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La «démesure de la bonté»

Christian Rioux   4 janvier 2008  Afrique
En écoutant le Bye Bye 2007, un petit détail m'a frappé. Un fait insignifiant que personne n'aura sans doute remarqué dans ce foisonnement de gags et de sketchs souvent très drôles. Un clip sur le Darfour montrait trois Africains s'agitant devant une masure de terre. «On n'a pas peur du génocide», chantaient-ils en choeur sur l'air d'une chanson débile. Loin de moi l'idée de faire un procès à nos humoristes et d'exiger d'eux un diplôme en relations internationales avant d'écrire un gag. Convenons cependant que la plupart des spectateurs en auront conclu qu'un génocide sévit aujourd'hui au Darfour, une thèse pourtant contestée par les meilleurs spécialistes.

Mais pourquoi aller chercher des poux quand la cause est bonne? Peut-être parce que l'année 2007 a montré à quelles extrémités pouvait conduire une action humanitaire fondée sur des conclusions aussi simplistes. Le retour en France la semaine dernière des six militants de l'Arche de Zoé condamnés au Tchad a relancé ce débat.

On saura le 14 janvier prochain quelle peine purgeront dans leur pays Éric Breteau et ses cinq compagnons condamnés au Tchad à huit années de travaux forcés pour «tentative d'enlèvement d'enfants». Ce qu'on sait cependant, c'est que l'action de ces justiciers improvisés illustre les pires dérives de l'aide humanitaire.

Personne ne met évidemment en cause leurs bonnes intentions de départ. Il importe pourtant de comprendre comment elles ont pu mener à une sordide opération de rapt d'enfants qui, selon toutes les informations, n'étaient ni orphelins ni soudanais.

Alerté l'an dernier par la guerre civile qui sévissait au Darfour, l'ancien pompier volontaire du Val-d'Oise, Éric Breteau, se mit dans la tête d'y monter une opération semi-clandestine afin de sauver des enfants d'un génocide qui ne faisait pour lui aucun doute. Il importe de se souvenir que l'Arche de Zoé est née dans le véritable délire humanitaire qui a entouré le raz-de-marée asiatique de Noël 2004. On sait aujourd'hui que seule une partie des milliards amassés alors a véritablement servi à sauver des vies dans les pays frappés par le raz-de-marée. Une grande partie des dons a d'ailleurs dû être affectée à d'autres causes.

Pour relancer son organisation, Éric Breteau conçoit donc une opération de «sauvetage» d'un millier d'enfants. Ces enfants seront amenés en France via le Tchad sans autorisations ni visas. Une fois sur place, Breteau demandera pour eux le droit d'asile. Avant d'être arrêtés à Abéché par la police tchadienne, les membres de l'Arche de Zoé s'apprêtaient à faire monter dans un avion une centaine d'enfants en bonne santé qu'ils avaient soigneusement déguisés en blessés. Selon le gourou de l'organisation, le «droit d'ingérence» et la convention de Genève justifient un tel sauvetage au mépris des lois.

Ce Don Quichotte de l'humanitaire conçoit de plus le projet tout aussi fou de faire héberger ces enfants par des familles désireuses d'adopter. Le message diffusé dans des sites Internet spécialisés sera juste assez ambigu pour qu'un certain nombre de ces familles comprennent qu'on leur offrait un enfant en adoption.

Comme le sketch de Rock et Belles Oreilles, le site Internet de l'Arche de Zoé n'hésite pas à utiliser le mot génocide pour parler du Darfour. Cette semaine encore, on pouvait y lire qu'un enfant y meurt «toutes les cinq minutes». Pourtant, selon Rony Brauman, l'ancien président de Médecins sans frontières, il meurt aujourd'hui en tout et pour tout au Darfour moins de 200 personnes par mois. Une situation à ne pas confondre avec les 200 000 morts survenues entre 2003 et 2005 et qui n'empêche pas les deux millions de personnes déplacées de vivre dans une situation précaire. Loin d'être une cause abandonnée et ignorée, le Darfour mobilise en effet 13 000 travailleurs humanitaires dont l'action exemplaire donne des résultats. Il ne s'agit pas de dire que tout va bien au Darfour, loin de là, mais de remettre tout simplement les pendules à l'heure.

