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Un Yom Kippour sous alerte - Israël coupé du monde

Les Palestiniens sous couvre-feu

Contrôle d’identité d’un Palestinien, hier en Cisjordanie.
Photo : Agence Reuters
Contrôle d’identité d’un Palestinien, hier en Cisjordanie.
Jérusalem — Israël coupé du monde et en état d'alerte maximale, les Palestiniens sous couvre-feu. Les juifs d'Israël ont commencé hier soir à célébrer le Yom Kippour, la fête du Grand Pardon, la plus sacrée de la religion juive, dans l'ombre du conflit avec les Palestiniens et dans la crainte des missiles irakiens.

La fête du Kippour, qui a débuté hier à la tombée de la nuit et s'achève aujourd'hui au même moment, est un jour de jeûne, de tristesse et de réflexion respecté par tous, même les moins religieux, où l'on prie pour le pardon de ses péchés.

Ce jour-là, tout s'arrête en Israël. L'aéroport international Ben-Gourion a fermé en début d'après-midi hier, les transports en commun ainsi que les programmes radio-télévisés s'interrompent, les restaurants, cafés, cinémas sont fermés, tout comme les postes frontières avec l'Égypte et la Jordanie, les hôpitaux sont en service minimum. Dans les rues, les particuliers évitent de prendre leur voiture et l'on voit surtout des piétons se rendant à la synagogue ou des enfants à vélo.

Cette année, l'alerte est renforcée. Par crainte des attentats suicide, des gardes armés sont postés dans toutes les synagogues, traditionnellement bondées en ce jour du Kippour, et procèdent à des fouilles systématiques. Les gardes sont des gens du quartier, plus à même de repérer un intrus, a précisé la porte-parole du ministère des Affaires religieuses Efrat Orbach.

Comme à chaque fête juive, les territoires palestiniens sont bouclés. Pour le Kippour, le bouclage de la Cisjordanie et de Gaza, qui a débuté hier matin à 6h (04h00 GMT), devient total 12 heures avant le début du jeûne et le demeure huit heures après sa fin, soit 44 heures en tout. Il ne s'achèvera que mardi matin.

Et la paralysie atteint cette année des niveaux sans précédent, par crainte d'attaques contre les implantations ou les militaires: les grandes villes de Cisjordanie, réoccupées ces derniers mois par Tsahal, étaient coupées du reste du monde et sous couvre-feu, les habitants dans l'impossibilité de circuler entre elles.

Contrôle

Par ailleurs, hier à l'aube, Tsahal a pris le contrôle d'un des principaux carrefours de la bande de Gaza, détruisant une portion de la route principale nord-sud traversant le territoire afin d'empêcher d'éventuels terroristes de circuler. Dans la nuit, quatre obus de mortier étaient tombés sur une implantation juive. L'armée est intervenue en trois endroits du territoire et a détruit une partie de l'infrastructure électrique de la ville de Gaza. Enfin, à Toulkarem, en Cisjordanie, un hélicoptère a essuyé des tirs, ce qui serait une première. Personne n'a été blessé et le pilote a réussi à se poser en urgence.

Quoi qu'il en soit, selon un sondage de la télévision israélienne, 70 % des Israéliens comptent jeûner cette année, même le premier d'entre eux, le chef du gouvernement Ariel Sharon, pourtant non religieux. «Je suis avant tout un juif, et après seulement un Israélien», a-t-il déclaré. En ce jour de tristesse, on commémore aussi le traumatisme de 1973, lorsque l'Égypte et la Syrie lancèrent une offensive surprise sur l'État hébreu, en pleine fête du Grand Pardon, lançant la «guerre du Kippour».

Sombre, le Yom Kippour l'est encore plus cette année, l'Irak ayant menacé de frapper Israël en cas de participation à une intervention américaine. L'État hébreu affirme qu'il se contentera de riposter si Bagdad lance ses missiles Scud sur son territoire, comme ce fut le cas pendant la guerre du Golfe. À l'époque, Israël n'avait pas répliqué aux tirs de 39 missiles classiques irakiens.

Depuis le 11 septembre, Israël a dressé des scénarios de crise et se trouve aujourd'hui «à un très haut niveau de préparatifs», selon le chef d'état-major de Tsahal, le général Moshe Yaalon. L'État hébreu s'est notamment équipé pour faire face une éventuelle attaque bactériologique ou chimique.
 
 
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