dimanche 22 novembre 2009 Dernière mise à jour 11h52


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

«Bijoux de famille» de la CIA - Du poison pour Castro

27 juin 2007  Amérique Latine
Washington — La CIA a tenté au début des années 60 d'assassiner le président cubain Fidel Castro avec des pilules empoisonnées grâce à l'aide d'un membre de la mafia de Las Vegas, selon un dossier sur les activités illégales de l'agence de renseignement rendu public hier.

Le dossier d'environ 700 pages, qui porte sur une période allant des années 50 aux années 70, était très attendu par les historiens, même si l'essentiel avait été révélé dans les années 70 dans la presse et lors d'enquêtes parlementaires.

Le scandale avait alors entaché la réputation des services de renseignement américains et entraîné une réforme de la CIA et du FBI (police fédérale) ainsi qu'un contrôle accru de leurs activités par le Congrès.

Le dossier désormais déclassifié par la CIA a été mis en ligne par un institut de recherche, la National Security Archive de l'université George Washington (http://www.gwu.edu/~nsarchiv).

Le document décrit ainsi comment l'agence de renseignement, grâce à un intermédiaire, avait pris contact en 1960 avec Johnny Roselli, un membre de la mafia à Las Vegas, qui avait des relations indirectes avec des Cubains. 150 000 $ furent proposés mais Roselli refusa l'argent.

Six pilules contenant un poison mortel furent livrées à un responsable cubain, Juan Orta, qui avait accès à Castro. «Après plusieurs semaines de tentatives, Orta a apparemment eu peur et a demandé à se retirer» du projet, peut-on lire dans le dossier.

Un autre Cubain fut recruté, le Dr Anthony Verona, un des principaux chefs de la «commission des exilés cubains». Contre 10 000 $, il se déclara prêt à organiser l'assassinat. Mais le projet fut annulé après l'épisode de la baie des Cochons, une tentative ratée d'invasion de Cuba en 1961 par des exilés cubains soutenus par les États-Unis.

«Verona fut prévenu que l'offre était retirée et les pilules furent récupérées», souligne le dossier.

Le document, baptisé ironiquement «Bijoux de famille» par la CIA, détaille également d'autres projets d'assassinat de dirigeants étrangers, dont Patrice Lumumba, père de l'indépendance de la République démocratique du Congo, et Rafael Trujillo, dictateur de la République dominicaine.

Filatures et mises sur écoute de journalistes américains, surveillance de militants antiguerre du Vietnam, ouverture de courrier en provenance et en direction de la Chine et de l'Union soviétique, dont quatre lettres destinées à l'actrice Jane Fonda, et cambriolages au domicile d'anciens employés de la CIA font aussi partie des activités illégales recensées.

La CIA, chargée par le gouvernement américain de collecter des renseignements et de mener des opérations clandestines à l'étranger mais pas sur le territoire américain, a également financé des recherches destinées à tester les «réactions à certaines drogues».

Le dossier avait été commandé en mai 1973 par le directeur de la CIA de l'époque, James Schlesinger, après qu'il eut découvert l'implication de l'agence de renseignement dans le scandale du Watergate, qui a finalement conduit à la démission du président Richard Nixon en 1974.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Pour en savoir plus
Article
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009