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L'histoire prise en otage

Christian Rioux   14 janvier 2006  Afrique
«L’esclavage est un crime contre l’humanité, pas un génocide. Le but des négriers n’était pas de faire disparaître les esclaves mais de les vendre», dit la vice-présidente du Comité français pour la mémoire de l’esclavage.
Photo : Agence Reuters
«L’esclavage est un crime contre l’humanité, pas un génocide. Le but des négriers n’était pas de faire disparaître les esclaves mais de les vendre», dit la vice-présidente du Comité français pour la mémoire de l’esclavage.
Paris — N'essayez pas d'interviewer Olivier Pétré-Grenouilleau ces jours-ci: il est impossible à joindre et refuse toutes les demandes d'entrevue. Cet historien discret étudie depuis des années un sujet passionnant et grave: la traite des Noirs. Ce n'est pas un hasard s'il habite Nantes, la ville d'où sont partis près de la moitié des navires négriers français.
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  • Francois Munyabagisha
    Inscrit
    mercredi 18 janvier 2006 06h39
    Procès de l'esclavage: un leurre
    « Concernant le texte publié dans l'édition du 14 janvier, signé Rioux, traitant de la qualification du crime d'esclavage d'il y a 2 siècle. Sincèrement, je crois que ni Napoléon ni quel autre criminel ne pouvait être le monstre que nous nous imaginons. Nous jugeons le monde d'hier lointain à travers le prisme des acquis d'aujourd'hui, et nous le faisons sans, à mon avis faire le lien avec l'avenir à inventer.

    Il n'y a pas un siècle que nos sociétés politisées ont renouvelé les lunettes de vision humaniste, en se dotant d'une charte universelle des droits et libertés. Cette charte ne fut pas inventée ex nihilo, elle n'exprime que dans des mots que nous comprenons, l'esprit des lois de Moïse et des enseignements de Jésus, Mohamed, etc. Génocide ou crime contre l'humanité, ça ne change rien à la monstruosité de la chose. Ce que ça change, c'est que ça nourrit des débats inutiles et des bouches de juristes qui n'inventeront jamais la pilule anti-criminelle.

    A mon avis, le procès de l'esclavage est un leurre, car, l'esclavage a été condamné, banni, et ne menace en rien d'être réhabilité. Et ce n'est pas en le qualifiant de génocide qu'on l'enterre à jamais. Et puis, qu'est-ce qu'un génocide pour la victime ou les proches de la victime?

    Et si je reviens à l'esclavage, je dirais aux avocats des uns et des autres que ni les esclaves, ni les esclavagistes sont parmi nous. Pour autant que personne ne parle de revenir à l'esclavage, la polémique me parait déplacée. Le vrai débat par contre devrait porter sur le sens d'éthique et la contribution des médias à la cristallisation des esprits criminels. Je prends à ce titre pour exemple Le Devoir qui publie ce long article mais n'aura jamais consacré une seule ligne au drame du Père Théunis à Kigali. Je trouve que les médias sont trop sensationnalistes, et de moins en moins humanistes. A mon avis, ils font la promotion des crimes et participent à leur cristallisation, croyant faire jaillir la lumière du choc des controverses. Pourquoi accorder tant d'espace à ces distractions? J'espère bien que c'est pour appeler au secours de la raison, tellement ceux qui font ce genre de procès se trompent d'horizon.

    Les descendants d'esclaves, de maîtres et d'esclavagistes n'ont aucun compte moral entre eux à régler, pas plus qu'avec l'humanité. S'il y a compte à régulariser, c'est sur le plan civil, car il est inconcevable que l'héritage issu d'un crime ne serve pas à réparer les dommages matériels causés par ce même crime. Là est le vrai débat, selon moi. »

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