Premières élections législatives en 36 ans - Les Afghans ont voté dans la peur
La participation a été plutôt faible
Photo : Agence Reuters
Électeurs afghans se présentant aux urnes hier, près de la frontière pakistanaise: les premiers résultats devraient être connus d’ici au 10 octobre.
Kaboul — Des violences sporadiques, mais pas d'attentats majeurs. Malgré la récente vague d'attaques meurtrières et les menaces des talibans de perturber le scrutin, l'Afghanistan a pu tenir hier ses premières élections législatives depuis 36 ans. Seul bémol: une participation plutôt faible, selon les observateurs indépendants.
Cela n'a pas empêché le président afghan Hamid Karzaï, le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan et l'ambassadeur des États-Unis Ronald Neumann de féliciter les Afghans d'avoir franchi cette nouvelle étape sur la voie de la démocratie.
Les premiers résultats ne sont pas attendus avant le 10 octobre tandis que les chiffres définitifs ne devraient pas être proclamés avant le 22 octobre.
Plus d'une vingtaine d'attaques des taliban ont été signalées à travers le pays, faisant au total au moins 14 morts, dont plusieurs civils près de la frontière pakistanaise. Aucun attentat majeur n'a néanmoins visé spécifiquement les électeurs se rendant aux bureaux de vote. Dans les premières heures du scrutin, deux roquettes sont tombées sur un hangar des Nations unies situé à Kaboul non loin d'un bureau de vote. Un employé afghan de l'ONU a été blessé.
Un militaire français des forces spéciales a été tué dans le Sud et un second a été blessé lorsque leur véhicule a sauté samedi sur une mine. Les deux hommes participaient à une patrouille dans le cadre des missions visant à assurer la sécurité en vue du scrutin législatif. Enfin, deux policiers afghans et trois rebelles ont péri lors d'un accrochage à proximité de la frontière pakistanaise tandis qu'un combattant taliban est mort dans la nuit pendant l'attaque d'un bureau de vote. La commission électorale mixte (Afghanistan-ONU) a estimé que les opérations de vote s'étaient déroulées de manière remarquablement pacifique et, de son côté, le gouvernement de Kaboul a parlé de grande victoire sur les insurgés.
Les responsables électoraux ont fait savoir que le taux de participation ne serait pas connu avant aujourd'hui. Mais, les premières estimations des observateurs indépendants indiquent qu'un nombre important d'électeurs ne se sont pas rendus aux urnes, effrayés sans doute par la recrudescence des violences attribuées aux talibans, la vague la plus meurtrière depuis leur éviction du pouvoir en 2001, avec plus de 1200 morts au cours des six derniers mois.
Ainsi, la Fondation afghane pour des élections justes, un organe local d'observation financé en partie par les États-Unis, estimait que seuls 30 à 35 % des électeurs inscrits s'étaient déplacés hier pour aller voter, selon les chiffres collectés par ses 7500 observateurs à travers le pays. En comparaison, lors de l'élection présidentielle d'octobre dernier, la participation s'était élevée à environ 75 %.
«Les gens ont eu peur des attentats suicide, des attaques à la roquette, des fusillades et de toutes les autres violences auxquelles nous avons assisté ces derniers mois», a expliqué Farid Farhangfar, porte-parole de cette fondation.
Saman Zia-Zarifi, un des responsables de Human Rights Watch, un groupe de défense des droits de l'homme basé à New York, qui avait 14 observateurs sur le terrain, analyse le désenchantement d'une partie des électeurs aussi par la présence de «plusieurs candidats de mauvaise réputation», comme des chefs de guerre responsables de violences durant la guerre civile dans les années 90.
Même son de cloche d'Abdul Makin, procureur d'État qui a participé à l'organisation des élections à Kaboul. «Les chefs de guerre ont détruit notre pays et maintenant le scrutin est rempli de leur présence», a-t-il déclaré. «Je n'ai pas voté parce que je n'étais sûr de l'honnêteté d'aucun candidat. L'année dernière, il y avait de longues files d'attente devant les bureaux de vote. Aujourd'hui, nous n'avons rien vu de cela.»
L'ambassadeur américain à Kaboul, Ronald Neumann, a qualifié ces élections de «grand succès», tout en notant la faiblesse annoncée de la participation. «En Amérique, seulement la moitié des gens votent. Si les gens s'habituent un peu plus aux élections, alors peut-être l'Afghanistan deviendra un pays normal», a-t-il estimé.
Beaucoup de responsables espéraient qu'un taux de participation élevé aurait eu pour effet de marginaliser les talibans, qui avaient appelé à boycotter ce scrutin, et de permettre à Washington de commencer à retirer une partie de ses 20 000 soldats stationnés dans le pays. Environ 12,4 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes dans plus de 6000 bureaux de vote dans tout le pays, sous la protection de 100 000 policiers et soldats afghans et de 30000 soldats étrangers.
