Pinochet est inculpé pour fraude fiscale
27 millions $US ont été retrouvés dans une centaine de comptes bancaires à l'étranger
24 novembre 2005
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
La résidence d’Augusto Pinochet à Santiago.
Santiago — L'ancien dictateur du Chili Augusto Pinochet a été arrêté hier avec assignation à résidence par le juge Carlos Cerda, qui l'a inculpé pour fraude fiscale dans le cadre de l'affaire des comptes bancaires secrets à l'étranger.
Le juge chilien enquête sur l'origine de la fortune d'Augusto Pinochet, accusé d'avoir dissimulé plus de 27 millions $US, retrouvés sur une centaine de comptes bancaires ouverts notamment auprès de la banque Riggs de Washington et dans divers paradis fiscaux. Augusto Pinochet, qui aura 90 ans le 25 novembre, avait été entendu à plusieurs reprises au cours des derniers jours dans sa maison de la Dehesa, un quartier luxueux situé dans l'est de Santiago.
Invoquant l'âge de l'ancien dictateur, le magistrat a décidé de le laisser en liberté sous caution, d'un montant d'environ 22 600 $, estimant que «sa liberté ne représentait pas un danger pour la sécurité de la société». Cette décision doit encore être examinée par la Cour d'appel de Santiago.
La défense d'Augusto Pinochet a aussitôt annoncé un recours contre son arrestation. «Aucune infraction de quelque espèce que ce soit n'a été commise», a déclaré son avocat Pablo Rodriguez, selon lequel l'ex-dictateur «est un homme qui a été poursuivi par le marxisme international».
Outre le délit de fraude fiscale, Augusto Pinochet, qui a déjà été arrêté à quatre reprises en sept ans, est soupçonné d'avoir falsifié des documents et omis sciemment des informations lors de la déclaration de ses biens remise à la justice en 1989.
La famille
L'affaire avait été lancée en juillet 2004 par la révélation, par une commission sénatoriale américaine enquêtant sur des opérations de blanchiment d'argent liées au terrorisme, de l'existence de comptes bancaires secrets détenus par Pinochet et sa famille. L'épouse de l'ex-dictateur, Lucia Hiriart, et son fils Marco Antonio Pinochet sont également poursuivis pour complicité de fraude fiscale dans ce dossier.
L'ancien dictateur attend également la décision que doit prendre le juge chilien Victor Montiglio, chargé de déterminer sa responsabilité dans l'opération Colombo, l'assassinat d'opposants politiques en juillet 1975.
Le magistrat l'a également interrogé à plusieurs reprises la semaine dernière sur le massacre, attribué au régime militaire, de 119 membres du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) chilien.
Il a également organisé pour la première fois une confrontation judiciaire entre Pinochet et le général Manuel Contreras, fondateur de la Dina, la police secrète, qui a affirmé que l'ex-dictateur était au courant de cette opération.
Lors des interrogatoires, Pinochet a prétendu ne pas se souvenir de sa responsabilité précise au sein de la Dina, dont les agents sont considérés comme les exécutants de l'opération Colombo, et s'est déclaré étranger aux violations des droits de l'homme, concédant que des «excès» pouvaient avoir été commis par des «subordonnés».
L'immunité
L'immunité dont disposait Pinochet en tant qu'ancien président avait été levée par la Cour suprême du Chili le 14 septembre pour le dossier de l'opération Colombo, puis à nouveau le 19 octobre pour celui des comptes secrets à l'étranger, chaque affaire étant instruite séparément dans le pays.
Ordonnés à la suite de la levée d'immunité, des examens médicaux ont récemment conclu que l'état de santé physique et mental de l'ancien dictateur lui permettait d'être jugé.
En janvier dernier, le général Pinochet avait déjà été placé en état d'arrestation avec assignation à résidence par le juge Juan Guzmán dans l'enquête sur l'opération Condor, plan de concertation mis en place par les dictatures latino-américaines dans les années 70 pour assassiner leurs opposants. Mais il avait été remis en liberté sous caution au bout de neuf jours.
Les poursuites pour violation des droits de l'homme contre Pinochet ont été abandonnées jusqu'ici par la justice chilienne en raison d'un précédent examen médical affirmant qu'une «démence modérée», conséquence d'un diabète et d'accidents vasculaires, l'empêchait de se défendre.