L'enlèvement organisé par Éric Breteau apparaît d'autant plus grave vu du Tchad et du Soudan que ces derniers interdisent formellement l'adoption internationale, comme tous les pays musulmans d'ailleurs. Mais qu'importent les cultures nationales quand il s'agit de faire le bien et de le faire vite. Breteau ne vient-il pas d'un coin du monde où le «droit à l'enfant» est de plus en plus banalisé, que ce soit par le recours à l'adoption internationale ou à la fécondation artificielle? C'est ainsi que quelques centaines de familles versèrent 1500 $ chacune à l'Arche de Zoé. Certaines sont d'ailleurs tellement convaincues de leur bon droit qu'elles songent toujours à poursuivre l'organisation pour ne pas avoir... livré la marchandise. Comme si les vrais travailleurs humanitaires ne savaient pas qu'un enfant, même pauvre et orphelin, est presque toujours mieux parmi les siens, même en temps de guerre.

Ce n'est pas la première fois que l'aide humanitaire succombe à une telle dérive. Qu'on se souvienne de cet autre projet fou, Mille enfants pour l'hiver, qui consistait à organiser le «sauvetage» de 1000 enfants en Bosnie. Chaque fois, la recette est la même. Elle ressemble comme deux gouttes d'eau à celle que Greenpeace suit depuis toujours pour faire pleurer le monde entier sur les bébés phoques: ignorance, enflure médiatique, sentimentalisme exacerbé et mépris des populations locales. Pour reprendre les mots de Rony Brauman, cette dérive consiste d'abord et avant tout à «réduire l'homme à ses souffrances et un peuple à une masse d'ayants droit».

D'ailleurs, un des meilleurs gags du Bye Bye 2007 ne dénonçait-il pas ce mépris? On y voyait une lectrice présenter les informations internationales. Pendant deux secondes à peine, l'écran montra une foule en délire. Et l'animatrice de conclure sur un ton rassurant: «Ouf! De retour chez nous...»






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  • Hubert Larocque
    Abonné
    vendredi 4 janvier 2008 01h10
    La cause des génocides
    « La cause des génocides.
    Parmi les réalités contemporaines, aucune ne suscite autant d'horreur et de désapprobation que le génocide. Cet affrontement explosif, aussi violent qu'imprévu, répond à ce que sont, dans l'ordre des phénomènes physiques, les éruptions volcaniques, les raz de marée, les ouragans, etc. Ce ne sont pas bien sûr des phénomènes nouveaux, l'histoire attestent qu'ils sont immémoriaux et appartiennent à des cycles qui balaient les incohérences et rétablissent l'ordre lésé des choses.
    Notre pratique et notre discours face à ces cataclysmes témoignent d'une incapacité à les comprendre, du refus même de descendre au fond des choses. Un discours vague, répétitif, dont le thème unique est une condamnation, une horreur suspecte à force d'être aveugle, et des opérations d'interposition qui empêchent l'expression de la violence sans en guérir la cause, ni instaurer un ordre nouveau. Le pourrissement d'une paix artificielle...
    Parmi les exigences les plus profondes de l'existence humaine, il y a une nécessité de cohérence dont la nation constitue la forme la plus ancienne et la plus constante d'organisation. L'identité nationale corrige l'entropie des inclinations sauvages, tout comme la maladie de l'individualisme moderne qui est une autre forme de retour à l'informel. Les peuples ne sont pas faits pour vivre ensemble, mais chacun dans l'espace et la sphère que des processus complexes, mûris sur une longue durée, lui ont défini. Méconnaître ce fait nous ramène à un âge primitif, sauvage, même s'il semble se présenter sous un nouveau nom, la mondialisation.
    Les génocides répondent à une accumulation de frustrations ethniques, de vivre ensemble forcé, de viol répété et insoluble de l'espace culturel vital. Les conditions créées par la mondialisation, même si elles apparaissent comme inédites, reproduisent en fait le règne de la force brutale, celui de l'argent absolu, et s'accompagnent d'une migration incontrôlée qui répètent les invasions des barbares qui ont fait crouler les grandes civilisations du passé. La promiscuité ethnique engendre une atmosphère à haute densité qu'une étincelle suffit à faire détoner.
    On nous dira que nous ne risquons pas ici de telles tragédies. Nous le voulons bien, puisque le fédéralisme nous a doucement, insidieusement privés de notre identité la réduisant à un signe linguistique de plus en plus séparé de notre âme nationale, et celle-ci de plus en plus diluée, imprécise et perdue dans une mémoire vague qui confond anglais, français et immigrant de tous horizons. On nous jette des pelletées de fêtes aux yeux pour éteindre le cuisant souvenir de ce que nous aurions pu être, de ce que nous avions commencé à être il y a 400 ans. Baudelaire dirait : « C'est que notre âme, hélas! n'est pas assez hardie ».
    Nous connaissons un châtiment plus grand que le génocide, celui d'une disparition à petit feu, interminable et consentie, une jubilation de la défaite et de l'avilissement politiques dont la Commission Bouchard-Taylor vient de nous donner la représentation implacable. »