Le président Hamid Karzaï a parlé d'élections historiques et a félicité les Afghans qui s'étaient rendus aux urnes «malgré le terrorisme, malgré les menaces».
Cela n'a pas empêché le président afghan Hamid Karzaï, le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan et l'ambassadeur des États-Unis Ronald Neumann de féliciter les Afghans d'avoir franchi cette nouvelle étape sur la voie de la démocratie.
Les premiers résultats ne sont pas attendus avant le 10 octobre tandis que les chiffres définitifs ne devraient pas être proclamés avant le 22 octobre.
Plus d'une vingtaine d'attaques des taliban ont été signalées à travers le pays, faisant au total au moins 14 morts, dont plusieurs civils près de la frontière pakistanaise. Aucun attentat majeur n'a néanmoins visé spécifiquement les électeurs se rendant aux bureaux de vote. Dans les premières heures du scrutin, deux roquettes sont tombées sur un hangar des Nations unies situé à Kaboul non loin d'un bureau de vote. Un employé afghan de l'ONU a été blessé.
Un militaire français des forces spéciales a été tué dans le Sud et un second a été blessé lorsque leur véhicule a sauté samedi sur une mine. Les deux hommes participaient à une patrouille dans le cadre des missions visant à assurer la sécurité en vue du scrutin législatif. Enfin, deux policiers afghans et trois rebelles ont péri lors d'un accrochage à proximité de la frontière pakistanaise tandis qu'un combattant taliban est mort dans la nuit pendant l'attaque d'un bureau de vote. La commission électorale mixte (Afghanistan-ONU) a estimé que les opérations de vote s'étaient déroulées de manière remarquablement pacifique et, de son côté, le gouvernement de Kaboul a parlé de grande victoire sur les insurgés.
Les responsables électoraux ont fait savoir que le taux de participation ne serait pas connu avant aujourd'hui. Mais, les premières estimations des observateurs indépendants indiquent qu'un nombre important d'électeurs ne se sont pas rendus aux urnes, effrayés sans doute par la recrudescence des violences attribuées aux talibans, la vague la plus meurtrière depuis leur éviction du pouvoir en 2001, avec plus de 1200 morts au cours des six derniers mois.
Ainsi, la Fondation afghane pour des élections justes, un organe local d'observation financé en partie par les États-Unis, estimait que seuls 30 à 35 % des électeurs inscrits s'étaient déplacés hier pour aller voter, selon les chiffres collectés par ses 7500 observateurs à travers le pays. En comparaison, lors de l'élection présidentielle d'octobre dernier, la participation s'était élevée à environ 75 %.
«Les gens ont eu peur des attentats suicide, des attaques à la roquette, des fusillades et de toutes les autres violences auxquelles nous avons assisté ces derniers mois», a expliqué Farid Farhangfar, porte-parole de cette fondation.
Saman Zia-Zarifi, un des responsables de Human Rights Watch, un groupe de défense des droits de l'homme basé à New York, qui avait 14 observateurs sur le terrain, analyse le désenchantement d'une partie des électeurs aussi par la présence de «plusieurs candidats de mauvaise réputation», comme des chefs de guerre responsables de violences durant la guerre civile dans les années 90.
Même son de cloche d'Abdul Makin, procureur d'État qui a participé à l'organisation des élections à Kaboul. «Les chefs de guerre ont détruit notre pays et maintenant le scrutin est rempli de leur présence», a-t-il déclaré. «Je n'ai pas voté parce que je n'étais sûr de l'honnêteté d'aucun candidat. L'année dernière, il y avait de longues files d'attente devant les bureaux de vote. Aujourd'hui, nous n'avons rien vu de cela.»
L'ambassadeur américain à Kaboul, Ronald Neumann, a qualifié ces élections de «grand succès», tout en notant la faiblesse annoncée de la participation. «En Amérique, seulement la moitié des gens votent. Si les gens s'habituent un peu plus aux élections, alors peut-être l'Afghanistan deviendra un pays normal», a-t-il estimé.
Beaucoup de responsables espéraient qu'un taux de participation élevé aurait eu pour effet de marginaliser les talibans, qui avaient appelé à boycotter ce scrutin, et de permettre à Washington de commencer à retirer une partie de ses 20 000 soldats stationnés dans le pays. Environ 12,4 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes dans plus de 6000 bureaux de vote dans tout le pays, sous la protection de 100 000 policiers et soldats afghans et de 30000 soldats étrangers.
Le président Hamid Karzaï a parlé d'élections historiques et a félicité les Afghans qui s'étaient rendus aux urnes «malgré le terrorisme, malgré les menaces».
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