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Parachutes dorés et faux billets - La rançon du succès des pirates somaliens

13 janvier 2009  Afrique
Une partie de la rançon pour le Sirius Star a éeé larguée par parachute sur le navire.
Photo : Agence Reuters
Une partie de la rançon pour le Sirius Star a éeé larguée par parachute sur le navire.
Nairobi — Le versement des rançons aux pirates somaliens, parachutées à bord même du bateau capturé ou plus traditionnellement contenues dans des valises transitant par les capitales d'Afrique de l'Est, réserve parfois de bien mauvaises surprises pour ces flibustiers modernes.

Lorsque le superpétrolier saoudien Sirius Star a été relâché vendredi, les quelque huit semaines de prise d'otage ont pris une tournure désastreuse pour une partie des pirates: six d'entre eux se sont noyés lorsque leur embarcation a chaviré, et avec eux une partie de la rançon a disparu.

«Leur petite embarcation était surchargée et allait trop vite [...] Les rescapés nous ont dit qu'ils craignaient une intervention d'une des marines étrangères pour tenter de les interpeller», a expliqué le chef de ce groupe de pirates, Mohamed Said.

Les pirates somaliens, essentiellement d'anciens pêcheurs et garde-côtes, ont mené plus de 100 attaques de navires en 2008, entraînant le déploiement de nombreux bâtiments de guerre étrangers dans la région.

Selon plusieurs pirates, la rançon versée pour la libération du Sirius Star, leur plus belle prise à ce jour, s'élève à trois millions de dollars. «Le gros de la rançon a été payé à terre, mais la part des pirates qui étaient encore à bord a été parachutée par un petit avion», a expliqué une source proche des négociations. Les pirates somaliens exigent le paiement des rançons en liquide, pour éviter toute trace, avec le risque certain de se voir remettre de la fausse monnaie.

Le Ponant, un trois-mâts de luxe français capturé en avril 2008, demeure gravé dans les mémoires des pirates somaliens comme l'un de leur pire souvenir. Des troupes d'élite française étaient intervenues à terre juste après le versement de la rançon et avaient arrêté six pirates présumés. Mais selon plusieurs hommes d'affaires du nord-est de la Somalie ayant requis l'anonymat, une partie de la rançon de 1,2 million de dollars comprenait des faux billets. «Je voulais conclure une affaire avec l'un des pirates [du Ponant] et j'ai vu que les billets étaient contrefaits. Dans une liasse, tous les billets avaient le même numéro de série», a-t-il relaté.

Depuis ces mésaventures, les pirates ont pris des mesures: ceux du Sirius Star disposaient ainsi d'une machine à compter les billets et d'un détecteur de faux billets. De même, ils n'acceptent que des billets de 100 et 50 dollars et ont des préférences pour certaines années de fabrication.

«Ils ne prendront pas de billets de 100 dollars de 1996 et ils essaient aussi d'éviter les billets très récents, de peur qu'on ne remonte leur trace plus facilement», a expliqué une source somalienne impliquée dans plusieurs négociations.

Quant au montant de la rançon, objet d'âpres débats entre pirates eux-mêmes, il prend le plus souvent en considération les frais engagés pendant la prise d'otage: nourriture à bord, fuel pour le générateur, sacs de khat (une plante euphorisante) pour les pirates et cigarettes pour l'équipage. La plupart de ces achats seront couverts par des hommes d'affaires locaux qui «investissent» sur un groupe de pirates.

«Ils paieront pour la nourriture et les cigarettes, ils avanceront également les frais des proches des pirates, en espérant recevoir une récompense lorsque les gars reviendront à terre avec l'argent de la rançon», explique cette source somalienne.






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