  • jeanmart 41
    Inscrit
    vendredi 4 janvier 2008 02h39
    Autres petits détails
    « C EST SCANDALEUX D ECRIRE QU IL VAUT MIEUX RESTER DANS SON PAYS MEME SI L ON EST ORPHELIN ET QUE L ON CREVE DE FAIM.
    SI VOUS AVEZ EU LA CHANCE DE TETER LE SEIN DE MAMAN JUSQU A VOTRE MAJORITE ALORS DITE MERCI A VOTRE MERE EUX N EN N ONT PLUS.
    QUAND A LA DEMARCHE DE L ADZ CERTE MAL FICELEE IL N A JAMMAIS ETE QUESTION D ADOPTION ET JE CROIS QU IL FAUDRA DES ANNEES A L OPINION PUBLIC POUR FAIRE LA DIFFERENCE ENTRE L ADOPTION ET ETRE FAMILLE D ACCUEIL..... »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    vendredi 4 janvier 2008 07h11
    La croisade des derniers chrétiens humanitarisés?
    « Oui, c'est d'autant plus révoltant cette bonne conscience qu'elle est la suite logique de la culture chrétienne de l'Occident. Ce fond «d'amour », si fort dans certains pays à la recherche de leur identité, si présent dans notre culture et comportement occidental nous entraine à avoir en réalité une attitude bien précieuse, orgueilleuse de l'humanitaire. D'ailleurs, on voit très peu d'"humanitaire" venant des pays arabes ou asiatiques riches. Breteau a fait péter les bretelles de l'humanitaire à tel point que Kouchner ne s'est jamais exprimé à ce sujet de manière précise et claire. Le titre « la démesure de la bonté » est un titre si juste qu'il devrait devenir un excellent slogan pour démontrer les dangers de l'Occident dans sa bonté lorsqu'elle l'exprime en ayant « toujours » l'impression qu'elle est dans son bon droit. Nous avons ce phénomène dans l'Histoire humaine avec les colonies et les missions chrétiennes en Asie comme en Afrique. Il n'est pas dit que tous les enfants étaient tchadiens et le Tchad a même refusé les tests ADN pour vérifier si ces enfants l'étaient bien. Au cours du procès truqué ou arrangé, on prenait pour preuve des coupures de presse provenant de Paris-Match. »

  • Gilles Baillargeon
    Inscrit
    vendredi 4 janvier 2008 07h27
    Le bonheur est chez-nous.
    « La plus grande illusion que nous colportons partout dans le monde, est bien celle de faire croire que chez-nous c'est le bonheur et qu'ailleurs c'est l'enfer. Ainsi il faudrait croire que chez-nous tous les enfants sont heureux, bien nourris, en santés et bien éduqués. Il me semble que ce n'est pas ce que disent nos études et analyses. »

