Dans la foulée de la décision de la Cour pénale internationale - Les Nations unies commencent à évacuer du personnel du Darfour
16 juillet 2008
Afrique
Photo : Agence Reuters
Des partisans du président soudanais ont manifesté hier contre la Cour pénale internationale.
Khartoum — Les Nations unies ont commencé hier à évacuer du personnel non essentiel du Darfour alors que des islamistes manifestaient à Khartoum en soutien au président Omar el-Béchir accusé de graves crimes devant un tribunal international.
«Le processus de redéploiement est en cours», a déclaré un responsable de l'ONU sous couvert de l'anonymat, au lendemain de l'appel du procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, à lancer un mandat d'arrêt contre le président soudanais qu'il a accusé de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, une province en guerre civile depuis 2003.
La force conjointe ONU-Union africaine au Darfour (MINUAD) a annoncé qu'elle transférerait en Éthiopie ou en Ouganda du personnel non essentiel malgré les assurances des autorités soudanaises de faire leur possible pour protéger soldats et travailleurs humanitaires.
Un premier contingent de 32 personnes a quitté Nyala, la capitale du Darfour du Sud, pour Entebbe en Ouganda, a indiqué Josephine Guerrero, porte-parole de la MINUAD. À Al-Facher, capitale du Darfour du Nord, 51 autres personnes n'ont pu être évacuées pour des «raisons techniques» et doivent partir aujourd'hui, selon cette porte-parole.
Des responsables soudanais et occidentaux ont prédit que la démarche de la CPI, considérée par beaucoup au Soudan comme une atteinte à la souveraineté nationale, pouvait provoquer des représailles contre les ambassades occidentales et les missions de paix de l'ONU au Darfour et dans le sud du pays.
Un redéploiement
L'ONU a cependant assuré que ses missions n'étaient pas remises en cause. «Nous nous sommes engagés à remplir nos obligations de maintien de la paix au Soudan ainsi que nos mandats et nos tâches. Nous voulons aussi faire remarquer que la sécurité du personnel de l'ONU, du personnel international et des ONG est primordiale», a déclaré Brian Kelly, porte-parole de l'ONU.
«Il ne s'agit pas d'une évacuation. Nous allons redéployer du personnel non essentiel de manière temporaire», avait assuré Joséphine Guerrero avant les premiers départs.
Le Soudan a critiqué ces départs. «C'est très malencontreux. Ils y procèdent malgré nos assurances répétées de leur offrir une protection, de leur permettre de faire leur travail quotidien», a dit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ali al-Sadiq.
La MINUAD a lié ces retraits à l'embuscade de mardi de la semaine dernière où huit soldats ont été tués et une vingtaine blessés par des miliciens.
En visite à Berlin, le chef de l'ONU Ban Ki-moon a appelé hier le gouvernement soudanais à pleinement coopérer avec les Nations unies et à protéger les quelque
16 000 travailleurs humanitaires internationaux au Soudan.
Des protestations
Par ailleurs, les protestations à l'appel du pouvoir dans la capitale soudanaise n'avaient mobilisé que quelques centaines de partisans du président Béchir en milieu de journée. Un groupe mené par un mouvement d'étudiants islamistes a marché de l'Université de Khartoum jusqu'aux bureaux du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l'ambassade de Grande-Bretagne. Près de 400 membres de tribus membres du Congrès national, le parti gouvernemental, ont organisé une autre manifestation devant le palais présidentiel.
Plusieurs pays, dont la Chine, ont mis en garde hier contre les risques d'une dégradation de la situation au Darfour. Des capitales réputées proches du Soudan ont dénoncé les conséquences négatives d'une telle requête.
La Chine, investisseur majeur au Soudan et qui est régulièrement accusée de fournir des armes au régime de Khartoum, a fait part de son «inquiétude».
En écho à la Chine, l'Iran a estimé que «toute pression des organisations internationales sur le gouvernement soudanais est inutile et ne fait que compliquer la situation au lieu de la régler».
Moscou s'est aussi interrogée sur la pertinence de la demande de M. Moreno-Campo.
Se joignant aux critiques, l'Égypte, voisine du Soudan, a mis en garde la CPI, jugeant «dangereux de traiter de manière irresponsable la situation au Soudan, ce qui [pourrait] mener à une dégradation de la sécurité».
