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Kenya - La police réprime de nouveau les manifestants

N/A ZZZN/A   18 janvier 2008  Afrique
Des policiers antiémeute ont procédé à l’arrestation d’un manifestant hier à Kibera, en banlieue de Nairobi.
Photo : Agence France-Presse
Des policiers antiémeute ont procédé à l’arrestation d’un manifestant hier à Kibera, en banlieue de Nairobi.
Nairobi — La police kényane a de nouveau durement réprimé hier les manifestations de l'opposition qui l'accuse d'avoir tué sept personnes à Nairobi, le bilan officiel étant de cinq morts dans tout le pays.

Les trois jours de manifestations (mercredi, hier et aujourd'hui), interdites par la police, ont été maintenues par le Mouvement démocratique orange (ODM) de Raila Odinga pour protester contre la réélection du président Mwai Kibaki le 27 décembre, accusé par son rival d'avoir fraudé.

À Nairobi comme à Kisumu et Eldoret, villes de l'ouest du pays, la police a fait usage de gaz lacrymogènes et de balles réelles hier.

Le dirigeant de l'opposition, Raila Odinga, qui accuse le gouvernement d'avoir truqué le scrutin présidentiel du 27 décembre, a dit à la presse que sept manifestants avaient été abattus à Nairobi.

«La police tire à volonté sur des civils innocents. [...] Le gouvernement a transformé ce pays en terrain de massacre d'innocents», a-t-il dit sans plus de précision.

Tout au long de la journée, la police a tiré à balles réelles et à blanc et fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des partisans de l'opposition, notamment dans les bidonvilles de Mathare et Kibera à Nairobi ainsi qu'à Kisumu et Eldoret.

À Mathare, des centaines de partisans d'Odinga faisaient face aux forces de l'ordre. À Kibera, des groupes de jeunes gens ont érigé des barrages et d'autres ont tenté de piller un train de marchandises avant que la police n'intervienne. À Eldoret, la police paramilitaire a tiré des gaz lacrymogènes dans l'hôpital public de la ville et à balles réelles à l'extérieur de l'établissement.

Au moins 14 employés ont été battus par les forces de l'ordre alors qu'ils tentaient d'empêcher la police d'entrer plus avant dans l'hôpital, a affirmé le responsable des relations publiques de l'hôpital, Tony Kirwa.

«Les manifestations continuent et nous n'allons être ni intimidés ni stoppés jusqu'à ce que nous atteignions notre but», a martelé hier le secrétaire général du Mouvement démocratique orange (ODM), Anyang Nyongo.

«La principale intention de l'opposition est de détruire le mode de vie des Kényans ordinaires. Elle ne prend pas en compte l'intérêt des Kényans», a rétorqué le porte-parole du gouvernement, Alfred Mutua.

Sur le plan diplomatique, les États-Unis ont rendu les deux leaders kényans «également responsables» de ces nouvelles violences, déplorant l'impasse politique dans le pays.

Le Commonwealth, dont le Kenya est membre, a jugé que les élections qui ont déclenché la crise «n'ont pas été aux normes internationales» dans la phase du comptage des voix.

Le Parlement européen a pour sa part demandé le gel de toute aide budgétaire au gouvernement kényan et l'organisation de nouvelles élections au cas où «un recomptage juste des voix s'avère impossible».

Enfin, l'ex-président tanzanien Benjamin Mkapa et Graça Machel, épouse de l'ex-président sud-africain Nelson Mandela, sont arrivés à Nairobi, où ils doivent participer à une médiation.

Le Kenya, jusqu'alors considéré comme un îlot de stabilité dans une Afrique de l'Est rongée par les conflits, est plongé, depuis la réélection de M. Kibaki, dans une crise qui a fait au moins 700 morts et provoqué le déplacement d'environ 200 000 personnes.

Les Nations unies ont à ce titre lancé un appel de fonds de 41,8 millions pour «apporter de l'aide humanitaire aux quelque 500 000 personnes touchées par les violences».






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