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La «chose» surplombe le quartier pauvre de Ouakam, à Dakar, et fait face à l'Atlantique. Les pêcheurs du quartier regardent tristement la «chose» quand ils rentrent avec le fruit de leur maigre pêche, qui leur rapporte environ trois dollars chaque jour. Ils savent que la «chose» a coûté 35 millions à l'État sénégalais, qu'elle a été érigée sur des terrains cédés par l'État et que le propriétaire est le président du pays, le vieux et mégalomane Abdalouye Wade, qui s'en dit aussi le concepteur.
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Notre vision de la crise économique mondiale et de ses effets sur les populations est occidentale, une vision de riches qui parviennent à se débrouiller en s'appauvrissant un peu et en s'en accommodant. À la limite, on imagine qu'il en est ainsi partout dans le monde. Des difficultés, certes, mais pas de grands bouleversements, ni de catastrophes tragiques. Les gouvernements travaillent à relancer l'économie, à sauver les banques et les industries de première importance. Le Québécois qui perd son emploi bénéficie de l'assurance-emploi, au pire, de l'aide sociale. Les services publics demeurent gratuits, la société fonctionne et personne ne meurt de faim.
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Les histoires de notre enfance les dépeignaient comme des monstres presque surnaturels. Hollywood, et certains intellectuels, voudraient maintenant qu'on les voie comme de sympathiques délinquants qui vengent les pauvres en détroussant les riches. Mais les pirates ne sont rien de tout cela.