À qui iront les contrats irakiens?
Les sociétés pétrolières américaines bénéficieraient d'un changement de régime à Bagdad
18 septembre 2002
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
L’or noir a déjà été le nerf et l’enjeu de quelques guerres dans la région.
Washington — Une intervention militaire en Irak qui aboutirait à un changement de régime devrait permettre aux compagnies pétrolières américaines de remettre le pied dans ce pays au détriment notamment des Européens, estiment les experts.
Des responsables des groupes d'opposition au régime de Saddam Hussein se sont déjà exprimés en faveur de la création d'un consortium dirigé par des compagnies américaines pour développer la prospection pétrolière en Irak.
«Les compagnies américaines auront le plein accès au pétrole irakien», a affirmé récemment Ahmad Chalabi, qui dirige le Congrès national irakien (CNI), une fédération de mouvements de l'opposition intérieure et en exil basée à Londres.
Un nouveau régime «pourrait signer des accords permettant aux compagnies pétrolières de s'installer en Irak», estime Gary Hufbauer, économiste de l'Institut pour l'économie internationale (IIE).
Il est possible, comme cela est le cas dans d'autres pays de la région, qu'un nouveau gouvernement en Irak crée une entreprise d'État qui pourrait conclure des accords avec un nombre limité de groupes pétroliers et pourrait travailler surtout avec les Américains, en vertu des bonnes relations politiques ou d'alliances commerciales, explique M. Hufbauer.
Les compagnies américaines sont exclues des immenses réserves de pétrole irakien depuis la détérioration des relations entre Washington et Bagdad à la fin des années 80.
Des compagnies d'une douzaine de pays, et notamment le groupe russe Tatneft et le français TotalFinaElf, ont conclu des accords de prospection ou de forage en Irak, dont les réserves, estimées à 112 milliards de barils de pétrole brut, sont les plus importantes au monde après celles de l'Arabie Saoudite. Beaucoup de ces accords n'entreront cependant en vigueur qu'après la fin des sanctions internationales contre l'Irak.
Une hégémonie
TotalFinaElf a conclu un accord pour le droit de prospection du champ pétrolier Majnoon (sud du pays), le plus important du pays, qui pourrait contenir entre 10 et 30 milliards de barils de brut.
Tatneft a déjà dépêché une équipe pour effectuer des forages autorisés par les Nations unies dans le champ de Kirkouk (nord du pays), également l'un des plus gros du pays, dont les réserves sont estimées à 10 milliards de barils.
«Je ne pense pas qu'en ce moment précis les groupes pétroliers américains fassent pression pour une intervention en Irak», affirme Clovis Maksoud, ancien ambassadeur de la Ligue des pays arabes aux Nations unies et actuellement professeur à l'American University.
«Cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas un intérêt et ils pourraient commencer à faire pression dès que le Conseil de sécurité adopterait une résolution», poursuit-il.
Une intervention militaire en Irak pourrait établir une hégémonie américaine dans la région, avec des conséquences négatives pour les Européens, les Japonais et le reste du monde industrialisé, estime M. Maksoud.
«Je n'ai rien entendu à propos de pressions de l'industrie pétrolière» sur l'administration américaine pour une éventuelle intervention en Irak, observe de son côté Ron Planting, économiste de l'Institut américain du pétrole (API), un organisme représentant cette industrie.
«Mais c'est une bonne stratégie de diversifier les sources d'approvisionnement», souligne-t-il en précisant que cela permettrait de réduire la dépendance américaine des importations de l'Arabie Saoudite qui, avec le Canada et le Venezuela, est l'un des trois principaux fournisseurs de pétrole des États-Unis.
Des responsables des groupes d'opposition au régime de Saddam Hussein se sont déjà exprimés en faveur de la création d'un consortium dirigé par des compagnies américaines pour développer la prospection pétrolière en Irak.
«Les compagnies américaines auront le plein accès au pétrole irakien», a affirmé récemment Ahmad Chalabi, qui dirige le Congrès national irakien (CNI), une fédération de mouvements de l'opposition intérieure et en exil basée à Londres.
Un nouveau régime «pourrait signer des accords permettant aux compagnies pétrolières de s'installer en Irak», estime Gary Hufbauer, économiste de l'Institut pour l'économie internationale (IIE).
Il est possible, comme cela est le cas dans d'autres pays de la région, qu'un nouveau gouvernement en Irak crée une entreprise d'État qui pourrait conclure des accords avec un nombre limité de groupes pétroliers et pourrait travailler surtout avec les Américains, en vertu des bonnes relations politiques ou d'alliances commerciales, explique M. Hufbauer.
Les compagnies américaines sont exclues des immenses réserves de pétrole irakien depuis la détérioration des relations entre Washington et Bagdad à la fin des années 80.
Des compagnies d'une douzaine de pays, et notamment le groupe russe Tatneft et le français TotalFinaElf, ont conclu des accords de prospection ou de forage en Irak, dont les réserves, estimées à 112 milliards de barils de pétrole brut, sont les plus importantes au monde après celles de l'Arabie Saoudite. Beaucoup de ces accords n'entreront cependant en vigueur qu'après la fin des sanctions internationales contre l'Irak.
Une hégémonie
TotalFinaElf a conclu un accord pour le droit de prospection du champ pétrolier Majnoon (sud du pays), le plus important du pays, qui pourrait contenir entre 10 et 30 milliards de barils de brut.
Tatneft a déjà dépêché une équipe pour effectuer des forages autorisés par les Nations unies dans le champ de Kirkouk (nord du pays), également l'un des plus gros du pays, dont les réserves sont estimées à 10 milliards de barils.
«Je ne pense pas qu'en ce moment précis les groupes pétroliers américains fassent pression pour une intervention en Irak», affirme Clovis Maksoud, ancien ambassadeur de la Ligue des pays arabes aux Nations unies et actuellement professeur à l'American University.
«Cela ne veut pas dire qu'ils n'ont pas un intérêt et ils pourraient commencer à faire pression dès que le Conseil de sécurité adopterait une résolution», poursuit-il.
Une intervention militaire en Irak pourrait établir une hégémonie américaine dans la région, avec des conséquences négatives pour les Européens, les Japonais et le reste du monde industrialisé, estime M. Maksoud.
«Je n'ai rien entendu à propos de pressions de l'industrie pétrolière» sur l'administration américaine pour une éventuelle intervention en Irak, observe de son côté Ron Planting, économiste de l'Institut américain du pétrole (API), un organisme représentant cette industrie.
«Mais c'est une bonne stratégie de diversifier les sources d'approvisionnement», souligne-t-il en précisant que cela permettrait de réduire la dépendance américaine des importations de l'Arabie Saoudite qui, avec le Canada et le Venezuela, est l'un des trois principaux fournisseurs de pétrole des États-Unis.
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