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Le principal parti sunnite irakien dit oui au projet de constitution

12 octobre 2005  Actualités internationales
Bagdad — Un accord politique de dernière minute est intervenu hier soir en Irak ouvrant la voie à un oui de la part des sunnites au projet de Constitution, à quatre jours du référendum sur ce texte et à l'issue d'une journée sanglante qui a fait plus de cinquante morts.

Le principal parti sunnite du pays, le Parti islamique irakien, a indiqué qu'il allait appeler à voter oui lors du référendum après un accord conclu entre les principaux dirigeants politiques irakiens pour permettre d'amender ce texte après les élections de décembre.

Cet accord «nous permettra d'amender la Constitution après les élections du 15 décembre», a affirmé Ayad Sammaraï, porte-parole de cette formation qui appelait jusqu'ici à voter non, considérant que le projet de Constitution menace l'unité de l'Irak en reconnaissant le fédéralisme.

Selon M. Sammaraï, trois autres groupes politiques et religieux sunnites ont appelé à se prononcer en faveur du texte, le Conseil de dialogue national, le groupe Ahl al-Sunna et le Waqf (office des biens religieux).

L'accord est intervenu à l'issue de discussions intensives, ces derniers jours, pour rallier les sunnites à la Constitution, menée avec une médiation de diplomates américains, britanniques et de représentants de l'ONU.

«Un accord est intervenu grâce à une médiation de l'ambassade américaine pour former au sein de l'Assemblée qui sera élue le 15 décembre une commission chargée d'amender éventuellement la Constitution», a déclaré Jawad Maliki, le numéro deux du parti Dawa du premier ministre Ibrahim Jaafari. «Cette commission disposera de quatre mois, après sa formation, pour procéder à ces amendements», a-t-il ajouté.

Selon M. Maliki, le texte actuel du projet de Constitution laisse la porte ouverte à des amendements à condition que ceux-ci soient votés par une majorité simple de la future assemblée. S'ils sont votés, ces amendements devront être soumis à un nouveau référendum et pourront être rejetés par les deux tiers des «électeurs inscrits» dans trois provinces.

L'accord est intervenu à l'issue d'une journée sanglante qui a coûté la vie à pas moins de 53 Irakiens, dont 37 dans deux attentats suicide à Bagdad et dans le nord du pays.

Des dizaines d'autres Irakiens ont été blessés dans ces attaques qui sont venues confirmer les craintes d'une recrudescence des violences dans le pays à mesure qu'approche la date du référendum, consultation jugée essentielle pour le progrès du processus politique, dont dépend un départ des troupes étrangères.

Pour tenter de maîtriser la violence le jour du référendum, les autorités ont pris des mesures de sécurité draconiennes, dont la fermeture de l'aéroport de Bagdad, l'interdiction de la circulation automobile le jour du scrutin et un couvre-feu de nuit dans le pays.

Plus de 15,5 millions d'Irakiens sont appelés aux urnes samedi, deux ans et demi après la chute du régime dictatorial de Saddam Hussein, pour se prononcer sur le texte de la Constitution.
 
 
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