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Israël suspend son offensive

Gaza est déchiré par des heurts interpalestiniens meurtriers

3 octobre 2005  Actualités internationales
Gaza — Trois Palestiniens ont été tués et 50 autres ont été blessés hier soir lors de violents affrontements ayant opposé la police et des activistes du Hamas à Gaza, alors qu'Israël a annoncé avoir suspendu son offensive militaire sur les Territoires palestiniens.

À la suite de cette annonce, les deux parties ont indiqué officiellement être convenues de travailler en vue de la tenue rapide d'un sommet entre le premier ministre israélien Ariel Sharon et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, dont la rencontre initialement prévue hier avait été annulée dans un climat de nouvelle escalade de la violence.

Cette rencontre, dont la date n'a pas été fixée, doit permettre de poser les bases d'une reprise du dialogue après le retrait israélien de la bande de Gaza qui s'est achevé le 12 septembre, après 38 ans d'occupation.

La ville de Gaza, justement, a été le théâtre dans la soirée de violents affrontements, ayant tourné parfois à la bataille rangée, entre policiers et membres du Hamas. Ces heurts qui ont eu lieu jusque dans le plus gros hôpital de la ville, l'hôpital Chifa, se sont étalés sur plus de trois heures.

Selon une source de sécurité, tout a commencé par une simple altercation quand Mohammad al-Rantissi, fils d'un dirigeant du Hamas assassiné en 2004 par Israël, a contesté à un Palestinien le droit d'utiliser avant lui un distributeur de billets.

Les choses ont ensuite dégénéré, et les combattants du Hamas ont attaqué au lance-roquettes antichars un poste de police dans le camp de réfugiés de Chatti. Au total, on dénombre trois morts, dont une femme, et une cinquantaine de blessés, «pour la plupart des enfants atteints par des éclats de roquettes», selon le Dr Baqer Abou Safyeh de l'hôpital Chifa.

Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur a estimé que «le Hamas [portait] l'entière responsabilité de ce qui s'est passé», l'accusant d'avoir «violé la loi et le consensus national».

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas ont accusé quant à elles la police d'avoir ouvert le feu en premier.

Ce nouveau drame témoigne du chaos qui peut régner dans les territoires palestiniens après cinq ans d'Intifada et auquel M. Abbas ne cesse de répéter qu'il veut mettre fin.

Israël suspend son offensive

Plus tôt dans la journée, Israël avait annoncé qu'il suspendait ses raids aériens, ses opérations d'éliminations ciblées et ses tirs d'artillerie sur la bande de Gaza et la Cisjordanie afin de «donner l'occasion à Mahmoud Abbas de prouver qu'il est décidé à démanteler les organisations terroristes avant son voyage aux États-Unis», prévu pour le 20 octobre, selon les mots d'un responsable israélien.

«Nous avons décidé de suspendre les opérations offensives que nous avions lancées la semaine dernière pour répondre aux tirs de roquettes à partir de la bande de Gaza vers le sud d'Israël», a dit ce proche de M. Sharon, alors qu'Israël se prépare à fêter à partir de ce soir Roch Hachana, le nouvel an juif pour lequel la police israélienne a été placée en état d'alerte préventive maximum.

Le négociateur en chef palestinien Saëb Erakat s'est félicité de cette trêve israélienne. «Une accalmie entre Palestiniens et Israéliens est dans l'intérêt des deux parties, car elle peut nous aider à relancer un réel processus de paix», a-t-il affirmé.

Le porte-parole du département d'État Sean McCormack avait appelé mercredi Israël à «mesurer l'effet de ses actes» et rappelé aux Palestiniens qu'ils devaient «démanteler les réseaux terroristes».

Le bureau de M. Sharon a néanmoins averti que le dispositif militaire mis en place le resterait en vue de faire face à toute «reprise des attaques terroristes».

Enfin, la police des frontières israélienne a annoncé hier avoir arrêté dans Jérusalem et ses environs 1350 Palestiniens sans permis de travail. La plupart ont été reconduits en Cisjordanie, et un petit nombre a été maintenu en détention pour être interrogé.
 
 
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