pour fonder un État dans lequel l'état de droit va prévaloir (...) Une junte doit gouverner durant cette transition et créer les bases démocratiques pour le futur". Comme Musharaff fait présentement au Pakistan.
    Moi, ce n'est pas la "revolución" qui me fait peur, c'est la démocratie, comme au Pakistan, en Irak, en Afghanistan et aussi chez nos voisins et même, de plus en plus, chez nous!
    (guerre, retour à la peine de mort, écoute électronique, détention arbitraire, procès sans défense, condamnation sans preuve, torture à distance... réunions secrètes de puissants et d'élus derrière des portes closes...)

    Chavez dit, Chavez fait. Quand Chavez fait, il le dit, il l'explique. La transparence, la démocratie, la consultation. On peut toujours faire peur, c'est facile, on croit plus facilement la rumeur que la réalité et on sait depuis longtemps, qu'un mensonge répété plusieurs fois devient réalité.

    Il faut faire confiance au peuple vénézuélien. C'est lui qui vit avec ces changements politiques. C'est lui qui décidera si oui ou non, il appuie ou non la réforme proposée.

    D'ici là, on ne cessera de nous faire peur. Ce gros rougeaud de Chavez, la bête noire de Washington, le démon en personne. Qui d'autre qu'un démon, peut oser dire à l'ONU, que le diable a passé et que ça sent encore le souffre en parlant du bon président Bush?

    Qui donc sommes-nous pour décider de ce qui est bon pour les Vénézuéliens?

    Heureusement, M. Taillefer termine son article alarmiste, en rapportant les propos de Jose Roberto Duque. Un résumé efficace qui résume, en peu de mots, toute la propagande actuelle.

    Pour vraiment nous faire une opinion éclairée sur la situation vénézuélienne, nous avons vraiment besoin d'informations sur le terrain. Mais on nous offre de l'opinion de courriel et d'agence de désinformation. Le Devoir devrait vous envoyer au Venezuela M. Taillefer, en espérant que vous sortiez d'Altamira, de Mercedes ou de ses quartiers cossus qui craignent le diable communiste. Le Venezuela est grand... et, bien sûr, plein d'insécurité.


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Normand Chaput
    Abonné
    jeudi 8 novembre 2007 09h14
    merci monsieur Charbonneau
    « j habite depuis quatre ans en amerique latine et je peux temoigner que de toute facon la liberte de presse n existe pas.

    Mais je trouve troubant que dans le meme journal, celui-ci, on nous passe un courier d un tunisien du fond de sa prison et le commentaire d une venezuelienne qui perd de son pouvoir d achat.
    Ben Ali Chavez meme combat?
    Pas sur »

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