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Merkel déjà contestée

Berlin — La conservatrice Angela Merkel, appelée à diriger le futur gouvernement allemand, a dû faire face hier à une contestation grandissante au sein de son propre camp, au moment où elle s'apprête à engager de nouvelles négociations avec les sociaux-démocrates (SPD) sur la formation du prochain cabinet.

Des voix se sont élevées, lors d'un rassemblement des Jeunesses chrétiennes-démocrates (CDU), pour que soit établi un rapport sur le score médiocre enregistré par la CDU et la CSU, son alliée bavaroise, lors des élections législatives du 18 septembre.

«Les conservateurs s'entre-déchirent», titrait hier le journal populaire Bild am Sonntag concernant la demande d'enquête sur le score de 35,2 % de la droite le 18 septembre, score bien inférieur à ce que prévoyaient les sondages, et inférieur aussi de trois points à celui des dernières législatives en 2002.

La droite a obtenu moins d'un point d'avance sur le SPD. «La contestation anti-Merkel commence», écrit le Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung.

Recherchant l'apaisement, Merkel a promis qu'une enquête serait menée à bien en décembre, lorsque le nouveau gouvernement, qui prend forme peu à peu, serait installé à la mi-novembre.

«Je ne suis pas encore chancelière», déclare-t-elle à Bild am Sonntag.

Merkel doit jouer également les pompiers face aux dirigeants de la CSU (chrétiens-sociaux). Ceux-ci demandent que soit clarifié le rôle que jouera leur leader, Edmund Stoiber, dans le prochain gouvernement, où il devrait obtenir le portefeuille de l'Économie et des Technologies. Cette question, a-t-elle promis, sera résolue dans les 48 heures. Stoiber a mis en colère des ministres désignés, tant du SPD que de la CDU, en laissant entendre ces derniers jours qu'il voulait disposer d'un grand ministère de l'Économie englobant des services dépendant pour l'instant d'autres ministères. Le chef du groupe parlementaire CSU, Michael Glos, a déclaré dimanche que Stoiber pourrait encore choisir de rester à Munich comme ministre-président de Bavière et de bouder les instances fédérales, ce qui compliquerait la tâche de Merkel qui a déjà réparti les ministères.

Christoph Böhr, une des personnalités de la CSU élues au Bundestag, a conseillé en outre à Merkel de ne pas trop faire de concessions au SPD dans les négociations sur la formation de la «grande coalition». Si la CSU considère que la droite a trop cédé à la gauche, elle pourrait refuser de soutenir le gouvernement en gestation, a-t-il ajouté.
 
 
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