  • Pierre S. Adjété
    Inscrit
    vendredi 4 janvier 2008 08h54
    Éloge à l'inaction
    « Manifestement, notre ami Christian Rioux n'a rien à dire. Lorsque l'on a le privilège de la plume dans un organe d'information, il arrive que l'on se perde occasionnellement, en conjectures diverses. M. Rioux, votre texte est flou, mal inspiré au regard de votre introduction accrocheuse, et votre idée alambiquée développée par la suite, tout au plus pourrait se résumer à un éloge à l'inaction, bien traduite par ailleurs par ces propos étonnants : « Certaines sont d'ailleurs tellement convaincues de leur bon droit qu'elles songent toujours à poursuivre l'organisation pour ne pas avoir... livré la marchandise. Comme si les vrais travailleurs humanitaires ne savaient pas qu'un enfant, même pauvre et orphelin, est presque toujours mieux parmi les siens, même en temps de guerre. » Vous n'aurez rien compris à votre métier de journaliste. Mais je n'ose pas y croire et inscrirait ce papier sous le coup de l'erreur humaine.
    Tout au plus dans ce gag-là du Bye-Bye -votre prétexte, pourrait-on regretter que l'on n'ait pas eu recours à des comédiens de race noire, puisque d'autres "Participations spéciales", en dehors des membres du groupe RBO, ont bien meublé toute l'émission. De grâce, les distractions de fin d'année sont passées, parlez-nous pour de vrai maintenant, sans démesure d'indifférence, et en tout temps s'il vous plaît !

    Pierre S. Adjété »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    vendredi 4 janvier 2008 09h46
    Un petit cadenas, peut-être!
    « Quel peut-être le prétexte d'un tel texte issu d'un tel contexte on ne peut plus complexe, si ce n'est que la recherche du «laisser perplexe»? Si c'est le BYE BYE 2007 dont vous vouliez faire le mécheux éloge, une ligne bien tirée vous aurait amplement suffi. Si c'est le procès du pompier Éric Breteau que vous souhaitiez faire, c'est un épais bouquin qui aurait mieux servi votre sens de la démesure.

    Si c'est l'apologie des démocraties génocidaires de ce bas monde, c'est plutôt ... ... ... Si c'est l'inhumain détournement mondialisé des fonds de l'humanitaire, c'est plutôt ... ... ...

    Par ailleurs, ne trouvez-vous pas prétentieux et très risqué d'interroger la diplômation ainsi que les compétences «en relations internationales» que pourraient posséder les «ZOUFS» du gag montréalais et de crotter le Plateau de leur Grand Public dont «Tout le Monde Parle» (à Radio-Canada)? L'échelle de votre altitude a-t-elle autant de barreaux que vous semblez en avoir comptés? À vrai dire et même si les scribes qui mettent le cadenas censorial sur les bulles de leur prêchi-prêcha ne sont pas lus, n'auriez-vous pas mieux fait, aujourd'hui, de recourir au cadenas dont fait usage Lise Payette, pour son «souper de filles», puisqu'elle se foute éperdument d'être lue ou non, comme elle se fiche totalement de tous ceux et celles qui sont imperméables aux acides de ses orageuses bourrasques tout aussi sexistes que sectaires?

