Le Caire procède à des rafles et détient maintenant près de 900 membres du mouvement - Arrestations de Frères musulmans après leur succès électoral
Madeleine Albright critique le cadre électoral de Moubarak
Photo : Agence Reuters
Une Égyptienne a tenté, sans succès, de se rendre au bureau de scrutin dimanche, à Alexandrie.
Le Caire — Au surlendemain de la confirmation de la bonne tenue de leurs candidats au second tour de la deuxième phase des législatives en Égypte, la police a encore arrêté hier près de 200 Frères musulmans. Ils viennent rejoindre plus de 700 autres, détenus depuis les deux tours de cette deuxième phase, les 20 et 26 novembre, qui ont confirmé, malgré les violences et intimidations policières, le succès enregistré par la confrérie durant la première phase.
Les arrestations d'hier ont été opérées dans la région du delta du Nil, au nord du Caire, dans celle de Sohag, au sud de la capitale, et dans le nord du Sinaï, où se déroulera la troisième et dernière phase des élections, les 1er et 7 décembre.
«Les interpellations vont se poursuivre aujourd'hui, demain et après-demain», a prédit Mohamed Habib, numéro deux de la confrérie, qui totalise désormais 76 députés, soit, en l'état actuel de la Constitution, suffisamment pour présenter un candidat à la prochaine présidentielle.
Mouvement fondamentaliste interdit mais toléré, les Frères musulmans n'avaient que 15 députés dans l'assemblée sortante et n'avaient donc pu présenter de candidat contre le président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981 et réélu en septembre, à 77 ans, pour un cinquième mandat de six ans.
Parodie
La confrérie accuse le gouvernement de vouloir, par cette vague d'arrestations, amenuiser ses chances d'avoir encore des élus lors de la troisième phase où elle présente 49 candidats alors que 136 sièges sont à pourvoir pour compléter les effectifs de l'assemblée.
Habib a estimé que les autorités empêcheraient la confrérie d'obtenir plus de 100 sièges à l'assemblée, mais son succès est d'ores et déjà considérable car elle ne présentait de candidats que dans un tiers des circonscriptions et devient la première force d'opposition.
Le Parti national démocrate (PND) d'Hosni Moubarak a pour sa part porté à 195 son total de sièges après la seconde phase, dont les irrégularités n'ont suscité que peu de commentaires de la part des États-Unis, qui soutiennent le refus des autorités égyptiennes de reconnaître les Frères musulmans comme un parti à part entière.
L'ex-secrétaire d'État américaine Madeleine Albright a jugé hier que c'est «une erreur d'exclure les partis islamistes en présumant qu'ils sont intrinsèquement anti-démocratiques et enclins à la violence. La meilleure manière de marginaliser les extrémistes violents c'est d'ouvrir aussi largement que possible des perspectives non violentes».
Dans un communiqué publié aux Émirats arabes unis, où elle participait à une conférence, Albright a critiqué le cadre mis en place par Moubarak cette année pour la présidentielle: «Le système qu'il défend rend pratiquement impossible à tout parti indépendant de participer. Une parodie de démocratie doit être démasquée pour ce qu'elle est vraiment.»
Les arrestations d'hier ont été opérées dans la région du delta du Nil, au nord du Caire, dans celle de Sohag, au sud de la capitale, et dans le nord du Sinaï, où se déroulera la troisième et dernière phase des élections, les 1er et 7 décembre.
«Les interpellations vont se poursuivre aujourd'hui, demain et après-demain», a prédit Mohamed Habib, numéro deux de la confrérie, qui totalise désormais 76 députés, soit, en l'état actuel de la Constitution, suffisamment pour présenter un candidat à la prochaine présidentielle.
Mouvement fondamentaliste interdit mais toléré, les Frères musulmans n'avaient que 15 députés dans l'assemblée sortante et n'avaient donc pu présenter de candidat contre le président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981 et réélu en septembre, à 77 ans, pour un cinquième mandat de six ans.
Parodie
La confrérie accuse le gouvernement de vouloir, par cette vague d'arrestations, amenuiser ses chances d'avoir encore des élus lors de la troisième phase où elle présente 49 candidats alors que 136 sièges sont à pourvoir pour compléter les effectifs de l'assemblée.
Habib a estimé que les autorités empêcheraient la confrérie d'obtenir plus de 100 sièges à l'assemblée, mais son succès est d'ores et déjà considérable car elle ne présentait de candidats que dans un tiers des circonscriptions et devient la première force d'opposition.
Le Parti national démocrate (PND) d'Hosni Moubarak a pour sa part porté à 195 son total de sièges après la seconde phase, dont les irrégularités n'ont suscité que peu de commentaires de la part des États-Unis, qui soutiennent le refus des autorités égyptiennes de reconnaître les Frères musulmans comme un parti à part entière.
L'ex-secrétaire d'État américaine Madeleine Albright a jugé hier que c'est «une erreur d'exclure les partis islamistes en présumant qu'ils sont intrinsèquement anti-démocratiques et enclins à la violence. La meilleure manière de marginaliser les extrémistes violents c'est d'ouvrir aussi largement que possible des perspectives non violentes».
Dans un communiqué publié aux Émirats arabes unis, où elle participait à une conférence, Albright a critiqué le cadre mis en place par Moubarak cette année pour la présidentielle: «Le système qu'il défend rend pratiquement impossible à tout parti indépendant de participer. Une parodie de démocratie doit être démasquée pour ce qu'elle est vraiment.»
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