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Tsahal arrête une vingtaine de Palestiniens à Ramallah

Arafat, assiégé, lance un appel à l'aide internationale

21 septembre 2002  Actualités internationales
Le complexe de la Moukataa a été transformé en champ de ruines.
Le complexe de la Moukataa a été transformé en champ de ruines.
Ramallah - Une vingtaine de Palestiniens qui se trouvaient dans un des bâtiments proches des bureaux de Yasser Arafat, assiégés par l'armée israélienne, ont été arrêtés hier soir par l'armée israélienne, apprend-on de sources sécuritaires palestiniennes.

Ces Palestiniens, parmi lesquels figurent des membres de la sécurité palestinienne, se trouvaient dans la salle de réception reliée aux bureaux du président palestinien par une passerelle qui a été détruite dans la soirée par les militaires israéliens, isolant ainsi totalement les bureaux de M. Arafat, a-t-on indiqué de mêmes sources.

L'armée israélienne, interrogée par l'AFP, n'a pas confirmé le nombre d'arrestations mais a reconnu que des Palestiniens s'étaient rendus aux militaires qui assiègent le complexe de la Moukataa.

Forte explosion

À la suite de ces arrestations, une forte explosion est survenue à l'endroit où se trouvait la passerelle détruite reliant les bureaux de M. Arafat à la salle de réception proche, rapporte une correspondante de l'AFP sur place.

Le secteur dans lequel résonnent par instant des tirs de mitrailleuses de char est balayé par un énorme projecteur de l'armée, a-t-elle indiqué. Des témoins palestiniens avaient fait état plus tôt de quatre autres explosions dans l'enceinte de la Moukataa.

Les militaires israéliens ont ensuite appelé par haut-parleurs les Palestiniens recherchés retranchés dans les bureaux de M. Arafat à se rendre.

Un policier, qui se trouvait près d'une fenêtre dans le QG, a été tué dans la matinée par un tireur d'élite israélien.

Le bâtiment où se trouvent les bureaux de M. Arafat est l'un des derniers encore debout dans le complexe de la Moukataa transformé en champ de ruines par l'armée israélienne depuis le début de ses opérations de démolition au bulldozer et à la dynamite jeudi soir, dans la foulée d'un attentat suicide à Tel-Aviv qui a fait six morts, outre son auteur.

À la suite de cet attentat, le deuxième survenu en moins de 24 heures en Israël, le président Yasser Arafat se trouvait hier totalement isolé dans son QG.

Le ministre israélien de la Défense, Binyamin Ben Eliezer, a réaffirmé qu'Israël n'avait aucunement l'intention «d'expulser» le président de l'Autorité palestinienne des territoires ou de «s'en prendre à lui».

«Tout ce que nous faisons en ce moment, c'est de l'encercler afin de l'isoler», a-t-il affirmé.

Le Conseil de sécurité de l'ONU devait entamer hier soir des consultations, qui seront probablement suivies d'une réunion publique, sur le siège du QG de M. Arafat, a-t-on appris de source diplomatique à New York.

Mise en garde

L'observateur palestinien à l'ONU, Nasser al-Kidwa, avait demandé au Conseil de sécurité une «réunion d'urgence» afin de prendre «des mesures immédiates pour mettre fin à la situation extrêmement dangereuse créée à l'intérieur et autour du quartier général» du président palestinien.

«Ceci fait partie du plan de [Ariel] Sharon destiné à atteindre Arafat et à détruire complètement le processus de paix», a protesté le dirigeant palestinien Saëb Erakat.

Au Caire, le président égyptien Hosni Moubarak a mis en garde contre les retombées des opérations militaires israéliennes, celles-ci pouvant inciter, selon lui, à «davantage d'actes de représailles [...] qui risquent de saper tout effort visant à calmer la situation».

Jeudi soir, après deux attentats suicide en moins de 24 heures qui ont fait sept morts, outre les deux kamikazes, et plus de 60 blessés, le gouvernement israélien avait pris à l'unanimité la décision d'isoler complètement M. Arafat.

En Israël, la sécurité a été renforcée en raison notamment de la fête juive de Souccot (la fête des cabanes), qui commémore le séjour des Hébreux au désert. Des milliers de policiers ont été déployés en renfort près des lieux publics et des synagogues, la police faisant état de «dizaines de menaces d'attentats».
 
 
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