Pinochet, dont le régime est accusé de la mort ou la disparition de 3000 personnes et quelque 25 000 cas de torture entre 1973 et 1990, a ainsi obtenu un classement sans suite en juillet 2002 pour l'affaire de la Caravane de la mort, surnom d'un groupe de militaires accusés de centaines d'assassinats politiques après l'instauration du régime, et en septembre 2005 pour le plan Condor.
Le juge chilien enquête sur l'origine de la fortune d'Augusto Pinochet, accusé d'avoir dissimulé plus de 27 millions $US, retrouvés sur une centaine de comptes bancaires ouverts notamment auprès de la banque Riggs de Washington et dans divers paradis fiscaux. Augusto Pinochet, qui aura 90 ans le 25 novembre, avait été entendu à plusieurs reprises au cours des derniers jours dans sa maison de la Dehesa, un quartier luxueux situé dans l'est de Santiago.
Invoquant l'âge de l'ancien dictateur, le magistrat a décidé de le laisser en liberté sous caution, d'un montant d'environ 22 600 $, estimant que «sa liberté ne représentait pas un danger pour la sécurité de la société». Cette décision doit encore être examinée par la Cour d'appel de Santiago.
La défense d'Augusto Pinochet a aussitôt annoncé un recours contre son arrestation. «Aucune infraction de quelque espèce que ce soit n'a été commise», a déclaré son avocat Pablo Rodriguez, selon lequel l'ex-dictateur «est un homme qui a été poursuivi par le marxisme international».
Outre le délit de fraude fiscale, Augusto Pinochet, qui a déjà été arrêté à quatre reprises en sept ans, est soupçonné d'avoir falsifié des documents et omis sciemment des informations lors de la déclaration de ses biens remise à la justice en 1989.
La famille
L'affaire avait été lancée en juillet 2004 par la révélation, par une commission sénatoriale américaine enquêtant sur des opérations de blanchiment d'argent liées au terrorisme, de l'existence de comptes bancaires secrets détenus par Pinochet et sa famille. L'épouse de l'ex-dictateur, Lucia Hiriart, et son fils Marco Antonio Pinochet sont également poursuivis pour complicité de fraude fiscale dans ce dossier.
L'ancien dictateur attend également la décision que doit prendre le juge chilien Victor Montiglio, chargé de déterminer sa responsabilité dans l'opération Colombo, l'assassinat d'opposants politiques en juillet 1975.
Le magistrat l'a également interrogé à plusieurs reprises la semaine dernière sur le massacre, attribué au régime militaire, de 119 membres du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) chilien.
Il a également organisé pour la première fois une confrontation judiciaire entre Pinochet et le général Manuel Contreras, fondateur de la Dina, la police secrète, qui a affirmé que l'ex-dictateur était au courant de cette opération.
Lors des interrogatoires, Pinochet a prétendu ne pas se souvenir de sa responsabilité précise au sein de la Dina, dont les agents sont considérés comme les exécutants de l'opération Colombo, et s'est déclaré étranger aux violations des droits de l'homme, concédant que des «excès» pouvaient avoir été commis par des «subordonnés».
L'immunité
L'immunité dont disposait Pinochet en tant qu'ancien président avait été levée par la Cour suprême du Chili le 14 septembre pour le dossier de l'opération Colombo, puis à nouveau le 19 octobre pour celui des comptes secrets à l'étranger, chaque affaire étant instruite séparément dans le pays.
Ordonnés à la suite de la levée d'immunité, des examens médicaux ont récemment conclu que l'état de santé physique et mental de l'ancien dictateur lui permettait d'être jugé.
En janvier dernier, le général Pinochet avait déjà été placé en état d'arrestation avec assignation à résidence par le juge Juan Guzmán dans l'enquête sur l'opération Condor, plan de concertation mis en place par les dictatures latino-américaines dans les années 70 pour assassiner leurs opposants. Mais il avait été remis en liberté sous caution au bout de neuf jours.
Les poursuites pour violation des droits de l'homme contre Pinochet ont été abandonnées jusqu'ici par la justice chilienne en raison d'un précédent examen médical affirmant qu'une «démence modérée», conséquence d'un diabète et d'accidents vasculaires, l'empêchait de se défendre.
Pinochet, dont le régime est accusé de la mort ou la disparition de 3000 personnes et quelque 25 000 cas de torture entre 1973 et 1990, a ainsi obtenu un classement sans suite en juillet 2002 pour l'affaire de la Caravane de la mort, surnom d'un groupe de militaires accusés de centaines d'assassinats politiques après l'instauration du régime, et en septembre 2005 pour le plan Condor.
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