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Vers une autre guerre entre l'Érythrée et l'Éthiopie ?

D'importants mouvements de troupes inquiètent l'ONU

Asmara — Les mouvements de troupes éthiopiennes et érythréennes près de leur frontière commune ont suscité une crise qui doit être suivie de près, sans quoi les deux pays ennemis pourraient de nouveau entrer en guerre, comme en 1998-2000, a estimé hier la force de maintien de la paix de l'ONU déployée dans la région.

Un responsable de la Mission des Nations unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE) a déclaré aux journalistes qu'il était à craindre que les mouvements constatés ces deux dernières semaines, impliquant des chars, des missiles antiaériens et des soldats, pourraient rendre la situation «plus dangereuse».

Entre-temps, trois autres personnes ont été tuées hier à Addis-Abeba, théâtre pour la troisième journée consécutive d'affrontements entre partisans de l'opposition et forces de l'ordre, a-t-on appris de sources médicales. Ces derniers affrontements portent à 36 morts au moins le bilan des manifestations organisées par l'opposition pour dénoncer les résultats des élections législatives du 15 mai.

L'inquiétude est telle que le Conseil de sécurité a décidé d'envoyer un de ses membres, l'ambassadeur du Japon Kenzo Oshima, en mission d'information en Érythrée. M. Oshima se rendra du 6 au 9 novembre auprès de la MINUEE, en tant que président du groupe de travail du Conseil sur les opérations de maintien de la paix, a déclaré le porte-parole, Stéphane Dujarric.

«Je ne dis pas que ce qui se passe aujourd'hui mènera nécessairement, demain, à une guerre. [Mais] la situation pourrait se détériorer et atteindre un niveau où le pire peut arriver», a déclaré le commandant de la force de la MINUEE, le général Rajender Singh. «Et le pire, c'est la guerre.»

Mercredi, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, avait appelé toutes les parties à faire preuve de retenue et demandé au Conseil de sécurité de prendre des mesures pour désamorcer la situation, citant des rapports très inquiétants sur des mouvements de troupes.

Le représentant spécial d'Annan en Érythrée et en Éthiopie, le chef de la MINUEE, Legwaila Joseph Legwaila, a déclaré aux journalistes qu'il revenait au Conseil de sécurité de trouver une solution, une tâche qui pourrait s'avérer difficile.

«Le secrétaire général a plaidé pour une action urgente dans la crise à laquelle nous sommes confrontés, donc le Conseil de sécurité sait ce qu'il lui reste à faire», a-t-il dit.

La MINUEE, déployée dans la zone-tampon de 25 km de large établie le long des 1000 km de frontière entre les deux pays, a qualifié cette semaine la situation sur le terrain de «tendue». Le conflit qui a opposé l'Éthiopie et l'Érythrée de 1998 à 2000 s'est soldé par la mort de 70 000 personnes environ.
 
 
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