La nouvelle présidente chilienne - Les défis de Bachelet
17 janvier 2006
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Michelle Bachelet (à gauche) en compagnie de son prédécesseur Ricardo Lagos.
Santiago — Michelle Bachelet, première femme présidente du Chili, prendra ses fonctions le 11 mars en position de force pour mener à bien les ambitieuses réformes annoncées, mais, au-delà de la promotion annoncée de la place des femmes, les défis qu'elle devra affronter sont nombreux.
La candidate de la coalition de centre gauche (Concertation démocratique) sortante a remporté dimanche l'élection présidentielle avec 53,5 % contre 46,5 % pour son rival de droite, l'entrepreneur milliardaire Sebastian Piñera.
«Elle assumera son mandat avec un pouvoir accru puisqu'elle fait mieux que [son prédécesseur et mentor] Ricardo Lagos qui avait obtenu 51,3 %» en 1999, a expliqué Marta Lagos, directrice de l'institut de sondage Mori. La Concertation dispose aussi depuis le 11 décembre et pour la première fois depuis 16 ans, de la majorité au parlement.
L'opposition de droite répartie entre la formation modérée Rénovation nationale (RN) de M. Pinera et l'Union démocrate indépendante (UDI) des ultra-conservateurs, héritiers du régime Pinochet, de Joaquin Lavin, sort en outre très affaiblie du scrutin, selon la sociologue.
Si Mme Bachelet devrait bénéficier des désunions de l'opposition, son électorat a manifesté des attentes très fortes notamment en matière de droits des femmes et de lutte contre les inégalités sociales qui seront de grands défis pour son action gouvernementale.
«C'est fondamental d'incorporer la question de l'égalité des sexes à toute la politique parce que la discrimination est l'une des plus grandes causes de la pauvreté au Chili», a estimé Eugenio Tironi, sociologue qui prévoit de grands changements dans ce domaine.
Mme Bachelet a rappelé dimanche soir que son premier signe fort serait la formation d'un gouvernement paritaire comptant autant de femmes que d'hommes. L'ancienne ministre de la Santé et de la Défense promet aussi davantage de décentralisation, plus de pouvoir aux régions, et de diriger le pays en écoutant les citoyens.
Pour ses 100 premiers jours, son équipe a prévu 36 mesures, notamment: des soins gratuits dans les dispensaires pour les plus de 60 ans, des bourses éducatives pour les familles pauvres, davantage de garderies, un appui aux PME, l'inscription automatique des électeurs sur les registres, la création d'un ministère de l'Environnement, la lutte contre la délinquance avec 6000 policiers supplémentaires.
«Elle va les appliquer très vite, elles sont déjà financées, l'État a des fonds pour cela», a indiqué Andres Chellew, un avocat membre de l'équipe de campagne de Mme Bachelet qui gère le premier site ouvert en sa faveur dès 2004.
Mais la nouvelle présidente sera attendue au tournant pour la «grande réforme des retraites [promise] d'ici à 2010», devant garantir une couverture à la moitié des Chiliens ne touchant presque rien faute d'avoir pu cotiser ou pas suffisamment (employés à contrats précaires, femmes ayant arrêté de travailler pour élever leurs enfants).
Un autre dossier difficile pourrait être une hausse des redevances prélevées sur la production minière (déjà passées de 1 à 3 % à l'initiative de Ricardo Lagos): «cela ne figure pas à son programme, mais il est probable qu'elle le fera au grand dam des grandes compagnies minières», selon M. Chellew.
Sur le plan régional, elle devra gérer savamment ses relations avec les gouvernements de gauche de la région comme le nouvel exécutif bolivien d'Evo Morales, celui du Vénézuélien Hugo Chavez et avec le Pérou, surtout si Ollanta Humala arrive au pouvoir à la présidentielle en avril.
La candidate de la coalition de centre gauche (Concertation démocratique) sortante a remporté dimanche l'élection présidentielle avec 53,5 % contre 46,5 % pour son rival de droite, l'entrepreneur milliardaire Sebastian Piñera.
«Elle assumera son mandat avec un pouvoir accru puisqu'elle fait mieux que [son prédécesseur et mentor] Ricardo Lagos qui avait obtenu 51,3 %» en 1999, a expliqué Marta Lagos, directrice de l'institut de sondage Mori. La Concertation dispose aussi depuis le 11 décembre et pour la première fois depuis 16 ans, de la majorité au parlement.
L'opposition de droite répartie entre la formation modérée Rénovation nationale (RN) de M. Pinera et l'Union démocrate indépendante (UDI) des ultra-conservateurs, héritiers du régime Pinochet, de Joaquin Lavin, sort en outre très affaiblie du scrutin, selon la sociologue.
Si Mme Bachelet devrait bénéficier des désunions de l'opposition, son électorat a manifesté des attentes très fortes notamment en matière de droits des femmes et de lutte contre les inégalités sociales qui seront de grands défis pour son action gouvernementale.
«C'est fondamental d'incorporer la question de l'égalité des sexes à toute la politique parce que la discrimination est l'une des plus grandes causes de la pauvreté au Chili», a estimé Eugenio Tironi, sociologue qui prévoit de grands changements dans ce domaine.
Mme Bachelet a rappelé dimanche soir que son premier signe fort serait la formation d'un gouvernement paritaire comptant autant de femmes que d'hommes. L'ancienne ministre de la Santé et de la Défense promet aussi davantage de décentralisation, plus de pouvoir aux régions, et de diriger le pays en écoutant les citoyens.
Pour ses 100 premiers jours, son équipe a prévu 36 mesures, notamment: des soins gratuits dans les dispensaires pour les plus de 60 ans, des bourses éducatives pour les familles pauvres, davantage de garderies, un appui aux PME, l'inscription automatique des électeurs sur les registres, la création d'un ministère de l'Environnement, la lutte contre la délinquance avec 6000 policiers supplémentaires.
«Elle va les appliquer très vite, elles sont déjà financées, l'État a des fonds pour cela», a indiqué Andres Chellew, un avocat membre de l'équipe de campagne de Mme Bachelet qui gère le premier site ouvert en sa faveur dès 2004.
Mais la nouvelle présidente sera attendue au tournant pour la «grande réforme des retraites [promise] d'ici à 2010», devant garantir une couverture à la moitié des Chiliens ne touchant presque rien faute d'avoir pu cotiser ou pas suffisamment (employés à contrats précaires, femmes ayant arrêté de travailler pour élever leurs enfants).
Un autre dossier difficile pourrait être une hausse des redevances prélevées sur la production minière (déjà passées de 1 à 3 % à l'initiative de Ricardo Lagos): «cela ne figure pas à son programme, mais il est probable qu'elle le fera au grand dam des grandes compagnies minières», selon M. Chellew.
Sur le plan régional, elle devra gérer savamment ses relations avec les gouvernements de gauche de la région comme le nouvel exécutif bolivien d'Evo Morales, celui du Vénézuélien Hugo Chavez et avec le Pérou, surtout si Ollanta Humala arrive au pouvoir à la présidentielle en avril.
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