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La vie chère - 24 morts au Cameroun

N/A ZZZN/A   6 mars 2008  Afrique
Yaoundé — Les violences qui ont secoué le Cameroun la semaine dernière ont fait 24 morts, dont un policier, et plus de 1500 personnes ont été arrêtées, selon un nouveau bilan officiel annoncé hier par le ministre de la Communication, Jean-Pierre Biyiti Bi Essam.

Des défenseurs des droits de la personne camerounais ont accusé le gouvernement de Yaoundé d'avoir caché le véritable bilan des émeutes de la semaine dernière, qui serait d'au moins 100 morts.

Des émeutes ont éclaté la semaine dernière en marge d'un mouvement de contestation contre la vie chère et contre un projet de révision constitutionnelle qui autoriserait le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, à briguer un nouveau mandat en 2011.

«Il y a beaucoup de jeunes parmi les personnes interpellées, dont la quasi-totalité ont été prises en flagrant délit», a dit le ministre, évoquant des cas de casse et de vols en marge des manifestations. Une cinquantaine de personnes auraient déjà été condamnées à Yaoundé.

La Maison des droits de l'homme, une organisation camerounaise affiliée à la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), a déclaré hier que les émeutes dans plusieurs villes de l'Ouest ainsi qu'à Yaoundé et Douala, les capitales administrative et économique, avaient fait «plus de 100 morts».

«On peut déjà dire qu'il y a plus de 100 morts. Les informations remontent vers nous chaque jour et nous continuons à les affiner», avait affirmé la responsable de cette ONG, Madeleine Afité, estimant qu'il serait très difficile d'arriver à un bilan précis en raison «d'opérations d'intimidation menées par le pouvoir».

«Le bilan de Mme Afité est faux, je ne sais pas d'où vient ce chiffre», a protesté le ministre de la Communication. Détaillant le bilan officiel, il a expliqué que 19 personnes, dont un policier de Yaoundé, étaient mortes «au cours de confrontations entre manifestants et forces de l'ordre» et deux autres à Douala lors de «règlements de comptes entre pillards pour le partage du butin». Les trois dernières victimes ont été brûlées dà Muyuka, dans la province du Sud-Ouest, a-t-il conclu.






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