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 4 janvier 2008 09h46
    Se prendre pour Dieu
    « "To play God", comme on dit en anglais. Ces événements définissent indirectement mais avec une grande acuité ce qu'est la religion, même la religion laïcisé appelée l'humanitaire. On se croit tous les droits à partir de bonnes intentions bonnes. Quand donc l'homme aura-t-il l'humilité de reconnaître ce qu'il est, sans plus.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Hubert Larocque
    Abonné
    vendredi 4 janvier 2008 11h42
    La cause des génocides (revu et corrigé)
    « La cause des génocides.
    Parmi les réalités contemporaines, aucune ne suscite autant d'horreur et de désapprobation que le génocide. Cet affrontement explosif, aussi violent qu'imprévu, répond à ce que sont, dans l'ordre des phénomènes physiques, les éruptions volcaniques, les raz de marée, les ouragans, etc. Ce ne sont pas bien sûr des phénomènes nouveaux, l'histoire atteste qu'ils sont immémoriaux et appartiennent à des cycles qui balaient les incohérences et rétablissent l'ordre lésé des choses. Ce sont les corrections auxquelles n'avait pas su parer une raison étroite et bourgeoise.
    Notre pratique et notre discours face à ces cataclysmes témoignent d'une incapacité à les comprendre, du refus même de descendre au fond des choses. Des sermons « humanitaires », vagues, répétitifs, dont le thème unique est une condamnation, une horreur suspecte à force d'être aveugle, et des opérations d'interposition qui contraignent la violence sans en guérir la cause, ni instaurer un ordre nouveau. Le pourrissement d'une paix artificielle...
    Parmi les exigences les plus profondes de l'existence humaine, il y a une nécessité de cohérence dont la nation constitue la forme la plus ancienne et la plus constante d'organisation. L'identité nationale corrige l'entropie des inclinations sauvages, s'attaque à la maladie de l'individualisme moderne qui est une autre forme de retour à l'informel, à la primitivité asociale. Les peuples ne sont pas faits pour vivre ensemble, mais chacun dans l'espace et la sphère que des processus complexes, mûris sur une longue durée, lui ont défini. Méconnaître ce fait nous ramène à un âge primitif, sauvage, même s'il semble se présenter sous un nouveau nom, la mondialisation.
    Les génocides répondent à une accumulation de frustrations ethniques, de vivre ensemble forcé, de viol répété et insoluble de l'espace culturel vital. Les conditions créées par la mondialisation, même si elles apparaissent comme inédites, reproduisent en fait le règne de la force brutale, celui de l'argent absolu, et s'accompagnent d'une migration incontrôlée qui répète les invasions des barbares qui ont fait crouler les grandes civilisations du passé. La promiscuité ethnique engendre une atmosphère à haute densité qu'une étincelle suffit à faire détoner.
    On nous dira que nous ne risquons pas ici de telles tragédies. Nous le voulons bien, puisque le fédéralisme nous a doucement, insidieusement privés de notre identité la réduisant à un signe linguistique de plus en plus séparé de notre âme nationale, et celle-ci de plus en plus diluée, imprécise et perdue dans une mémoire vague qui confond anglais, français et immigrants de tous horizons. On nous jette des pelletées de fêtes aux yeux pour éteindre le cuisant souvenir de ce que nous aurions pu être, de ce que nous avions commencé à être il y a 400 ans. Baudelaire dirait : « C'est que notre âme, hélas! n'est pas assez hardie ».
    Nous connaissons un châtiment plus grand que le génocide, celui d'une disparition à petit feu, interminable et consentie, une jubilation de la défaite et de l'avilissement politiques dont la Commission Bouchard-Taylor vient de nous donner la représentation implacable. »

  • Gérard Lépine
    Abonné
    vendredi 4 janvier 2008 11h56
    humanitaires ou expatriés
    « Ces gens-là auraient dû rester au Tchad et même avoir le maximum de 16 ans. Ils ont fait plus de tort à tous les expatriés et autres humanitaires, pour ne rien dire des membres officiels des organismes internationaux que TOUS les saugrenus et colonialistes de l'Histoire.
    Je travaille à l'international depuis janvier 1968 et nous sommes maintenant fichés comme des minorités visibles et mal venues partout en Afrique. Je devais aller donner des cours de Planification stratégique à Cotonou et Lomé ce printemps, et l'on m'a avisé de ne pas m'y montrer avec mon passeport français mais bien avec le passeport canadien que je viens de renouveller (arrivé ce jour même du Consulat)!!!
    Quant au rallye Dakar, il a été annulé tout simplement.
    Sachons que les Africains, noirs, blancs ou magnrébins, sont CHEZ EUX, et qu'ils en ont marre, comme les Québécois, des Maudits Franças qui viennent leur faire la leçon. »

  • nicole ouellet
    Inscrite
    vendredi 4 janvier 2008 13h55
    Vessies pour lanternes
    « Ma question est: Pourquoi ces déguisements ( fausses plaies, faux pansements) si tout cela était que bonté?
    Les mensonges cachent la maguoille! Rapt d'enfants = adoption illégale = horreur des riches pour les pauvres = les vessies ne sont pas des lanternes »

  • Michaël Lessard
    Inscrit
    vendredi 4 janvier 2008 15h20
    Le problème: il faut connaître la déf légale du terme Génocide
    « Ici, je n'ai pas l'impression que l'auteur, Christian Rioux, a vraiment étudié les définitions légales des termes Génocide, Crimes contre l'humanité, etc.