Enfin, l'Afrique du Sud s'est dit sceptique. «Cette procédure prendra des mois, et même si elle aboutit, que se passera-t-il?», s'est demandé le ministre adjoint sud-africain aux Affaires étrangères, Aziz Pahad.
«Le processus de redéploiement est en cours», a déclaré un responsable de l'ONU sous couvert de l'anonymat, au lendemain de l'appel du procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, à lancer un mandat d'arrêt contre le président soudanais qu'il a accusé de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, une province en guerre civile depuis 2003.
La force conjointe ONU-Union africaine au Darfour (MINUAD) a annoncé qu'elle transférerait en Éthiopie ou en Ouganda du personnel non essentiel malgré les assurances des autorités soudanaises de faire leur possible pour protéger soldats et travailleurs humanitaires.
Un premier contingent de 32 personnes a quitté Nyala, la capitale du Darfour du Sud, pour Entebbe en Ouganda, a indiqué Josephine Guerrero, porte-parole de la MINUAD. À Al-Facher, capitale du Darfour du Nord, 51 autres personnes n'ont pu être évacuées pour des «raisons techniques» et doivent partir aujourd'hui, selon cette porte-parole.
Des responsables soudanais et occidentaux ont prédit que la démarche de la CPI, considérée par beaucoup au Soudan comme une atteinte à la souveraineté nationale, pouvait provoquer des représailles contre les ambassades occidentales et les missions de paix de l'ONU au Darfour et dans le sud du pays.
Un redéploiement
L'ONU a cependant assuré que ses missions n'étaient pas remises en cause. «Nous nous sommes engagés à remplir nos obligations de maintien de la paix au Soudan ainsi que nos mandats et nos tâches. Nous voulons aussi faire remarquer que la sécurité du personnel de l'ONU, du personnel international et des ONG est primordiale», a déclaré Brian Kelly, porte-parole de l'ONU.
«Il ne s'agit pas d'une évacuation. Nous allons redéployer du personnel non essentiel de manière temporaire», avait assuré Joséphine Guerrero avant les premiers départs.
Le Soudan a critiqué ces départs. «C'est très malencontreux. Ils y procèdent malgré nos assurances répétées de leur offrir une protection, de leur permettre de faire leur travail quotidien», a dit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ali al-Sadiq.
La MINUAD a lié ces retraits à l'embuscade de mardi de la semaine dernière où huit soldats ont été tués et une vingtaine blessés par des miliciens.
En visite à Berlin, le chef de l'ONU Ban Ki-moon a appelé hier le gouvernement soudanais à pleinement coopérer avec les Nations unies et à protéger les quelque
16 000 travailleurs humanitaires internationaux au Soudan.
Des protestations
Par ailleurs, les protestations à l'appel du pouvoir dans la capitale soudanaise n'avaient mobilisé que quelques centaines de partisans du président Béchir en milieu de journée. Un groupe mené par un mouvement d'étudiants islamistes a marché de l'Université de Khartoum jusqu'aux bureaux du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et l'ambassade de Grande-Bretagne. Près de 400 membres de tribus membres du Congrès national, le parti gouvernemental, ont organisé une autre manifestation devant le palais présidentiel.
Plusieurs pays, dont la Chine, ont mis en garde hier contre les risques d'une dégradation de la situation au Darfour. Des capitales réputées proches du Soudan ont dénoncé les conséquences négatives d'une telle requête.
La Chine, investisseur majeur au Soudan et qui est régulièrement accusée de fournir des armes au régime de Khartoum, a fait part de son «inquiétude».
En écho à la Chine, l'Iran a estimé que «toute pression des organisations internationales sur le gouvernement soudanais est inutile et ne fait que compliquer la situation au lieu de la régler».
Moscou s'est aussi interrogée sur la pertinence de la demande de M. Moreno-Campo.
Se joignant aux critiques, l'Égypte, voisine du Soudan, a mis en garde la CPI, jugeant «dangereux de traiter de manière irresponsable la situation au Soudan, ce qui [pourrait] mener à une dégradation de la sécurité».
Enfin, l'Afrique du Sud s'est dit sceptique. «Cette procédure prendra des mois, et même si elle aboutit, que se passera-t-il?», s'est demandé le ministre adjoint sud-africain aux Affaires étrangères, Aziz Pahad.
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