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Conflit en Géorgie - Des drones qui dérangent

5 mai 2008  Afrique
Soukhoumi, Géorgie — L'Abkhazie, république séparatiste pro-russe en Géorgie, a affirmé hier avoir abattu deux drones géorgiens, ce qu'a démenti Tbilissi, pourtant accusé par Moscou de «faire délibérément monter la tension» dans la région.

«Les forces anti-aériennes abkhazes ont détruit aujourd'hui [dimanche] deux drones géorgiens», a déclaré le «ministère» abkhaz de la Défense qui avait annoncé dans un premier temps la destruction d'un seul appareil.

Le «président» de la république séparatiste, Sergueï Bagapch, cité par les agences russes, a lui aussi fait état de deux avions abattus au-dessus des districts de Gali et d'Otchamtchiry (sud-est), des informations que Tbilissi a «catégoriquement démenties».

Selon Itar-Tass, M. Bagapch a informé le commandant des forces d'interposition de paix russes dans la république sur les incidents survenus à 16 h 5 et 16 h 51 locales. «Nous démentons catégoriquement la perte d'avions géorgiens. Aucun avion géorgien n'a survolé la région», a déclaré à l'AFP Chota Outiachvili, porte-parole du ministère géorgien de l'Intérieur.

«Les drones du ministère géorgien de l'Intérieur ont survolé, survolent et vont survoler l'espace aérien souverain de la Géorgie», a cependant déclaré le ministère géorgien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Il a qualifié les informations du «ministère» abkhaze de la Défense de «provocation de la Russie qui cherche à faire de la propagande pour une intervention militaire russe».

Moscou a de son côté accusé hier Tbilissi de «faire monter la tension délibérément» en envoyant des drones dans la zone «interdite» au-dessus de l'Abkhazie. «C'est la partie géorgienne qui sera responsable des conséquences d'une telle politique», assure la diplomatie russe. L'Abkhazie a dans le passé affirmé avoir détruit deux drones géorgiens, le 18 mars et le 20 avril. Le dernier incident a provoqué un regain de tension entre Moscou et Tbilissi et l'inquiétude de Washington.

La Géorgie a accusé la Russie le 21 avril d'avoir commis «un acte d'agression» affirmant que le drone avait été abattu par un avion russe. Les États-Unis se sont alors dits «très inquiets» et l'OTAN a demandé à la Russie et à la Géorgie des «clarifications» sur les circonstances de cet incident.

La Russie, accusant la Géorgie de préparer une «opération militaire» contre l'Abkhazie, a fait monter la tension d'un cran en annonçant mardi qu'elle augmentait son contingent sur le territoire abkhaze ainsi qu'en Ossétie du Sud.

Les troupes russes supplémentaires déployées jeudi en Abkhazie sont composées d'un millier d'hommes. L'Abkhazie, une bande de terre qui borde la mer Noire, a proclamé son indépendance unilatéralement au début des années 1990 et l'a défendue par les armes contre les forces géorgiennes.

Jusqu'ici, aucun pays n'a reconnu son indépendance, mais le président russe Vladimir Poutine a récemment ordonné à son gouvernement de «coopérer» avec les autorités d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud.






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