    En gros, le nombre de décès n'est pas le critère important ni le « succès » dans la tentative de tuer un groupe de gens.

    Un Génocide, c'est un des types de crimes contre l'humanité, c'est-à-dire une violation planifiée, organisée et massive des droits humains fondamentaux.

    Le test juridique pour qualifier un Crime contre l'humanité de Génocide, c'est l'intention. Il faut que l'intention soit directement de détruire un groupe de gens à cause de leur « nature » ou de leur simple existence, culture, « race », etc. Si le groupe est ciblé pour des raisons politiques ou économiques, on dit alors que c'est un Crime contre l'humanité, des massacres, etc.

    Donc, un million de gens massacrés, ce n'est pas un Génocide au sens légal si l'intention n'était pas génocidaire selon la définition étroite du droit international humanitaire.

    Mais 5000 personnes tuées pour des motifs génocidaires, c'est un Génocide.


    Remarquez que je n'approuve pas cette définition actuelle parce que, en ce qui me concerne, je me fouts des intentions, parce que rien, rien, ne peut justifier un crime contre l'humanité. Cette définition rigide de Génocide est tellement collée aux atrocités subies par les victimes des Nazis, qu'elle ne s'applique à peu près jamais.

    Bref, c'est ironique après tout ce que je viens d'écrire, mais à quelque part on s'en fout si c'est le bon mot:
    10,000 personnes assassinées,
    c'est 10,000 crimes.

    - Michaël Lessard
    à Québec


    p.s.: « L'ONU estime que plus de 200.000 personnes sont mortes et au moins 2 millions déplacées au Darfour depuis le début des affrontements, en 2003, entre les forces gouvernementales et leurs alliés parmi les milices janjawids d'une part et les mouvements armés d'autre part. »

    www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=15509 »

  • Christian Tallon
    Inscrit
    samedi 5 janvier 2008 13h03
    Eviter génocides et tout ce qui s'en suit.
    « A chaque fois que quelque chose se passe dans le monde africain, on finit toujours par trouver des causes similaires :
    - Ventes d'armes
    - Luttes pour le pouvoir entre ethnies afin de se rapprocher de la manne de la corruption internationale.
    - Intérêts économiques occidentaux pétrole, matières premières etc ...
    En bref, toujours cet occident qui n'en finit pas de vendre des armes, exciter les convoitises et les haines autour des matières premières, venir soutenir humanitairement par les armes les conflits qu'il a lui-même indirectement généré.

    Tant qu'on ne sortira pas de ce schéma néo-impérial, il est à craindre que les choses aillent de mal en pis et que les crises se rapprochent avec à chaque fois plus d'intensité.

    Le droit international et des peuples est en miettes n'étant appliqué que lorsque l'occident le veut. L'occident détruit lui-même ce qu'il a mis quelques siècles à construire laborieusement !

    La première chose à faire serait de voter un moratoire total sur les ventes d'armes aux pays du sud. D'abord arrêter les capacités de massacres, puis laisser les économies se stabiliser selon leurs génies propres, rendre définitivement aux populations les revenus tirés de l'exploitation de leurs ressources (renégociation équitable des concessions).

    Ensuite et ensuite seulement, il y a une chance pour qu'il n'y ait plus de génocides, d'orphelins, d'arche de Zoé. Les intérêts économiques de quelques grands marchands d'armes et pétroliers sont en train de créer des cataclysmes à répétition dont chaque occidental fait les frais en payant ses impôts et ses taxes.

    Le commerce des armes est terriblement malsain. Il ressemble au commerce du Diable. Il devrait être tout simplement banni. Il n'est pas interdit d'être un peu idéaliste !!! Que ce soient les grandes démocraties qui soient les pires semeuses de mort sur la Terre rend un peu songeur ! »

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