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Chaos croissant à Gaza et en Cisjordanie

Jeune Palestinien jouant hier à Abu Dis, près de Jérusalem, devant le controversé mur construit par Israël en Cisjordanie.
Photo : Agence Reuters
Jeune Palestinien jouant hier à Abu Dis, près de Jérusalem, devant le controversé mur construit par Israël en Cisjordanie.
L'armée israélienne a tiré des missiles hier contre des locaux des Brigades des martyrs d'al-Aqsa dans la bande de Gaza, tandis que, nouvel épisode du chaos croissant qui s'est emparé du territoire palestinien, des hommes en armes se sont emparés dans la journée de plusieurs bâtiments officiels, pour appuyer des exigences diverses.

Ces raids aériens interviennent dans le cadre des efforts menés, depuis que le territoire a été rendu aux Palestiniens en septembre, afin de faire cesser les tirs de roquettes artisanales sur les villes d'Israël proches de la frontière avec Gaza et, notamment, le port d'Ashkelon.

En revanche, l'armée israélienne (Tsahal) affirme n'avoir pas encore mis sur pied la zone tampon décidée par le premier ministre Ariel Sharon dans le nord du territoire pour réduire ce risque. À compter de son entrée en application, toute personne pénétrant dans ce nouveau no man's land se fera tirer dessus. En préparation, Tsahal a cependant détruit routes et autres installations utilisées par les militants palestiniens pour accéder aux zones depuis lesquelles ils peuvent atteindre les localités israéliennes.

Les locaux visés par les tirs de missiles hier matin étaient vides lors du raid et ont été sérieusement endommagés. Si Israël affirme que les militants les utilisaient à des fins militaires, les Palestiniens soutiennent qu'il s'agissait de locaux à usage social et éducatif.

En attendant, et alors qu'approchent rapidement les législatives palestiniennes du 25 janvier, le chaos continue dans les territoires, et principalement à Gaza. Hier, lors d'un premier incident, des hommes en armes se sont emparés pendant plusieurs heures de plusieurs bâtiments administratifs à Beit Lahiya, réclamant des emplois alors que la police ne bougeait pas.

«C'est un premier message. Le prochain sera d'incendier les bâtiments», a lancé Abou Houssam, un Brigadiste, devant les journalistes. «S'ils ne répondent pas à nos exigences, nous nous transformerons en terroristes et enlèverons des étrangers», a-t-il menacé.

Après un face-à-face tendu, les combattants ont fini par partir, disant avoir obtenu satisfaction grâce à une médiation de responsables du Fatah, le parti au pouvoir. Quelques heures plus tard, en Cisjordanie, une quarantaine d'autres militants s'emparaient cette fois d'un bureau électoral d'A-Ram, en lisière de Jérusalem, exigeant du Fatah qu'il inclue un plus grand nombre de représentants du quartier sur la liste du parti et affirmant qu'ils ne bougeraient pas avant d'avoir obtenu gain de cause. Pour le responsable électoral Ziyad al-Bakri, cette incursion armée dans ses locaux prouve bien que les groupes armés ont désormais pris le contrôle de facto de la rue palestinienne. «C'est une menace sur les élections et la situation politique en Cisjordanie et à Gaza. Je pense que la situation ne pourra que s'aggraver», note-t-il.

Dans ce chaos croissant, Israël reproche au président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas de trop céder aux pressions des groupes armés. Le dirigeant palestinien, après avoir obtenu un cessez-le-feu en mars dernier, a en effet choisi la persuasion plutôt que la répression, craignant que les troubles ne débouchent sur une guerre civile palestinienne.

Ce regain de tension survient alors que, dans les camps israélien et palestinien, on prépare les élections. Côté palestinien, le Fatah, en perte de vitesse, a réussi lundi à mettre un terme au risque de scission qui menaçait d'offrir la victoire clé en main aux islamistes du Hamas. Un tribunal palestinien a prolongé le délai de constitution des listes en vue du scrutin, pirouette juridique pour permettre ce raccommodage. La nouvelle liste réunifiée du Fatah, une fois réconciliés la «jeune garde» et les «dirigeants historiques», sera donc dirigée par l'idole montante Marouan Barghouti, dirigeant de l'intifada en Cisjordanie, emprisonné en Israël.

Enfin, au moins trois roquettes Katioucha tirées à partir du Liban se sont abattues hier soir en territoire israélien, a annoncé l'armée israélienne.

Ces roquettes sont tombées dans le secteur de la ville de Kyriat Chmona, près de la frontière avec le Liban, et l'électricité a été coupée dans la ville, a-t-on précisé de source sécuritaire israélienne.

«Nous pouvons pour l'instant confirmer qu'au moins trois roquettes Katioucha sont tombées à Kyriat Chmona», a déclaré à l'AFP une porte porte-parole de l'armée israélienne.

Selon des témoins, deux maisons d'habitation ont été frappées de plein fouet par une roquette.

Selon la radio publique israélienne, cinq personnes ont été très légèrement blessées par ces tirs.

L'armée a appelé la population à descendre aux abris, ont ajouté ces témoins.

L'armée israélienne n'était momentanément pas en mesure de savoir si ces roquettes Katioucha avaient été tirées par le Hezbollah chiite libanais ou par une organisation palestinienne.

Des explosions de Katioucha ont également été entendues à Shlomi, petite ville de la Galilée occidentale, mais aucune chute de ces engins n'a été constatée dans ce secteur, a indiqué la radio publique israélienne.
 
 
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