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Le procès de Saddam Hussein est ajourné

Reuters   29 novembre 2005  Actualités internationales
Bagdad — Le procès pour crimes contre l'humanité de l'ancien président Saddam Hussein et de ses sept co-accusés a été ajourné hier au 5 décembre, moins de trois heures après sa reprise devant le Tribunal spécial irakien (TSI), à Bagdad.

Le président du tribunal, Rizgar Mohamed Amin, a ordonné l'ajournement d'une semaine du procès pour permettre à l'ancien vice-président irakien Taha Yassine Ramadan de se doter d'un avocat. Ramadan a refusé d'être défendu par le juriste que le tribunal lui a commis d'office après le meurtre de son avocat, tué peu après l'ouverture du procès le 19 octobre.

La prochaine audience est prévue le 5 décembre, dix jours avant les élections législatives en Irak, une échéance qui sera, selon toute attente, précédée d'une flambée de violence.

Un exemplaire du Coran sous le bras, Saddam Hussein, vêtu d'une chemise blanche et d'une veste sombre, est le dernier accusé à être arrivé dans la salle d'audience hier, avec huit minutes de retard. Deux de ses co-accusés se sont levés à son arrivée.

«Paix aux gens de paix», a-t-il lancé avant de s'asseoir et de défier le président du tribunal. «Vous êtes un souverain et ils sont des envahisseurs et des occupants», a-t-il lancé en faisant référence aux gardes l'escortant.

Retransmission interrompue

La retransmission télévisée du procès a ensuite été interrompue. Le son a été coupé et la télévision a diffusé une image fixe de la balance de la justice trônant derrière le juge. Le procès est diffusé en différé d'une demi-heure pour permettre de censurer de tels incidents.

Le procès porte sur le meurtre de plus de 140 chiites du village de Doudjaïl, au nord de Bagdad, à la suite d'une tentative de meurtre contre Saddam Hussein en 1982.

Hier, le juge Amin a autorisé les anciens ministres américain et qatari de la Justice, Ramsey Clark et Nadjib al Naouimi, à intégrer le comité de défense de Saddam Hussein.

Avant l'ajournement, la cour a diffusé des images de la visite de Saddam Hussein à Doudjaïl en 1982. Une séquence, où l'on voit l'ancien président interroger lui-même des suspects en bord de route et ordonner à ses proches de «les emmener et de les interroger», a été diffusée à plusieurs reprises.

L'accusation a ensuite présenté par vidéo son premier témoignage, celui d'un ancien responsable des services de renseignement de Saddam Hussein décédé d'un cancer. Dans ce témoignage, enregistré à l'hôpital le mois dernier, Ouadah al Cheikh raconte que des gardes du corps de l'ancien homme fort de Bagdad ont directement participé aux massacres de Doudjaïl.

Il précise que 400 personnes, parmi lesquelles des enfants, des femmes et des vieillards, ont été arrêtées alors que, d'après lui, entre sept et 12 personnes maximum étaient impliquées dans la tentative d'assassinat contre l'ancien président.

À Doudjaïl, des manifestants ont exigé la peine de mort contre Saddam Hussein.
 
 
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