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Guatemala - Menchu sera candidate à la présidentielle

8 février 2007  Amérique Latine
Rigoberta Menchu
Photo : Agence Reuters
Rigoberta Menchu
Guatemala — La Guatémaltèque Rigoberta Menchu, Prix Nobel de la paix en 1992, a annoncé qu'elle serait candidate à l'élection présidentielle de septembre prochain au Guatemala dans un entretien accordé au quotidien Siglo XXI publié hier.

«À l'heure actuelle, notre équipe, notre initiative, notre groupe, les gens qui m'entourent, nous sommes décidés à déposer une candidature présidentielle», a déclaré la dirigeante, qui lutte depuis des années pour une meilleure représentativité de la majorité indienne en politique, actuellement marginalisée.

«Nous avons consulté [...]. On m'a prévenu des obstacles et des avantages. Les organisations et groupements représentatifs des populations indigènes ont donné leur opinion et nous avons décidé de participer», a ajouté Rigoberta Menchu. Mme Menchu avait récemment dit qu'elle se prononcerait sur sa candidature à la mi-mars.

Le parti politique de centre gauche Rencontre pour le Guatemala a proposé à Mme Menchu d'être sa candidate à la présidence, comme d'autres formations politiques. Elle avait dans un premier temps envisagé de fonder un parti dans la perspective des élections de 2012.

«J'apprécie les espaces qui sont en train de s'ouvrir et qu'on pense à moi comme candidate à la présidentielle, affirme-t-elle, mais il est nécessaire de se réunir avec les hautes instances de ces groupes pour mieux connaître leurs forces, leurs intentions, et entamer un dialogue.»

Très critique envers les partis politiques actuels dirigés par des Blancs, qui détiennent également le pouvoir économique, Mme Menchu exige des garanties de ses futurs partenaires politiques afin que soit accordée «une place entière et réelle aux peuples indigènes, pas seulement pour capter leurs voix, comme ce fut le cas dans le passé». Les Indiens du Guatemala — 60 % des 12,2 millions d'habitants — vivent dans la pauvreté.

Les grands partis du pays, de droite, la Grande Alliance nationale (GANA) du président Oscar Berger et le Front républicain guatémaltèque (FRG) de l'ex-dictateur Efrain Rios Montt, n'ont pas encore choisi leur candidat.

Le Prix Nobel de la paix milite pour que d'anciens dirigeants du Guatemala soient jugés pour l'assaut par les forces de l'ordre guatémaltèques en 1980 de l'ambassade d'Espagne à Guatemala, où 37 personnes ont été brûlées vives, dont son père.

En 2005, elle avait obtenu la condamnation pour discrimination raciale de hautes personnalités politiques du Guatemala qui l'avaient insultée pendant une audience de la Cour constitutionnelle, une première au Guatemala.






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