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Des bombes au phosphore utilisées en Irak?

Un documentaire de la télévision publique italienne montre du doigt l'armée américaine

Rome — Les forces américaines en Irak ont employé des bombes au phosphore blanc contre des populations civiles à Fallouja lors de l'offensive de novembre 2004, affirme un documentaire diffusé hier par la télévision publique italienne.

La RAI s'appuie notamment sur le témoignage de Jeff Englehart, présenté comme un ancien soldat de la première division d'infanterie qui aurait pris part à l'offensive contre ce bastion de l'insurrection, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad.

«Je sais que du phosphore blanc a été utilisé», déclare-t-il. «Le phosphore blanc tue indifféremment.»

Pour l'armée américaine, qui assure n'employer aucune arme chimique, le phosphore blanc appartient à la catégorie des armes conventionnelles.

«Je ne me souviens pas de l'utilisation de phosphore blanc lors de l'offensive à Fallouja à l'automne 2004», a déclaré à Bagdad le lieutenant-colonel Steven Boylan, porte-parole de l'armée américaine.

Substance incendiaire qui émet une vive lumière quand elle est exposée à l'air, le phosphore blanc est utilisé par les militaires pour marquer des cibles, éclairer des zones de combat ou, à l'inverse, dissimuler des mouvements de troupes.

Mais l'usage d'armes incendiaires contre des populations civiles est interdit par la Convention de Genève de 1980. D'après un fonctionnaire de l'ONU à New York, les États-Unis n'ont pas signé ce protocole sur l'interdiction ou la limitation de l'emploi des armes incendiaires.

Le documentaire diffusé par la RAI, sous le titre Fallouja: le massacre caché, affirme que les forces américaines ont également utilisé des bombes incendiaires de type Mark 77, une arme similaire au napalm, contre des cibles militaires en Irak.

Les auteurs du documentaire citent une lettre émanant, selon eux, du secrétaire d'État britannique aux Forces armées, Adam Ingram, et dans laquelle on peut lire que 30 de ces bombes ont été larguées sur des objectifs militaires entre le 31 mars et le 2 avril 2003.

Avocats agressés

En Irak, un avocat dans le procès du président déchu irakien Saddam Hussein a été tué et un autre blessé dans une attaque armée ciblée à Bagdad, la deuxième du genre en moins de trois semaines. Des hommes armés ont tiré sur l'avocat Tamer Hammoud Hadi et son confrère Adel Mohammad Abbas, selon la police. «Adel Abbas a été tué sur le coup et Tamer Hammoud Hadi a été blessé.»

Abbas est un avocat de Taha Yassine Ramadan et Hadi, celui de Barzan al-Tikriti, des coaccusés de Saddam Hussein.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté hier à l'unanimité une résolution autorisant le maintien jusqu'à la fin de l'année 2006 de la force multinationale sous commandement américain en Irak. Le gouvernement irakien avait demandé aux 15 États membres du Conseil d'approuver cette résolution, nécessaire à la prolongation du mandat de cette force de 178 000 militaires au-delà du 31 décembre 2005, date à laquelle un nouveau gouvernement démocratique doit entrer en fonction à Bagdad.

Après l'adoption d'une nouvelle Constitution lors du référendum du 15 octobre, des élections législatives sont prévues le 15 décembre en Irak pour couronner le processus de transition.

La résolution adoptée hier autorise le gouvernement irakien à mettre fin quand il le souhaite à la présence militaire étrangère. Le Conseil de sécurité peut également revenir sur cette présence quand bon lui semble, jusqu'à la fin de 2006.
 
 
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